Les pays de l'UE se sont mis d'accord sur de nouvelles sanctions à l'encontre de la Biélorussie, a indiqué ce mercredi la présidence belge du Conseil de l'UE. Les Vingt-Sept veulent les aligner sur celles ciblant la Russie depuis son invasion de l'Ukraine en février 2022, les deux pays étant alliés et liés par une union douanière.
Les pays de l'UE serrent la vis contre le Bélarus. Les Vingt-Sept se sont accordés sur de nouvelles sanctions à l'encontre du principal pays allié de la Russie, pour justement les aligner à celles ciblant déjà Moscou. « Avec ce paquet (de sanctions), nous venons de fermer la plus grosse maille du filet de notre régime de sanctions » contre la Russie, a indiqué ce mercredi la présidence belge du Conseil de l'UE, sans donner plus de détails quant à leur contenu.
Aligner les sanctions contre le Bélarus sur celles prises à l'encontre de Moscou est considéré comme essentiel pour éviter à la Russie de continuer à s'approvisionner en produits à usage double, civil et militaire, comme les microprocesseurs, par exemple. Car les deux pays sont liés par une union douanière, qui facilite le transit de marchandises européennes du Bélarus vers la Russie.
« Le Bélarus ne doit plus servir à contourner nos sanctions contre la Russie. Avec ce paquet nous augmentons la pression sur les deux pays et renforçons l'efficacité de nos sanctions contre la Russie »,a assuré de son côté la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
L'Union européenne a déjà pris précédemment des sanctions contre le régime du président bélarusse Alexandre Loukachenko, plus proche allié de Vladimir Poutine, pour avoir laissé son pays devenir un avant-poste des forces russes dans leur invasion de l'Ukraine. Mais elles ont été bloquées jusqu'à présent et depuis un an. La Lituanie cherchait en effet à empêcher tout adoucissement sur les exportations bélarusses d'engrais. Selon des diplomates, le pays balte a finalement obtenu gain de cause, aucune exemption n'ayant été accordée pour ces exportations d'engrais.
L'UE resserre l'étau contre la Russie
Cette annonce intervient à peine quelques jours après que les Vingt-Sept aient approuvé, jeudi dernier, un nouveau paquet « substantiel » de sanctions contre la Russie. Celui-ci « prévoit de nouvelles mesures ciblées et renforce l'impact des sanctions existantes en resserrant les mailles du filet », avait indiqué la présidence belge sur le réseau social X. Et Ursula von der Leyen de compléter : « Ce paquet de mesures fortes va empêcher encore davantage la Russie d'avoir accès aux technologies. Il privera aussi la Russie de revenus supplémentaires dans le secteur de l'énergie ».
Ce paquet de sanctions, le 14ème depuis l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, a été l'objet d'intenses négociations pendant des semaines, face aux réticences de certains États membres, dont l'Allemagne. Car, parmi les mesures présentes, figure le renforcement de l'obligation pour les entreprises européennes de suivi des biens qu'elles commercialisent, afin d'éviter qu'ils ne se retrouvent au final en Russie via des entreprises de pays tiers. Plusieurs pays voisins de la Russie sont en effet soupçonnés de servir de plateformes de réexportation de produits occidentaux vers la Russie. Une mesure jugée trop contraignante par l'Allemagne, premier pays exportateur en Europe, selon des diplomates. Mais Berlin a finalement accepté un compromis mis sur la table par la présidence belge.
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Parmi les autres mesures, on peut citer l'interdiction du transbordement de gaz naturel liquéfié (GNL) dans l'UE, la limitation du recours à des cargos « fantômes » pour contourner les sanctions de l'UE sur les exportations de pétrole russe ou encore des mesures ciblant le système permettant des transactions financières, le SPFS, mis en place par la Russie après son exclusion du système financier international interbancaire SWIFT.
Les premiers intérêts des actifs russes gelés bientôt débloqués
À travers ces sanctions prises contre la Russie, les Occidentaux veulent aussi aider l'Ukraine. Les Vingt-Sept se sont ainsi accordé en mai pour utiliser les intérêts produits par les avoirs gelés russes dans l'UE, en faveur de Kiev. Et, mi-juin, le G7 a accepté la proposition des États-Unis d'utiliser ces intérêts pour financer un prêt de 50 milliards d'euros à l'Ukraine. Quelque 300 milliards d'euros d'avoirs russes ont été gelés dans le monde après l'invasion russe de l'Ukraine, générant jusqu'à trois milliards d'euros de revenus par an. L'essentiel de ces avoirs, soit près de 190 milliards d'euros, se trouve en Belgique.
En début de semaine, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a indiqué l'arrivée prochaine de ces premiers intérêts. À savoir environ « 1,4 milliard d'euros » qui « sera disponible le mois prochain, et un autre milliard avant la fin de l'année » afin d'aider l'Ukraine à acheter des armes.
« Les profits exceptionnels générés par les avoirs russes gelés en Europe - et non les avoirs eux-mêmes - vont être utilisés le plus rapidement possible au bénéfice de l'Ukraine »,a-t-il promis.
Une annonce qui a toutefois provoqué la colère de la Hongrie, estimant que cette décision aurait dû être prise à l'unanimité. Josep Borrell a alors expliqué que Budapest ayant choisi de s'abstenir lors des discussions préalables sur l'utilisation de ces avoirs gelés, le pays ne pouvait s'y opposer. De son côté, Vladimir Poutine a précédemment qualifié de « vol » le gel des actifs russes et promis d'y répliquer.