Droits de douane, déficit... L'OCDE revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour la France

Les incertitudes liées à la guerre commerciale américaine assombrissent les prévisions.
Tingshu Wang

Les incertitudes liées à la guerre commerciale américaine assombrissent les prévisions.
Tingshu Wang
Le couperet vient de tomber. L'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), a abaissé sa prévision de croissance de la France pour 2025. Elle prévoit désormais une croissance de 0,6 % pour 2025, contre 0,8 % en mars. Cette révision rejoint celle du Fonds monétaire international (FMI) publiée un mois plus tôt. Mais elle s'éloigne quelque peu de la Banque de France et du gouvernement français qui anticipent, de leurs côtés, une croissance de 0,7 % cette année.
Pour 2026, l'institution européenne prévoit, en outre, une croissance de 0,9 %, contre 1,2 % pour le gouvernement et la Banque de France et 1 % pour le FMI.
Plusieurs raisons viennent expliquer ce changement de prévision. Sur le plan national, l'organisation pointe « le risque de turbulences politiques renouvelées plus tard cette année, dû à l'absence de majorité claire à l'Assemblée nationale ».« Les incertitudes qui en découlent au sujet de la politique budgétaire pourraient entraver encore davantage les décisions d'investissement des entreprises », complète-t-elle.
L'institution tance également les finances publiques françaises. Un coup de semonce similaire à celui du FMI quelques jours plus tôt. « Il est essentiel que la France respecte ses plans d'assainissement budgétaire », indique l'OCDE. Avant de poursuivre : « Si les efforts ont, jusqu'à présent, été centrés sur les hausses d'impôts, il conviendra, pour atteindre les objectifs budgétaires à moyen terme, de mettre en œuvre une stratégie plus globale ». Pour rappel, le budget 2025 prévoit un déficit de 5,4 % du PIB cette année, avec un objectif de le réduire à moins de 3 % en 2029. En 2024, le déficit avait dérapé à 5,8 %.
Plus largement, ce sont aussi les incertitudes liées à la guerre commerciale américaine qui assombrissent les prévisions. « Le relèvement des droits de douane sur les exportations de la France et sur celles de ses principaux partenaires pourrait fragiliser davantage la croissance » du pays, a ainsi commenté l'OCDE. D'autant que Donald Trump a menacé vendredi l'Union européenne d'une surtaxe sur l'acier et l'aluminium qui passerait de 25 % à ... 50 %.
Dans ce contexte, la France n'est pas le seul pays à voir ses prévisions de croissance se réduire. Tous les partenaires économiques des États-Unis sont concernés. « Nous avons revu en baisse la croissance de quasiment chaque économie dans le monde », a confié à l'AFP l'économiste en chef de l'institution Alvaro Pereira. « Le commerce est affecté, en particulier la consommation et l'investissement », complète-t-il. D'autant que les États-Unis sont « un marché d'exportation important ». D'après l'OCDE, le taux effectif des droits de douane américains sur les marchandises importées est passé en mai de 2 % à 15,4 %, soit « le niveau le plus élevé observé depuis 1938 ».
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La croissance mondiale est donc attendue à 2,9 % en 2025, une perspective en baisse de 0,2 point. Et les États-Unis ne vont pas en sortir indemnes, loin de là : la croissance devrait progresser de 1,6 % contre 2,2 % selon les prévisions de mars. « Une nouvelle contraction de l'immigration nette et une réduction du nombre de fonctionnaires du gouvernement fédéral devraient affaiblir la croissance », ajoute par ailleurs l'OCDE.
Malgré tout, la zone euro devrait s'en sortir ; ses prévisions restent inchangées. L'institution parie toujours sur une croissance de 1 % cette année.
(Avec AFP)