Infrastructures : le giga-plan Biden à 1.200 milliards de dollars proche d'un accord parlementaire

Cette somme astronomique doit permettre au pays de rentrer dans le "siècle américain", selon Joe Biden. Focalisés sur la rénovation des infrastructures routières mais aussi technologiques comme le soutien à l'Internet haut débit, ces milliards de dollars d'investissement doivent soutenir la reprise économique post-Covid. Après des semaines de lutte parlementaire, le Congrès se rapproche d'un accord définitif.

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Le président américain défend un plan d'investissement massif dans les infrastructures du pays.
Le président américain défend un plan d'investissement massif dans les infrastructures du pays. (Crédits : JONATHAN ERNST)

"Nous allons réparer votre foutu pont!" En déplacement mi-juillet à Cincinnati, le président américain Joe Biden faisait preuve de détermination pour faire adopter son plan massif d'investissement dans les infrastructures du pays. Son propos, prononcé sous les rires et les applaudissements des suiveurs, faisait référence au pont de Brent Spence Bridge, dont la rénovation est discutée depuis des années, et qui est considéré comme un emblème des infrastructures américaines vieillissantes.

Après des semaines de tractations politiques, ce plan d'investissement de 1.200 milliards de dollars a connu une étape déterminante dimanche 1er août. Les sénateurs américains ont achevé l'examen du texte. Il devrait être approuvé dans les prochains jours, a annoncé le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

Des tractations intenses

Un groupe de sénateurs bipartisan "a terminé la rédaction du texte du projet de loi sur les infrastructures", a poursuivi Chuck Schumer au Sénat, réuni en session pour le week-end à Washington. "Je pense que le Sénat peut traiter des amendements pertinents et adopter ce projet de loi en quelques jours", a-t-il déclaré.

Ce plan s'appuie sur plus de 1.200 milliards de dollars d'investissements sur huit ans (973 milliards sur cinq ans), avait précisé le 24 juillet la Maison Blanche, dont 312 milliards dans les transports, y compris les routes et aéroports, et 266 milliards dans d'autres types d'infrastructures comme celles permettant le transport des eaux, ou l'internet à haut débit.

La lutte politique est intense autour de ce plan. L'administration Biden avait annoncé dès le 24 juin avoir recueilli le soutien de 22 sénateurs républicains et démocrates pour un accord de principe portant sur le programme. Mais entre l'accord verbal et celui législatif, la route est encore longue. Depuis le début du mois de juillet, démocrates et républicains tentent de trouver un compromis. Par exemple, les élus républicains, qui disposent d'une minorité de blocage, se sont opposés au texte à l'ouverture des débats parlementaires. Les discussions buttaient alors sur les moyens de financer ces dépenses, les républicains ayant rejeté un dispositif qui aurait renforcé la lutte contre l'évasion fiscale.

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Mais les 22 négociateurs issus des deux camps ont discutés pendant une dizaine de jours pour faire avancer le projet. Cette escouade parlementaire a assuré dans un communiqué, le 21 juillet, avoir "réalisé des progrès importants et être près d'un accord". Des tractations qui ont donc abouti à l'accord trouvé hier soir au Sénat.

"Ce projet de loi bipartisan et notre engagement commun à le voir franchir la ligne d'arrivée sont une preuve supplémentaire que le Sénat peut fonctionner", se félicite le groupe dans un communiqué.

Alliance entre syndicat et patronat

Dans ce groupe figurent les républicains Rob Portman, Susan Collins, Mitt Romney, Lisa Murkowski et Bill Cassidy, ainsi que les démocrates Kyrsten Sinema, Joe Manchin, Mark Warner, Jeanne Shaheen et Jon Tester.

Signe de l'importance de ce texte pour l'économie, patronat et syndicats américains avaient décidé d'unir leurs forces en lançant, début juillet, une coalition pour presser le Congrès de transformer l'accord sur les infrastructures en projet de loi et de le faire voter dès que possible.

"Le moment est venu de transformer ces promesses en projets", soulignait dans un communiqué cette coalition qui réunit la Chambre de commerce américaine (US Chamber), Business Roundtable (PDG des grandes entreprises), la fédération nationale des industriels du secteur manufacturier ainsi que l'AFL-CIO, principale fédération syndicale du pays, aux côtés d'une vingtaine d'autres organisations patronales et syndicales.

Ce texte, une fois définitivement adopté, pourrait booster la reprise de l'économie américaine, qui a déjà retrouvé son niveau d'avant-crise Covid-19. Avec une hausse de 6,5% au deuxième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis est plus élevé qu'il ne l'était au quatrième trimestre 2019. Les prévisions tablent sur une croissance de 6,7% en 2021 et de 5% en 2022. Seule ombre au tableau, l'inflation. Celle-ci a progressé de 6,4% au deuxième trimestre. Pour l'heure, la banque centrale américaine (Fed) maintient ses taux directeurs.

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Aussi, pour Joe Biden, ce plan massif visant à renouveler les infrastructures est une première brique cruciale pour mettre en place son projet du "siècle américain". Pour cela, le président américain veut aussi, dans un deuxième temps, faire adopter un programme pharaonique de dépenses sociales, de santé et environnementales, de 3.500 milliards de dollars.

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Commentaires 7
à écrit le 03/08/2021 à 11:40
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Un plan de 1200 milliards de subventions pour démontrer la toute puissance du capitalisme américain... Mao Zedong n'aurait pas mieux fait!

à écrit le 02/08/2021 à 20:22
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Et c'est sans compter avec le financement de la recherche pharmaceutique américaine par la sécurité sociale française... Comment ce fait-il qu'il n'y ai pas d’enquêtes pour abus de position dominante concernant les société qui ont un quasi-monopole e...

à écrit le 02/08/2021 à 18:14
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Il y a trois-quatre jours, c'était l'apocalypse (une de plus), parce que les républicains ne voulaient rien savoir, à en croire tous les medias, la Tribune y compris.

à écrit le 02/08/2021 à 16:49
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950 milliards pour assurer son election, apres on verra....... et sinon il finance ca en demandant a la fed des prets sans interet non remboursables? il se prend pour melenchon?

le 02/08/2021 à 19:43
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Sauf qu'il a déclaré ne faire qu'un mandat !

le 03/08/2021 à 0:31
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De quoi je me mêle ?

à écrit le 02/08/2021 à 11:01
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Le siècle américain ou rendre l'amériqaue de nouveau grande, quelqu'un voit il une différence ? Sinon 3500 milliards de dollars injectés dans l'économie réelle ce serait toujours mieux que de ne remplir systématiquement que les paradis fiscaux des mé...

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