Flambée du dollar : c'est le problème des Européens
Paul Marion
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L'euro est quasiment à la parité avec le dollar. Ce mercredi à 18 heures à Paris, un dollar s'échange pour 0,99 euros.
Reuters
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L'euro est quasiment à la parité avec le dollar. Ce mercredi à 18 heures à Paris, un dollar s'échange pour 0,99 euros.
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« Le dollar est notre monnaie, mais c'est votre problème ». La formule de John Connally, secrétaire au Trésor de Richard Nixon, à ses homologues européens en 1971 n'a pas pris une ride. Un demi-siècle plus tard, le billet vert atteint des sommets et donne le vertige à son concurrent européen. S'il n'est plus hégémonique, le dollar demeure la devise reine, qui représente 59% des réserves de change et 40% du commerce mondial. Un frémissement sur son cours provoque des tempêtes ailleurs dans le monde. La zone euro l'apprend à ses dépens.
« L'écart entre les taux de la Fed et de la BCE fait que les placements en dollar offrent des rendements plus intéressants que ceux en euros. Les capitaux étrangers affluent davantage vers l'économie américaine, dynamique et préservée de la guerre en Ukraine », invoque l'économiste Stéphanie Villers comme raison à la vigueur du dollar. « Le dollar est considéré comme une valeur refuge. Sa hausse est le fruit d'un contexte géopolitique et économique très troublé avec la guerre en Ukraine qui s'accompagne de menaces nucléaires et le désordre des chaînes mondiales d'approvisionnement », complète l'économiste Joseph Leddet, expert des marchés des changes.
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Les économies de la zone euro ne sortent pas indemnes de la parité nouvelle entre un euro et un dollar. La chute de la monnaie unique heurte de plein fouet le pouvoir d'achat des Européens, au moment où les gouvernements font tout pour les protéger de l'inflation. « L'effet est immédiat sur la balance commerciale, et d'abord les importations. Plus de 50% des importations européennes sont libellées en dollar. Cette proportion peut monter à 80% de la facture énergétique », observe Stéphanie Villers, spécialiste de la zone euro et conseillère économique du cabinet PwC. Ainsi, le coût des importations en Europe, notamment de matières premières, s'envole lorsque le dollar décolle.
Paul Marion
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