Le dollar, cette monnaie indétrônable
Guillaume Renouard
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En périodes d'incertitudes, le dollar sert de valeur refuge pour les investisseurs en quête d'un placement le moins risqué possible.
Reuters
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En périodes d'incertitudes, le dollar sert de valeur refuge pour les investisseurs en quête d'un placement le moins risqué possible.
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L'idée que l'hégémonie du dollar n'en aurait plus pour longtemps ne date pas d'hier. En 1980, l'économiste Paul Krugman répondait déjà, dans son premier papier de recherche, aux spéculations qui allaient alors bon train quant au déclin du billet vert.
Pourtant, à en croire l'actualité, le dollar se porte à merveille, atteignant des niveaux que l'on n'avait pas connus depuis des années face à l'euro, mais aussi la livre sterling, le yuan et le yen.
Cette remontée spectaculaire est due à la politique volontariste de la Fed (banque centrale américaine), qui, déterminée à casser net l'inflation, a davantage remonté ses taux d'intérêt que les autres grandes puissances. Elle est aussi liée aux difficultés économiques que connaissent actuellement l'Europe et la Chine, la première du fait de la précarité énergétique entraînée par la crise en Ukraine et la guerre aux sanctions lancée contre la Russie ; la seconde à cause du maintien de sa politique zéro Covid.
Dans ce contexte, le dollar bénéficie du fait que l'économie américaine, bien qu'elle ait ses propres problèmes, s'en sort comparativement mieux. En périodes de forte incertitude, le dollar sert en outre de valeur refuge pour les investisseurs en quête d'un placement le moins risqué possible.
Pour l'économiste Michel Aglietta, conseiller scientifique au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii) et coauteur, avec Guo Bai et Camille Macaire, du livre La Course à la suprématie monétaire mondiale (2022, Odile Jacob), ces récentes évolutions illustrent les dysfonctionnalités d'un système basé sur l'hégémonie du dollar.
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« Le dollar sert aujourd'hui de devise clef pour les échanges internationaux, ce qui signifie que lorsque deux acteurs économiques, dont les monnaies sont différentes, veulent commercer, ils passent par l'intermédiaire du dollar pour effectuer la conversion. Or, dans sa politique, la Fed ne tient pas compte des besoins de l'ensemble du monde, mais simplement de ceux de l'économie américaine. On le voit actuellement : la remontée des taux de la Fed a contraint la Banque centrale européenne à relever à son tour son taux directeur, au risque de provoquer une violente récession dans la zone euro. »
Guillaume Renouard