L'accord Emirats-Israël rebat-il les cartes dans la région ?

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(Crédits : Ronen Zvulun)
Sous la houlette de Washington, les Émirats arabes unis et Israël doivent signer d'ici trois semaines un accord historique destiné à normaliser leurs relations, a annoncé Donald Trump jeudi. Ce rapprochement historique est salué par la France et l'ONU mais vivement critiqué par la Palestine et la Turquie notamment.

Des dirigeants mondiaux ont émis l'espoir vendredi qu'un accord historique de normalisation des relations entre les Emirats arabes unis et Israël relance des pourparlers de paix moribonds au Moyen-Orient, tandis que les Palestiniens et certains de leurs alliés y voient une trahison de leur cause.

Les Emirats arabes unis et Israël doivent signer d'ici trois semaines à Washington cet accord annoncé par surprise jeudi par le président américain Donald Trump. Il a été conclu sous l'égide des Etats-Unis et fera d'Abou Dhabi la troisième capitale arabe à suivre ce chemin depuis la création de l'Etat hébreu en 1948, après l'Egypte et la Jordanie.

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Dans le cadre de l'accord, Israël s'est engagé à suspendre son projet d'annexion de territoires palestiniens, une concession saluée par les gouvernements européens et certains gouvernements arabes comme un encouragement aux espoirs de paix.

Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que l'annexion de pans de la Cisjordanie occupée était seulement "reportée" et qu'Israël n'y avait "pas renoncé".

Un "état d'esprit nouveau" selon la France

Les Palestiniens ont fermement rejeté l'accord, le qualifiant de "trahison" de leur cause, y compris de leur revendication de faire de Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, la capitale de l'État auquel ils aspirent. Ils ont également annoncé le rappel de leur ambassadeur aux Émirats et exigé une réunion d'urgence de la Ligue arabe.

Reste que l'accord fait naître à l'étranger des espoirs de relance des pourparlers israélo-palestiniens, à l'arrêt depuis 2014.

L'Allemagne a ainsi estimé vendredi qu'il s'agissait d'une "contribution importante à la paix dans la région" qui allait "permettre de donner un nouvel élan au processus de paix au Proche-Orient".

De son côté, la France y a vu un "état d'esprit nouveau" qui doit "désormais permettre la reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens en vue de l'établissement de deux Etats".

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"Une occasion" selon le secrétaire général de l'ONU

Le plan de paix controversé de Donald Trump, dévoilé en janvier, avait offert à Israël une voie pour annexer la vallée du Jourdain et les colonies juives à travers la Cisjordanie occupée, considérées comme illégales au regard du droit international. Les Palestiniens l'avaient rejeté tout comme les voisins arabes d'Israël, faisant craindre une nouvelle escalade dans une région où les tensions sont fortes.

Après l'annonce de l'accord Emirats-Israël, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a vu "une occasion pour les dirigeants israéliens et palestiniens de reprendre des négociations substantielles, débouchant sur une solution à deux Etats conformément aux résolutions onusiennes". L'annexion "fermerait effectivement la porte" aux négociations entre les dirigeants israéliens et palestiniens et "détruirait la perspective" d'un État palestinien viable, a-t-il déclaré.

Parmi les alliés des Etats-Unis dans le Golfe, Bahreïn et Oman ont fait part de leur soutien à l'accord. Mais l'Arabie Saoudite, poids lourd de la région, n'a pas réagi.

"On peut certainement imaginer que Bahreïn et/ou Oman finiront par conclure un accord formel avec Israël", affirme Hussein Ibish, analyste à l'Arab Gulf States Institute, excluant toutefois un accord similaire prochain entre l'Arabie saoudite et l'Etat hébreu.

L'Egypte et la Jordanie, les deux seuls pays arabes à entretenir des liens diplomatiques avec l'Etat hébreu après les traités de paix conclus respectivement en 1979 et 1994, sont restés mesurés.

Une "trahison" des Emirats selon l'Iran et la Turquie

De son côté, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays est un allié des Emirats et des Etats-Unis, a sobrement salué l'accord, estimant que cela empêcherait une annexion de pans de la Cisjordanie.

La Jordanie elle n'a ni salué ni rejeté l'accord, jugeant que son avenir dépendrait des prochaines actions d'Israël, qui doit mettre un terme à "son entreprise illégale" d'occupation de territoires palestiniens.

En revanche, l'Iran et la Turquie ont vivement critiqué la "trahison" des Emirats.

Téhéran a condamné vendredi cet accord qualifié de "stupidité stratégique d'Abou Dhabi et de Tel-Aviv qui renforcera sans aucun doute l'axe de résistance", en référence aux alliés de Téhéran au Moyen-Orient. La Turquie a, elle, accusé les Emirats de "trahir la cause palestinienne" en acceptant de signer cet accord soutenu par les Etats-Unis pour "servir leurs petits intérêts".

Le Hamas palestinien l'a aussi condamné. Cet accord "ne sert pas la cause palestinienne mais est considéré comme une continuation du déni des droits du peuple palestinien", a dit à l'AFP Hazem Qassem, porte-parole du mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza.

Lire aussi : Journée meurtrière à Gaza, la France "condamne les violences des forces armées israéliennes"

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Commentaires
a écrit le 17/08/2020 à 9:04 :
Israel fait de la strategie militaire et politique en s'alliant avec les Emirats Arabes Unis ! Toujours la même guerre psychologique avec l'Iran qui cherche à posséder l'arme ultime ( nucléaire) qui s'allie avec la Chine et la Russie et étend son influence au Liban qui ne contrôle plus rien à Beyrouth. Toujours la même guerre au Moyen Orient qui peut encore relancer le terrorisme, les actes terroristes en Israel ou dans le monde. La paix n'existera jamais en Moyen Orient toujours sous le feu de la guerre et de la menace nucléaire !
Complétement dingue et dangereux.
a écrit le 17/08/2020 à 8:09 :
Les cartes je sais pas, les ouilles c'est certain !
a écrit le 16/08/2020 à 11:07 :
Il ne s'agit d' une union contre l Iran mais, l'affirmation de celui qui veut paraitre comme plus grand défenseur de la cause palestinienne, en fait arabe et surtout musulmane. Les les 2 premiers a dénoncer l' accord se ressemble sur l' Ideologie: Erdogan pour la Turquie et les Ayatollahs pour l Iran.
On voit bien qu'il s'agit d'une tentative pour rameuter les populations autour de ces 2 régimes totalitaires et intolérants. Chiite pour l un Sunnite pour l 'autre. La finalité pour les 2 : éliminer l' influence saoudienne dans tout le moyen-orient.
a écrit le 15/08/2020 à 18:25 :
Cet accord contre nature tient sur deux principes.

1°) les ennemis de mes ennemis, sont mes amis. Il s'agit d'une sorte d'union contre l'Iran. Ennemi juré d'Israel qui a la hantise d'un Iran nucléarisé qui en ferait un pays imbattable. C'est d'autant plus idiot que les UAE entretenaient jusqu'ici des relations commerciales avec leur voisin.

2°) Qui se ressemble s'assemble. Les dirigeants des UAE n'ont pas su choisir un homme sage après la mort du Sheik Mahmoud. Son successeur a abandonné toute forme de neutralité et de bon voisinage vis à vis de l'Iran comme du Qatar et le pays s'est engagé dans des guerres sans avenir (Yemen).

Et j'ajoute que cet accord est doublé de transferts de fonds vers Israel qui est en grandes difficultés financières et dont la situation deviendra rapidement critique si les démocrates américains gagnent et décident d'agir concrètement contre les crimes de guerre et les annexions illégales perpétrés par certains...
a écrit le 15/08/2020 à 3:40 :
Un accord en trompe l'oeil car Mr Netanyahou, s'est empressé de rajouter que la colonisation des territoires palestiniens n'était que différée. Trump nous a encore berné le temps de sa réélection.
a écrit le 14/08/2020 à 23:39 :
C'est vrai que deux fortes "religions" dans la région, qui ont une même racine, ne peuvent que s'entendre a moins, qu'une n'en reconnaisse une troisième!
a écrit le 14/08/2020 à 19:18 :
C'est quand même un non événement. C'est pas les EAU qui allaient déclarer la guerre à Israël. Un accord avec l'iran ou les Saoud, ou mieux entre Israel et les palestiniens (soyons fous !), aurait été un événement susceptible de rebattre les cartes géopolitiques.

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