Japon: le yen reprend des couleurs face au dollar et atteint son plus haut depuis un an
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En juin dernier, le yen s’était affiché à son plus bas face au billet vert depuis 1986, aux alentours de 160 yens pour un dollar.
KIM KYUNG-HOON
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En juin dernier, le yen s’était affiché à son plus bas face au billet vert depuis 1986, aux alentours de 160 yens pour un dollar.
KIM KYUNG-HOON
Le yen fait bonne figure face au dollar. La devise nippone évoluait ce lundi matin à son plus haut niveau depuis juillet 2023 par rapport au billet vert, à 139,96 yens pour un dollar. Elle poursuit ainsi sur la même lancée qu'en fin de semaine dernière, où elle lui avait notamment pris 0,63% en fin de journée vendredi pour s'établir légèrement au-dessus des 140 yens pour un dollar.
La monnaie japonaise, très réactive aux écarts de rendements, doit ce coup de rein à la faveur de la détente des taux obligataires américains. Le rendement des bons du Trésor à 2 ans est ainsi descendu à 3,58% vendredi, contre 3,64% la veille en clôture. Et cette semaine pourrait encore lui être favorable compte tenu que plusieurs banques centrales de pays du G10 tiennent leur réunion, dont justement la Réserve fédérale américaine (Fed), ces mardi et mercredi. Les opérateurs attribuent quasiment la même probabilité à une baisse d'un quart et d'un demi-point de pourcentage de son taux directeur.
L'expert voit la parité se stabiliser aux niveaux actuels. Une situation qui tranche avec celle d'il y a à peine trois mois. En juin dernier, le yen s'était affiché à son plus bas face au billet vert... depuis 1986 ! Il s'élevait alors aux alentours de 160 yens pour un dollar.
Outre l'évolution des taux américains, c'est aussi du côté intérieur que le yen doit cette embellie. « Les déclarations offensives de membres de la Banque du Japon pourraient avoir aidé [sa] performance », ont également relevé les analystes de Wells Fargo. Mardi, Junko Nakagawa avait estimé opportun de poursuivre le resserrement monétaire si les prix continuaient à augmenter, comme cela a été le cas ces derniers mois. Et le lendemain, son collègue Naoki Tamura a jugé nécessaire de relever le taux directeur de la BoJ à au moins 1% d'ici la fin du prochain exercice fiscal - fin mars 2026 - contre 0,25% actuellement.
La BoJ va justement elle aussi tenir sa réunion en fin de semaine, ces jeudi et vendredi. Pour autant, rien ne devrait bouger, les investisseurs s'attendant à un statu-quo et n'anticipent pas de nouveau relèvement avant 2025.
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Pour rappel, l'institution nippone, jusque-là accommodante dans sa politique monétaire, avait choisi la voie du resserrement fin juillet en relevant son taux directeur. Elle avait néanmoins averti que la poursuite de cette stratégie serait conditionnée à la réalisation d'une inflation stable autour de 2%, inscrite dans un cercle vertueux entre augmentations salariales, hausse de la consommation et croissance économique.
Reste que l'économie nippone n'est pas dans une bonne période comme le montre une série de données publiées au début du mois. La croissance de son produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre a ainsi a été révisée à la baisse par le gouvernement, à +0,7% (contre +0,8% annoncé initialement). Sur un an, il progresse de +2,9%, contre +3,1% estimé précédemment.
De son côté, la consommation des ménages s'est affichée en hausse, de +0,9%, par rapport au premier trimestre de l'année, signe d'une reprise après quatre trimestres consécutifs de baisse. Mais par la suite, en juillet, elle n'a augmenté que de +0,1% sur un an, contre +1,2% attendu, ce qui renforce les inquiétudes quant à la faiblesse de la croissance économique globale japonaise au cours du trimestre actuel.
Enfin, les hausses de salaires mises en place à la suite des négociations annuelles de printemps ont commencé à faire effet à la fin du deuxième trimestre. Ils ont ainsi augmenté en juin puis également juillet. « Mais cela est principalement dû à la montée en flèche des primes d'été. La saison des primes d'été s'achèvera en août, de sorte que ce coup de pouce ne durera pas », a expliqué auprès de l'AFP Marcel Thieliant, économiste responsable de l'Asie-Pacifique chez Capital Economics.
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Ces dernières données suscitent donc des inquiétudes quant aux perspectives du gouvernement de réussir à instaurer son cycle économique vertueux et à sortir enfin de cette période de déflation. « Les données confirment que l'économie japonaise n'est pas encore sortie d'affaire », conclut Stefan Angrick de Moody's Analytics.
(Avec AFP)
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