La testostérone serait-elle devenue la meilleure ennemie de Donald Trump ? Depuis le retrait de Joe Biden, cette question doit tourner dans les cerveaux des stratèges républicains. Jusqu'à la semaine passée, le choix délibéré d'un Trump (sur) jouant les mâles alpha faisait encore sens : il soulignait l'état de faiblesse du président américain et, en contraste, mettait en lumière la vitalité de son prédécesseur.
L'irruption de Kamala Harris sur la scène présidentielle a bouleversé cette donne. Désormais, c'est Trump qui, à 78 ans, occupe le rôle du « vieillard » de la campagne. Mais surtout, face à une adversaire féminine, il pourrait payer cher sa misogynie atavique. « Son choix de recourir aux commentaires sexistes et humiliants pourrait effectivement pousser certaines électrices à rallier Kamala Harris », estime Linda Robinson, chercheuse associée au Council on Foreign Relations, à Washington. « En toute logique, le parti devrait réorienter le discours pour éviter de se couper de l'électorat féminin, enchaîne Nadia E. Brown, professeure à l'université de Georgetown, à Washington. Cependant, il paraît peu probable que Donald Trump puisse faire autrement. »