Etats-Unis : la Fed ouvre (enfin) la porte à une baisse des taux en septembre
latribune.fr
L'immense majorité des analystes table sur une première baisse des taux de 0,25 point de pourcentage, en septembre, puis des baisses régulières lors des deux réunions suivantes avant la fin de l'année.
Une majorité de responsables de la Réserve fédérale américaine (Fed) ont ouvert fin juillet la voie à une baisse des taux de l'institution lors de la prochaine réunion, prévue mi-septembre, considérant que les données de l'inflation le permettaient.
[Article publié jeudi 22 août 2024 à 8h00, mis à jour à 15h27] La Fed va-t-elle enfin baisser ses taux d'intérêt ? On peut raisonnablement le penser avant la réunion annuelle des banquiers centraux qui va se tenir à Jackson Hole à partir de vendredi et tout le weekend.
En effet, lors de la dernière réunion de la Fed les 30 et 31 juillet, « plusieurs membres ont souligné que les récents progrès dans la lutte contre l'inflation et la hausse du chômage plaidaient en faveur d'une baisse de 25 points de base », selon le dernier compte-rendu du comité monétaire de la Fed (FOMC), publié mercredi. Cet avis n'était toutefois pas majoritaire.
Mais « la grande majorité souligne que, si les données poursuivent dans la direction attendue, il serait probablement approprié d'assouplir la politique monétaire lors de la prochaine réunion ». Le compte-rendu du FOMC pointent également la « confiance » de ses membres face à des données qui « soulignent que l'inflation va vers la cible » de 2%.
Une première baisse qui sera probablement de 0,25 point de base
Ce compte-rendu laisse penser, selon Ryan Sweet, d'Oxford Economics, que« le débat n'est plus de savoir si la banque centrale va, ou non, réduire ses taux en septembre, mais de déterminer avec quelle vigueur ».
L'immense majorité des analystes table sur une première baisse des taux de 0,25 point de pourcentage, en septembre, puis des baisses régulières lors des deux réunions suivantes avant la fin de l'année, selon l'outil de suivi FedWatch du groupe CME. De plus, le département du travail américain a revu mercredi fortement à la baisse le nombre d'emplois créés aux Etats-Unis en 2024 pour l'année fiscale, se terminant fin mars.
800.000 devraient finalement être créés, « ce qui en fait l'une des révisions les plus importantes de l'histoire », souligne Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques de CPR AM. Avant d'ajouter : « Cette faiblesse pourrait ouvrir la voie pour que la Fed baisse son taux directeur d'un demi-point en septembre. » Les opérateurs accordent désormais à ce scénario une probabilité de près de 40%, contre 3% seulement il y a un mois. Une réduction d'un demi-point trancherait avec le calibrage habituel des changements de taux, qui se font traditionnellement par quart de point.
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Les prix semblent ralentir aux Etats-Unis
Surtout, les prix semblent avoir repris un rythme de ralentissement pour se rapprocher de la cible de 2%, visée à long terme par la Fed, alors que dans le même temps, le taux de chômage aux Etats-Unis a légèrement remonté, à 4,3%. Après une baisse continue en 2023, l'inflation américaine a connu un léger rebond début 2024 avant de légèrement ralentir, repoussant de fait un premier mouvement à la baisse des taux, qui était initialement attendu par les marchés durant le deuxième trimestre de l'année.
La Fed dispose d'un double mandat, le maintien de la hausse des prix autour de la cible de 2%, combiné à un objectif de plein emploi. Ces deux dernières années, le chômage historiquement bas aux Etats-Unis lui a permis de se concentrer uniquement sur la lutte contre l'inflation, qui s'était envolée mi-2022 jusqu'à 9,5% par an.
Les marchés boursiers reprennent des couleurs
Par ailleurs, les marchés boursiers ont repris leur marche en avant mercredi, de plus en plus convaincus que la Banque centrale américaine s'apprête à entamer un cycle de baisses de taux.
Après une pause dans leur série de hausses mardi, les indices européens ont retrouvé le vert mercredi : Paris a gagné 0,52%, Francfort 0,50%, Milan 0,72% et Londres 0,12%. Aux Etats-Unis aussi, le Dow Jones a, lui, glané 0,14%, l'indice Nasdaq 0,57% et l'indice élargi S&P 500 a gagné 0,42%. Mais les volumes échangés sur les marchés restent faibles, ce qui nuance la force de la tendance à la hausse.
Ce jeudi, cette tendance positive s'est poursuivie, boostée par des indicateurs économiques encourageants pour l'économie du Vieux continent. L'indice européen PMI d'activité est en effet remonté à 51,2 contre 50,1 en juillet, et atteint son plus haut niveau depuis trois mois.
Conséquence, vers 13h30 aujourd'hui, la Bourse de Londres a gagné 0,15%, celle de Paris 0,21%, Francfort 0,26%, tandis que Milan oscillait autour de son point d'équilibre (-0,02%). Du côté de Wall Street, les contrats à terme des trois principaux indices avançaient de 0,10% à 0,30% ce jeudi, laissant présager d'une ouverture en légère hausse.
Néanmoins, la prudence domine toujours les marchés qui attendent surtout d'en savoir plus sur la trajectoire de la politique monétaire de la puissante Réserve fédérale, qui sera précisée par son président, Jerome Powell, qui s'exprimera vendredi à 16h00 (heure de Paris) et pourrait donner des indications plus précises sur les intentions de l'institution en vue de sa réunion de septembre.