Droits de douane : Trump attaque l’Europe
Antoine Malo avec Marie-Pierre Gröndahl
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Des drapeaux flottent sur le port de Long Beach (Californie).
LTD / Daniel Cole/ REUTERS
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Des drapeaux flottent sur le port de Long Beach (Californie).
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Le début du courrier est urbain, presque onctueux. « Chère Madame la Présidente, C'est un grand honneur pour moi de vous envoyer cette lettre, laquelle démontre la force et l'engagement de nos relations commerciales. » Puis, très vite, arrive le « nevertheless », le néanmoins, et l'on retrouve Donald Trump tel qu'en lui-même, arrogant et sans état d'âme.
« Nous vous invitons à participer à l'extraordinaire économie des États-Unis, le marché numéro un dans le monde », écrit-il avant de faire tomber le couperet : « Notre relation est, malheureusement, loin d'être réciproque. » Puis : « À compter du 1er août 2025, nous ferons payer à l'Union européenne des droits de douane de seulement 30 % sur les produits envoyés aux États-Unis. »
Après le Brésil (50 %), le Canada (35 %), le Japon et la Corée du Sud (30 %), voilà donc l'Union européenne à son tour attaquée par Washington sur le terrain commercial. La missive déclarant cette guerre - rédigée le 11 juillet mais rendue publique le lendemain par Trump sur son réseau Truth Social - a été adressée à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission. Jusqu'alors, Bruxelles pensait avoir échappé à la furie épistolaire du républicain, qui, en début de semaine, avait annoncé l'envoi de lettres aux pays et entités qu'il souhaitait cibler.
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Bien sûr, comme toujours avec le président Maga, il ne faut pas absolument prendre ce qui est dit, et même écrit, pour argent comptant. Cette lettre à Ursula von der Leyen s'apparente aux coups de pression dont l'ancien magnat de l'immobilier usait lorsqu'il faisait des affaires. En outre, depuis janvier et le début de cette révolution douanière, l'application de ces surtaxes a déjà été repoussée par deux fois. Lundi 7 juillet, le locataire de la Maison-Blanche a ainsi signé un décret décalant au 1er août les droits qui auraient dû s'appliquer au 9 juillet. En avril, c'est la dégringolade de la Bourse et la colère des marchés qui l'avaient contraint à reculer.
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