En Argentine, des mesures d'austérité pour répondre à la crise du peso
latribune.fr

Argentine, crise du peso
Reuters
latribune.fr

Argentine, crise du peso
Reuters
L'Argentine va devoir encore se serrer la ceinture. Dans un pays où le peso a perdu plus de la moitié de sa valeur sur l'année face au dollar, le président Mauricio Macri a annoncé un plan d'austérité drastique, visant à réduire massivement les dépenses publiques en supprimant des ministères et en taxant les exportations, entre autres.
Ces annonces ont été faites avant la tenue à Washington, ce 4 septembre, d'une réunion entre Nicolas Dujovne, le ministre de l'Économie argentin, et les représentants du Fond monétaire international (FMI) pour négocier le calendrier des versements prévus dans le cadre d'un prêt de 50 milliards de dollars sur trois ans à l'Argentine.
Le ministre de l'Économie a ainsi fixé l'équilibre budgétaire comme objectif dès 2019 (c'est-à-dire un déficit public proche de 0% du PIB), alors que l'accord avec le FMI conclu en juin prévoyait de le réduire à 2,7% du PIB cette année, puis à 1,3% en 2019, et de parvenir à l'équilibre en 2020. Le déficit est passé de 6% en 2015 à 3,9% en 2017. L'effort reste donc colossal.
Pour ce faire, il prévoit, entre autres, le retour d'une taxation à la source des exportations et une réduction des investissements et des subventions de la part de l'État, dont la suppression de 12 ministères (sur 22) déjà annoncée par le président de la République.
Pour le politologue Sergio Berenzstein, "tout ce qui n'a pas été fait de manière programmée et censée va devoir se faire dans l'urgence". Le gouvernement avait déjà pris des mesures de rigueur budgétaire en réduisant les subventions de l'État aux factures de gaz et d'électricité, le nombre d'employés du secteur public et en renonçant à lancer des grands chantiers d'infrastructures.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Pour amortir le choc, le président de centre droit a par ailleurs promis, dans un message adressé aux Argentins depuis la Casa Rosada - le siège de l'exécutif -, de renforcer les allocations et les programmes alimentaires, et de plafonner le prix de certains produits de base. L'idée est de "prendre soin des plus nécessiteux" face à une pauvreté "qui va augmenter" sous l'effet d'une inflation supérieure à 30%.
Pour Edward Glossop, économiste de l'institut britannique Capital Economics, les mesures annoncées "vont accélérer le programme d'austérité, mais elles ne répondent pas suffisamment aux attentes."
En plus de la crise monétaire et de l'inflation élevée, l'économie tourne au ralenti. Le gouvernement prévoit une récession en 2018, avec un recul du PIB de 1%, après une croissance de près de 3% en 2017. L'inflation devrait dépasser les 30% en 2018. D'après ING Economics, si avec ces annonces, l'Argentine n'arrive pas à stopper la chute de la monnaie, "il sera nécessaire d'envisager d'autres options plus drastiques, comme par exemple le contrôle des capitaux".
L'action que le gouvernement "a été contraint d'adopter pour contrer la crise monétaire pourrait approfondir la récession, le PIB pourrait reculer de 2% en 2018", avertit ING.
À lire également
Le spectre la crise des années 2001-2002 couve : elle avait plongé plusieurs millions d'Argentins dans la pauvreté. La baisse du pouvoir d'achat est généralisée dans ce pays de 41 millions d'habitants, où les mécanismes de revalorisation des salaires ont dans la plupart des cas un temps de retard sur l'inflation. Une grève générale est annoncée pour le 25 septembre.
(avec AFP)
latribune.fr