Economiste, Jean Pisani-Ferry est professeur à Sciences-Po Paris, à l'institut Bruegel et au Peterson Institute for International Economics à Washington. Considéré comme l'inspirateur du programme économique du candidat Macron en 2017, il a depuis pris...
GRAND ENTRETIEN. Alors que le président milliardaire Donald Trump s'apprête à entamer un second mandat, l'économiste Jean Pisani-Ferry est inquiet du risque de contagion politique en Europe.
LA TRIBUNE - Dans votre dernier ouvrage Les Nouvelles Règles du jeu. Comment éviter le chaos planétaire, co-écrit avec George Papaconstantinou, vous revenez sur les bouleversements de la mondialisation depuis la chute du mur de Berlin. L'arrivée de Trump à la Maison Blanche ce 20 janvier est-elle vraiment un tournant dans la globalisation ?
JEAN PISANI-FERRY - Entre les tarifs douaniers, le refoulement des clandestins, la remise en cause des frontières du Mexique ou du Canada et l'hostilité plus marquée à la Chine, l'arrivée de Donald Trump va provoquer de profonds changements. Il va très certainement pousser en vue d'une nouvelle sortie des États-Unis de l'accord de Paris sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Que vous inspirent ces milliardaires américains qui soutiennent la politique mercantiliste de Donald Trump ?
C'est une grande surprise. Les milliardaires de la Tech étaient supposés avoir des valeurs et mettre des obstacles sur la route de Donald Trump. Ce qui est frappant est la vitesse avec laquelle ils se sont ralliés à la candidature et la victoire de Trump. Mark Zuckerberg et Jeff Bezos étaient loin d'être trumpistes il y a quatre ans.
Faut-il vraiment s'inquiéter des conséquences de Trumponomics sur l'économie européenne ?
Oui, Il faut s'inquiéter des conséquences de l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche sur les relations commerciales et financières entre les Etats-Unis et l'Europe. Il faut également s'inquiéter de la contagion politique en Europe. Elon Musk veut ouvertement modifier l'ordre politique en Europe.
Sur l'Allemagne ou le Royaume-Uni, il s'est exprimé avec beaucoup d'agressivité. Au premier mandat de Trump, Steve Bannon avait soutenu des mouvements nationalistes. Mais ce n'était pas la violence et la puissance d'Elon Musk. Il a quand même affirmé que l'AFD était la seule chance de sauver l'Allemagne. Cela rappelle de mauvais souvenirs.
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