En Floride, Donald Trump entame la campagne pour sa réélection

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Le président américain Donald Trump.
Le président américain Donald Trump. (Crédits : Reuters)
Donald Trump a officiellement donné mardi soir à Orlando, en Floride, le coup d'envoi de sa campagne pour l'élection présidentielle de 2020, se présentant comme le même outsider politique qui avait bousculé l'ordre établi à Washington il y a quatre ans.

"Four more year" ("Quatre ans de plus"). C'est avec cet objectif en tête que Donald Trump, âgé de 73 ans, a fait l'annonce de sa candidature officielle, à Orlando (Floride), lors de son 60e meeting politique depuis son investiture en janvier 2017. Il était accompagné de sa femme Melania et de sa garde rapprochée à la Maison blanche. "Ce soir, je m'adresse à vous pour lancer officiellement ma campagne pour briguer un second mandat de président des Etats-Unis (...) Je vous promets que je ne vous laisserai jamais tomber", a-t-il indiqué.

"Ensemble, nous avons mis en échec un ordre établi politique brisé et nous avons rétabli le gouvernement par et pour le peuple", a déclaré Donald Trump, ajoutant que l'avenir n'avait jamais semblé "si prometteur et si clair". Devant des milliers de partisans venus l'acclamer à l'Amway Center, temple de l'équipe de basket des Orlando Magic, le président a expliqué que ses adversaires démocrates allaient radicalement changer les Etats-Unis et autoriseraient les migrants à traverser la frontière sud pour voter et gonfler la base électorale démocrate. C'est un retour à un thème majeur de sa campagne de 2016, lorsqu'il avait brandi la menace de l'immigration illégale, en promettant de l'éradiquer.

Les démocrates "veulent détruire notre pays tel que nous le connaissons", a affirmé Donald Trump. "Cela n'arrivera pas". Plus d'une vingtaine de démocrates sont candidats à l'investiture du parti pour l'élection présidentielle de novembre 2020. Mais des sondages donnent Donald Trump à la traîne dans les principaux Etats derrière ses grands rivaux démocrates, notamment l'ancien vice-président Joe Biden. "Imaginez ce que cette foule de gauche en colère ferait si elle dirigeait ce pays. Imaginez si nous avions un président démocrate et un Congrès démocrate en 2020. Ils mettraient fin à votre liberté d'expression, utiliseraient le pouvoir législatif pour punir leurs opposants", a déclaré Trump.

La Floride, un État clef

Le Trump de 2020 ressemble fortement à celui de 2016 : il est incisif, attaque ses opposants et promeut des politiques strictes en matière de commerce et d'immigration. Lors de son discours, le président s'est présenté en victime, évoquant l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence de la Russie dans l'élection de 2016. "Nous avons traversé la plus grande chasse aux sorcières de l'histoire politique (...) C'était une tentative illégale d'annuler les résultats de l'élection", a affirmé Donald Trump. Deux ans et demi après son investiture, Trump a mis en avant de nombreux facteurs positifs, tels que les bons chiffres de l'économie américaine et un faible taux de chômage. "Si l'économie reste forte, il sera très probablement réélu", a déclaré l'un de ses proches, l'ancien président de la Chambre des représentants Newt Gingrich.

Pourtant, les répercussions de "l'enquête russe" sur les ingérences de Moscou dans la campagne de 2016, ainsi que le style parfois déroutant du président, notamment dans ses tweets, ont désorienté certains de ses électeurs Les démocrates n'ont pas manqué d'insister sur les promesses non tenues du candidat Trump, comme la baisse du prix des médicaments, la réduction des niches fiscales des entreprises et les mesures contre les fermetures d'usine. Selon un sondage Reuters/Ipsos publié le 11 juin, Donald Trump recueille 40% d'opinions positives alors que 57% des personnes interrogées désapprouvent son action. "Il est soutenu par sa base comme jamais ne l'a été un président républicain en exercice", assure pourtant l'un des stratèges du Parti républicain, Ryan Williams, qui ne doute pas queTrump construit peu à peu la coalition nécessaire à sa réélection.

La grande réunion publique de mardi soir à l'Amway Center a été nommée "45 Fest", la fête en l'honneur du 45e président des Etats-Unis. "L'enthousiasme au sein du parti républicain n'a jamais été aussi haut. Regardez ce qui se passe en ce moment à Orlando, en Floride ! Les gens n'ont jamais vu quelque chose comme cela (sauf si on joue de la guitare)", avait tweeté le président avait de quitter Washington pour la Floride. La Floride est l'un des Etats clés ("swing states") qui ont permis à Trump d'accéder à la présidence face à Hillary Clinton. L'enthousiasme est cependant loin d'être général. Le journal Orlando Sentinel proclame ainsi en première page: "Notre avis pour le président de 2020: pas Donald Trump !".

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Commentaires
a écrit le 20/06/2019 à 10:15 :
Il ne peut que gagner et tout le monde le sait surtout qu'aux états unis la plupart des présidents ont été soient abattus (médiatiquement mais sans faire semblant ou physiquement) soient réélus. :-)

J'ai un ami américain d'une famille aisée, un cuisinier amateur qui pourrait faire rougir un grand nombre des nôtres, qui était social démocrate plus par habitude ou tradition qu'autre chose et qui dorénavant est Trump. Non pas conservateur mais Trump...
a écrit le 19/06/2019 à 14:19 :
L'Amérique pro armes, raciste, naïve, manipulable parce volontairement laissée dans l'ignorance, c'est la base de Trump qui en profite outrageusement.
Je fustige à longueur de commentaires les US, l'impérialisme américain, son complexe militaro-industriel...mais je fais confiance à ce grand pays qui reste malgré tout une démocratie, malheureusement affaiblie par les turpitudes de la globalisation de l'information.( Et pas que celle des US). US GO HOME quand même.!
a écrit le 19/06/2019 à 13:47 :
C'est celui qui aura le programme le plus vert qui gagnera !

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