L'âge d'or des classes moyennes stoppé net par le Covid-19

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L'expansion de la population de la classe moyenne mondiale a été freinée par la pandémie de Covid-19, avec des différences régionales, révèle une enquête américaine.
L'expansion de la population de la classe moyenne mondiale a été freinée par la pandémie de Covid-19, avec des différences régionales, révèle une enquête américaine. (Crédits : LAM YIK)
En 2020, sous l'effet du Covid-19, la classe moyenne regroupe 54 millions de personnes de moins que les estimations d'avant-crise, selon une enquête du Pew Research Center. En réalité, ce ralentissement cache une baisse générale des niveaux de vie.

La pandémie a porté un coup d'arrêt brutal à l'expansion de la classe moyenne mondiale, révèle une étude publiée jeudi 18 mars par le think tank américain Pew Research Center. Alors que cette catégorie à revenu intermédiaire, désignant les personnes vivant avec 10,01 à 20 dollars par jour - selon le centre de recherche - devait représenter plus d'un cinquième de la population mondiale (1,38 milliard de personnes en 2020), soit 17,8% de la population mondiale, elle n'en compte finalement qu'1,32 milliard, soit 17,1%, selon les estimations.

Ce ralentissement de la croissance de ce niveau de revenu est inédit. Et pour cause. Depuis dix ans, cette classe d'actifs a connu une croissance ininterrompue. De 2011 à 2019, elle « est passée de 899 millions à 1,34 milliard, soit 54 millions de personnes de plus par an, en moyenne », rappelle l'étude. Mais sous l'effet du Covid-19, la classe moyenne regroupe 54 millions de personnes de moins que les estimations formulées avant la crise.

« La pandémie aurait effacé une année de croissance, laissant la population mondiale de la classe moyenne presque inchangée de 2019 à 2020 », note l'étude du Pew Research Center

Lire aussi : Quand l'épidémie de Covid-19 détruit les classes moyennes

Surtout, cette stagnation révèle une « baisse des niveaux de vie dans le monde » qui a modifié la « distribution des revenus », souligne l'étude. Le centre de recherche américain note également que la pauvreté s'est accrue en Asie.

Graphe Pew Research Center

Hausse de la pauvreté en Asie

De fait, une récession inédite en Asie du Sud a accéléré l'érosion de la classe moyenne en Asie, note l'enquête. Alors que l'économie mondiale s'est contractée de 4,3% en 2020, la production aurait diminué de 7,8% rien qu'en Asie du Sud.

Or, l'Asie de l'Est et le Pacifique regroupent près de la moitié de la population mondiale de cette catégorie de revenu, soit 672 millions de personnes, en plus des 123 millions vivant en Asie du Sud. Dès lors, l'impact sévère de la crise économique sur ce continent a fait sortir 32 millions de personnes de la classe moyenne et fait basculer 78 millions d'autres dans la pauvreté.

Toutefois, la baisse des niveaux de vie a été partiellement limitée par la reprise rapide de l'économie en Chine, fait valoir l'étude.

« L'érosion de la classe moyenne aurait pu être plus importante si la Chine, qui abrite plus d'un tiers de la classe moyenne mondiale, n'avait pas échappé à une contraction économique, même si la croissance y a été plus lente que prévu », rappelle l'enquête.

Lire aussi : La Chine post-Covid vise « au moins 6% » de croissance en 2021

Baisse du niveau de vie

Autre conséquence, dans les économies développées, les classes moyennes ont augmenté dans les économies développées, mais au détriment des classes de revenus plus importants. Ainsi, en 2020, les groupes aisés ont perdu 49 millions de personnes dans les économies avancées, et la population à revenu intermédiaire en a gagné 16 millions.

Aussi, les populations les plus aisées ont aussi vu leur niveau de vie baisser sous l'effet du Covid-19, montre l'enquête. Ainsi, la pandémie a fait « glisser vers le bas de l'échelle des niveaux de revenus plus élevés » : alors que la Banque mondiale les estimait à 593 millions pour 2020, les hauts revenus ne regrouperaient finalement 531 millions de personnes.

« Dans le même temps, on estime que la classe moyenne dans les économies avancées a augmenté de 16 millions de personnes, en partie en raison du recul de la classe des hauts revenus dans ces pays », souligne le rapport du Pew Research Center.

À l'échelle mondiale, la tranche des hauts revenus a perdu 64 millions de personnes à cause du Covid-19, estime le rapport. Ils étaient 579 millions en 2019.

L'étude du Pew Research Center s'appuie sur des enquêtes réalisées par la Banque mondiale entre 2014 et 2018. Ces travaux on permis d'estimer une distribution de la population dans cinq niveaux de revenus pour sept régions du monde : les économies avancées, l'Amérique latine et les Caraïbes, l'Asie de l'Est et le Pacifique, l'Asie du Sud, l'Afrique subsaharienne, l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient.

Lire aussi : Covid-19: "Je suis coincé dans cet enfer de misère", ou quand la pauvreté s'installe

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Commentaires
a écrit le 23/03/2021 à 5:30 :
A noter que les riches vivent, comme tout le monde, de leur revenu, et que leur richesse fluctue comme les cours de la Bourse... qui retrouve ses plus hauts. On peut se demander si les économies budgétaires ne s'accommoderaient pas mieux, plutôt que de vains discours, d'une réduction substantielle de notre Ministère et de notre Parlement et, donc, de la sphère d'assistants et de membres de Cabinets; aussi bien, les uns et les autres doivent se tourner les pouces vu que les décisions sont prises dans des organismes non prévus par la Constitution, même en temps de guerre. N'est-ce pas trahir l'esprit d'une Démocratie que d'être incapables, depuis 50 ans, de retrouver, au moins quelques années, l'équilibre budgétaire, alors que la SECU et l'Assurance Chômage sont nationalisées et que les retraites sont en voie de l'être?
a écrit le 22/03/2021 à 22:01 :
Il va falloir que la caste politique atterrisse. La classe "moyenne" n'existe plus depuis longtemps. Les pauvres (nombreux) sont de plus en plus pauvres et les riches (quelque s'uns) sont de plus en plus riches.
Covid ou pas.
a écrit le 22/03/2021 à 18:48 :
Toujours cette obsession du COVID-19 dans les médias, qu'on nous ressort à chaque occasion. En réalité, cet appauvrissement général est lié à l'épuisement progressif des ressources naturelles dans le monde, en premier lieu les énergies fossiles. Comme on est de plus en plus nombreux à se partager un gateau qui rétrécit, les parts sont de plus en plus petites. Rien d'étonnant à cela.
a écrit le 22/03/2021 à 18:08 :
L'âge d'or des classes moyennes...
Ça laisse songeur. L'âge d'or des riches représenté par les think tanks est prévu pour durer très longtemps.
a écrit le 22/03/2021 à 17:34 :
Le WHO recense en 2019 environ 700 millions de personnes souffrant de malnutrition dans le monde .Certes trop mais très très loin des 3 milliards annoncés par ailleurs .
a écrit le 22/03/2021 à 16:48 :
la covid 19 a bon dos !!!!!!
Réponse de le 22/03/2021 à 17:58 :
Je pense la même chose , c'est le gèle des Salaires et des pensions depuis Sarkosy et ensuite Hollande et Macron . L'inflation a fait le reste , toute façon c'était l'effet attendu .
a écrit le 22/03/2021 à 16:45 :
Des chiffres indécents tandis que la famine progresse dans le monde depuis 2010 la malnutrition touchant 3 milliards de personnes. Notre modèle économique ne fonctionne pas, bon on s'en doutait mais il serait temps quand même de le souligner.

Et tant qu'il y aura famine il y aura surpopulation, c'est mathématiques, au lieu de vouloir stériliser les femmes africaines l'UE ferait mieux de leur donner à manger pareil pour les chinois, au lieu de leur construire des gigantesques autoroutes sur lesquelles circulent des gens à vélo.

Notre classe dirigeante mondiale est totalement incompétente.

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