La BCE face à la menace Trump : vers une huitième baisse des taux pour contrer le protectionnisme américain
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Christine Lagarde évoque la fragmentation du leadership américain et ses impacts sur l’économie mondiale
Liesa Johannssen
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Christine Lagarde évoque la fragmentation du leadership américain et ses impacts sur l’économie mondiale
Liesa Johannssen
La Banque centrale européenne (BCE) devrait baisser une huitième fois ses taux d'intérêt ce jeudi, dans un contexte économique assombri par les menaces grandissantes de guerre commerciale émanant du président Donald Trump.
Le leadership américain et la prédominance du dollar, piliers de l'ordre économique mondial, seraient en train de se fragmenter, selon la présidente de la BCE, Christine Lagarde, en référence directe à la politique protectionniste des États-Unis.
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Avant même l'intensification des menaces de surtaxes douanières américaines sur les produits européens, la BCE avait déjà entamé un cycle de réductions des coûts d'emprunt, motivée par le ralentissement de l'inflation en zone euro.
Les inquiétudes initiales concernant la hausse des prix ont progressivement cédé la place à une préoccupation majeure pour la morosité économique qui s'installe dans les 20 pays de la zone euro. L'imposition de droits de douane par l'administration Trump a accentué ce sentiment d'urgence. L'Europe se retrouve particulièrement ciblée en raison de l'importance de son excédent commercial avec les États-Unis, faisant craindre un coup dur pour les exportateurs du continent.
La banque HSBC, anticipant une baisse lors de la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE, souligne que « les perspectives à court terme de la zone euro se sont détériorées en raison des récentes annonces américaines sur les droits de douane et de l'incertitude qui en découle. »
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Les analystes tablent majoritairement sur une nouvelle baisse d'un quart de point, ce qui ramènerait le taux de dépôt, référence pour la politique monétaire à court terme, à 2 %. Cependant, cette réduction de juin pourrait marquer la fin du cycle actuel de baisses.
La BCE pourrait en effet opter pour une pause lors de sa prochaine réunion en juillet, afin d'évaluer l'évolution de la conjoncture économique. Cette stratégie contraste avec celle de la Réserve fédérale américaine, qui a maintenu ses taux au-dessus de 4 %, craignant que les mesures fiscales de M. Trump ne ravivent l'inflation aux États-Unis. La Banque d'Angleterre adopte une politique similaire, divergent ainsi de l'approche européenne.
Pour justifier une nouvelle baisse des taux, la BCE pourra s'appuyer sur les dernières données relatives à l'inflation. En avril, elle s'établissait à 2,2 %. Les chiffres pour mai, attendus juste avant la réunion de jeudi, devraient confirmer une désinflation progressive vers l'objectif de 2 % fixé par la BCE.
Globalement, l'inflation dans la zone euro a très nettement ralenti depuis son pic de 10,6 % sur un an atteint en octobre 2022, au plus fort de la flambée des prix de l'énergie consécutive à la guerre en Ukraine. Les tensions salariales, elles aussi, montrent des signes d'apaisement. L'indice mesurant la hausse des salaires négociés, publié par la BCE, a ralenti à 2,38 % sur un an au premier trimestre 2025, contre 4,12 % fin 2024.
La réunion de la BCE se déroule dans un climat de fortes tensions géopolitiques. Le président américain avait menacé le mois dernier d'imposer des droits de douane de 50 % sur les importations européennes à compter du 1er juin, avant de reporter cette échéance au 9 juillet afin d'engager des négociations. Sans attendre, il a annoncé la semaine dernière une augmentation des surtaxes américaines sur l'acier et l'aluminium à 50 %, une nouvelle escalade dans son offensive protectionniste que l'Union européenne a « vivement regrettée » samedi.
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Par ailleurs, des rumeurs concernant la carrière de Mme Lagarde ont émergé. L'ancien directeur du Forum économique mondial, Klaus Schwab, a récemment affirmé s'être entretenu avec elle au sujet de sa succession à la tête de l'organisation. La BCE a cependant balayé ces rumeurs, réaffirmant la détermination de sa présidente à mener à bien son mandat jusqu'en octobre 2027.
(Avec agences)
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