Frappes en Iran : Israël a visé des sites de fabrication de missiles
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L'armée israélienne a affirmé samedi avoir mené des frappes « précises et ciblées » sur l'Iran.
Majid Asgaripour
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L'armée israélienne a affirmé samedi avoir mené des frappes « précises et ciblées » sur l'Iran.
Majid Asgaripour
[Article publié le samedi 26 octobre 2024 à 11h38 et mis à jour à 18h10] L'armée israélienne a affirmé samedi avoir mené des frappes « précises et ciblées » sur l'Iran. Les avions militaires « ont frappé des sites de fabrication de missiles (...) que l'Iran tire sur l'Etat d'Israël depuis un an. Ces missiles étaient une menace directe et immédiate pour les citoyens d'Israël », a indiqué l'armée. Elle a également mené des frappes sur « des batteries de missiles sol-air et d'autres systèmes aériens ».
Dans un communiqué séparé, le porte-parole de l'armée israélienne a expliqué que ces attaques donnaient à Israël « une plus grande liberté d'action » dans l'espace aérien iranien. Il a averti la République islamique qu'elle paierait « un prix élevé » en cas de nouvelle escalade. « Si le régime iranien commettait l'erreur de débuter un nouveau cycle d'escalade, nous serions obligés de répondre », a assuré le contre-amiral Daniel Hagari.
« Je pense que nous avons prouvé qu'il n'y a pas de limites à notre détermination à nous défendre », a de son côté indiqué Abbas Araghchi, le ministre iranien des Affaires étrangères, lors d'un entretien accordé au site du guide suprême iranien.
L'Iran, ennemi juré d'Israël qu'il ne reconnaît pas, a tiré plus de 300 missiles sur l'Etat hébreu en avril, et environ 200 le 1er octobre. « L'Iran a tiré des centaines de missiles sur l'Etat d'Israël lors de deux attaques en avril et en octobre, il finance et dirige les activités terroristes via ses alliés au Moyen-Orient pour attaquer Israël », a poursuivi l'armée dans son communiqué. Avant d'ajouter que l'Iran s'employait à « saper la stabilité et la sécurité régionales ainsi que l'économie mondiale ».
Téhéran avait présenté cette offensive comme une vengeance après des frappes israéliennes au Liban qui ont coûté la vie fin septembre à un général iranien et au chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Ce dernier était à la tête pendant plus de trente ans de ce mouvement islamiste soutenu par l'Iran et contre lequel Israël est en guerre ouverte au Liban depuis fin septembre. Les responsables iraniens avaient aussi invoqué une réponse à l'assassinat fin juillet sur leur territoire, imputé à Israël, d'Ismaïl Haniyeh, alors chef du Hamas. Pour rappel, la République islamique soutient le Hamas palestinien, en guerre contre Israël dans la bande de Gaza. Elle soutient également le Hezbollah libanais.
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Néanmoins, l'Iran a rapporté samedi des « dégâts limités » après les frappes israéliennes et a assuré avoir le « devoir de se défendre ». L'agence de presse officielle du pays, Irna, avait indiqué des premières détonations vers 02h15 locales, principalement à l'ouest de Téhéran. Tandis que la télévision d'Etat avait fait état de « six fortes détonations » autour de Téhéran, « liées à l'activation du système de défense aérienne ». Le pays a annoncé dans la matinée la réouverture de son espace aérien, fermé après l'attaque, dès 09H00 locales (07H30 à Paris).
Presque au même moment en Syrie, dont le régime est allié de l'Iran, l'agence de presse étatique a annoncé samedi qu'Israël avait mené une attaque aérienne depuis le Golan occupé et l'espace aérien du Liban voisin contre des « positions militaires » sur son territoire dans la nuit. Le pays a assuré que la défense antiaérienne syrienne avait abattu « un certain nombre de missiles ennemis ».
En Irak, les factions de la « Résistance islamique », nébuleuse de groupes armés irakiens alliés de Téhéran, ont revendiqué samedi à l'aube une attaque de drone contre une « cible militaire » dans le nord d'Israël, après l'annonce des frappes israéliennes sur l'Iran. L'Irak a annoncé la suspension du trafic dans tous ses aéroports jusqu'à nouvel ordre en raison des « tensions régionales ».
A Washington, la Maison Blanche a qualifié les frappes israéliennes de « manœuvres d'autodéfense » et a sommé Téhéran de « cesser ses attaques contre Israël pour que ce cycle de violence puisse se terminer sans nouvelle escalade ». La France a, elle, appelé samedi « à s'abstenir de toutes escalade et action susceptibles d'aggraver le contexte d'extrême tension » au Moyen-Orient.
Les pays du Golfe ont, de leurs côtés, condamné les frappes israéliennes mettant en garde contre toute extension du conflit dans la région. « Le Royaume d'Arabie saoudite condamne » les frappes et réitère sa « position ferme de rejet de l'escalade du conflit dans la région », qui « menace la sécurité et la stabilité des pays et des peuples » au Moyen-Orient, a indiqué le ministère des Affaires étrangères sur le réseau social X.
Les Emirats arabes unis se sont dits « profondément préoccupés par la poursuite de l'escalade et ses répercussions sur la sécurité et la stabilité régionales », dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Pour sa part, le sultanat d'Oman, qui entretient des relations étroites avec l'Iran, a indiqué voir dans ces frappes « une escalade qui alimente le cycle de violence et sape les efforts de désescalade ». Le Qatar a dénoncé une « violation flagrante de la souveraineté de l'Iran », selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Sur le front libanais, l'armée israélienne a dit samedi avoir frappé 70 cibles du Hezbollah et poursuivre son opération terrestre dans le sud du Liban lancée le 30 septembre. De son côté, le Hezbollah libanais a annoncé avoir tiré aussi aujourd'hui des roquettes sur cinq zones résidentielles dans le nord d'Israël, quotidiennement visé par des projectiles qui ciblent aussi des sites militaires. Israël fait état de 80 « projectiles ».
Après avoir affaibli le Hamas à Gaza, l'armée israélienne a déplacé le cœur de ses opérations au Liban avec l'objectif de neutraliser le Hezbollah dans les zones frontalières. Objectif : permettre le retour dans le nord d'Israël de 60.000 déplacés en raison des tirs de roquettes du mouvement islamiste depuis un an.
Mais depuis le 6 octobre, l'armée israélienne a repris son offensive dans le nord de la bande de Gaza, où selon elle le Hamas regroupe ses forces. Et ce, au moment où une reprise des pourparlers en vue d'une issue à la guerre se dessine, après la mort du chef du Hamas, Yahya Sinouar, tué par des soldats israéliens le 16 octobre.
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La guerre à Gaza a été déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a entraîné la mort de 1.206 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur les données officielles israéliennes, incluant les otages tués ou morts en captivité. L'offensive israélienne lancée pour anéantir le Hamas a coûté la vie à au moins 42.847 Palestiniens, majoritairement des civils, d'après les données du ministère de la Santé, jugées fiables par l'ONU.
(Avec AFP)
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