Le chef de l’AIEA se rend à la centrale nucléaire russe de Koursk
latribune.fr

Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, va visiter ce mardi la centrale nucléaire de Koursk en Russie.
Lisa Leutner
latribune.fr

Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, va visiter ce mardi la centrale nucléaire de Koursk en Russie.
Lisa Leutner
[Article publié le jeudi 22 août 2024 à 11h47 et mis à jour le 27 août à 6h38] Il a décidé d'aller sur le terrain. Malgré la guerre et le danger, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, va se rendre, ce mardi, à la centrale nucléaire de Koursk en Russie.
Depuis le début de l'offensive russe en Ukraine il y a deux ans et demi, l'agence met régulièrement en garde contre le risque d'accident nucléaire dû aux combats à proximité de centrales. L'attention et l'inquiétude se concentraient jusqu'à présent sur la centrale de Zaporijjia, dans le sud de l'Ukraine, dont les troupes russes se sont emparées en mars 2022.
Mais il y a trois semaines, le 6 août, l'Ukraine a lancé une vaste offensive transfrontalière dans la région russe de Koursk, s'emparant, selon Kiev, de 82 localités et de 1.150 kilomètres carrés. Une attaque qui a surpris Moscou et pris son armée au dépourvu déplaçant pour la première fois de manière massive et prolongée les affrontements en territoire russe. Les troupes de Kiev assurent depuis continuer à avancer en territoire russe, tandis que celles de Moscou disent progresser dans l'est de l'Ukraine.
A LIRE AUSSI
Scholz réaffirme son soutien à l'Ukraine, malgré la réduction de l'aide de Berlin à Kiev
De son côté, le président russe, Vladimir Poutine, a accusé, jeudi dernier, l'Ukraine d'avoir tenté de frapper la centrale nucléaire.
L'AIEA dit avoir été informée par la Russie de la découverte de fragments de drones à une centaine de mètres d'une infrastructure de stockage de combustible usagé de la centrale de Koursk. Déjà en 2023, l'administration de la centrale de Koursk avait affirmé que celle-ci avait été la cible de trois drones ukrainiens, qui n'avaient toutefois fait ni victimes ni dégâts.
Bâtie à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de la ville de Koursk, capitale régionale où résident environ 440.000 personnes, la centrale dispose de six réacteurs, dont deux en cours de construction. Sur les quatre autres, deux sont à l'arrêt et deux sont entièrement opérationnels. Ils sont du même type que ceux de Tchernobyl, en Ukraine, sans dôme de protection autour.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

L'accident nucléaire, considéré comme le pire de l'Histoire, a contaminé de vastes zones surtout en Ukraine, au Bélarus et en Russie. Une grande partie du reste de l'Europe a également subi des retombées radioactives. Selon Tariq Rauf, un ancien fonctionnaire de l'AIEA, ces types de réacteurs ont depuis lors fait l'objet d' « améliorations significatives en matière de sécurité ».
Mais la situation reste dangereuse, selon lui : une frappe pourrait par exemple toucher les infrastructures de stockage de carburant usagé, ce qui libérerait des gaz et particules radioactifs.
Face aux risques pour la centrale nucléaire, l'AIEA avait appelé cet été à la « retenue maximale » autour du site, alors que les combats faisaient rage à proximité, « afin d'éviter un accident nucléaire susceptible d'avoir de graves conséquences radiologiques ». Rafael Grossi s'était alors dit « personnellement en contact avec les autorités compétentes des deux pays » pour « continuer à informer la communauté internationale » de la situation, alors sous contrôle, selon les Russes.
À lire également
L'Ukraine attaque la Russie via des drones
C'est un autre aspect de la guerre. La semaine dernière, 45 drones ukrainiens ont été détruits par les systèmes de défense aérienne russes au-dessus des régions de Moscou (11), de Briansk (23), de Belgorod (6), de Kalouga (3) et de Koursk (2), a détaillé le ministère russe de la Défense dans un communiqué. « Un missile » a par ailleurs été abattu vers 1 heure (22 heures GMT mardi) dans l'ouest de la région de Rostov, frontalière de l'Ukraine, selon le gouverneur régional Vassili Goloubev.
« C'est l'une des plus importantes tentatives d'attaque jamais réalisée contre Moscou avec des drones », a martelé le maire de la capitale russe, Sergueï Sobianine.
La ville de Moscou et sa région, situées à plus de 500 km de la frontière ukrainienne, ont déjà été visées par de rares attaques de drones ukrainiens. Pendant l'été 2023, des engins avaient ainsi été détruits au-dessus du quartier d'affaires de la capitale, et en mai 2023, deux appareils avaient subi le même sort au niveau du Kremlin.
(Avec AFP)
latribune.fr
Aux États-Unis, l’épargne s'effondre à des niveaux historiques
JO 2030 : « Nous allons continuer à bâtir et à investir », promet Éric Ciotti
Cadmium : diminuer la teneur des engrais n'aura d'effet sur les récoltes « qu’après plusieurs décennies »
Guerre au Moyen-Orient : les économies émergentes souffrent mais devraient résister en 2026