États-Unis : déterminante pour la Fed, l'inflation reste stable en juillet

Le président de la Fed, Jerome Powell.
Jonathan Ernst

Le président de la Fed, Jerome Powell.
Jonathan Ernst
C'est un indicateur essentiel en vue de la prochaine baisse des taux de la banque centrale des États-Unis (Fed), prévue en septembre. L'inflation est restée stable à +2,6 % sur un an en juillet aux États-Unis, selon l'indice officiel des prix de la consommation personnelle (PCE) publié ce vendredi 29 août. L'inflation sous-jacente (hors prix volatils de l'énergie et de l'alimentation) se présente en revanche en légère accélération, à +2,9 % en glissement annuel contre +2,8 % le mois précédent, rapporte le ministère américain du Commerce.
Ces évolutions étaient attendues par les investisseurs, selon le consensus publié par MarketWatch. La plupart des experts et banquiers centraux s'attendent à voir les prix augmenter au fur et à mesure de l'entrée en vigueur des nouveaux droits de douane mis en place par le président Donald Trump depuis son retour au pouvoir en janvier.
Ces données pourraient « sceller le calendrier de la prochaine baisse des taux de la Réserve fédérale américaine », estimait John Plassard responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank, avant la publication de ces chiffres.
Les banques centrales abaissent leurs taux d'intérêt (qui guident les coûts d'emprunt) pour donner un coup de fouet à l'activité économique. Et les relèvent à l'inverse pour freiner un emballement inflationniste.
En l'occurrence, la Fed vise une inflation à 2 % sur un an. Cette cible semblait près d'être atteinte en début d'année, et s'est ensuite éloignée à nouveau.
Pour autant, le président de la Fed, Jerome Powell a récemment fait comprendre que son regard était en train de changer et qu'une inflation contenue pourrait conforter le scénario d'un assouplissement monétaire de la Fed dès septembre. Non pas qu'il pense que l'inflation est en passe d'être maîtrisée, mais parce qu'il redoute que le marché du travail se dégrade rapidement. Il estime que cette dégradation pourrait « justifier » une détente de la politique monétaire, et donc des taux d'intérêt.
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L'un des gouverneurs de l'institution, Christopher Waller, a d'ailleurs appelé jeudi à une baisse du taux directeur dès sa réunion de politique monétaire des 16 et 17 septembre. « Nous aurions dû réduire en juillet », a-t-il regretté lors d'un discours à Miami.
« Une baisse en septembre n'est pas nécessairement acquise, mais cela montre que la Fed est prête à diminuer ses taux, à condition que l'indice d'inflation CPI du mois prochain ne réserve pas de surprise à la hausse », juge auprès de l'AFP Angelo Kourkafas, d'Edward Jones.
Toutefois, « rien ne garantit que l'inflation restera contenue » pour la suite, prévient Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank, citant notamment la fin ce vendredi de l'exemption des droits de douane aux États-Unis sur les colis de moins de 800 dollars, qui pourrait « exercer une pression haussière » sur les prix.
Selon Jerome Powell, la banque centrale américaine se trouve dans une « situation délicate » car les nouveaux droits de douane mis en place par l'exécutif américain commencent dans le même temps à se répercuter sur les prix payés par les consommateurs, au risque de raviver l'inflation.
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Déjà, la révision à la hausse du PIB américain au deuxième trimestre, annoncée jeudi, a relativisé les espoirs de baisse des taux des investisseurs. Dans la mesure où l'économie américaine reste robuste, un assouplissement monétaire pourrait provoquer une surchauffe de l'activité.
(Avec AFP)