L'aide occidentale apportée à l'Ukraine pourrait sensiblement chuter en 2025
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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky entame ce jeudi une tournée européenne express chez ses principaux alliés.
UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SER
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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky entame ce jeudi une tournée européenne express chez ses principaux alliés.
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[Article publié le jeudi 10 octobre 2024 à 7h54, mis à jour à 11h08] Les élections présidentielles américaines, qui se tiendront le mardi 5 novembre 2024, pourraient avoir de lourdes conséquences sur l'aide militaire reçue par l'Ukraine. Le retour éventuel de Donald Trump à la Maison Blanche pourrait en effet « bloquer de futurs plans d'aide au Congrès », met en garde le Kiel Institute, qui note en outre que « l'Allemagne a récemment annoncé qu'elle réduirait son allocation budgétaire de 50% » et que « d'autres donateurs européens pourraient suivre ».
Selon les projections de l'institut de recherche, les aides militaire et financière s'élèveraient respectivement à 59 et 54 milliards d'euros en 2025 si les donateurs occidentaux maintenaient leur niveau d'aide. A contrario, ces aides chuteraient de moitié, à 29 et 27 milliards d'euros, sans nouvelle aide américaine et si les donateurs européens s'alignaient sur l'Allemagne. Cette baisse pourrait être compensée par d'autres leviers de financement en discussion, comme des contributions militaires « coordonnées par l'Otan » ou des « prêts » s'appuyant sur « les actifs gelés russes ».
Les 27 pays de l'Union européenne ont ainsi annoncé jeudi avoir donné leur accord à un prêt pouvant aller jusqu'à 35 milliards d'euros en faveur de l'Ukraine, financé par les profits exceptionnels dégagés par les avoirs russes gelés en Europe. Ces « mécanismes de financement récemment évoqués ne sont pas particulièrement importants. S'ils étaient approuvés, ils offriraient une aide précieuse, mais pourraient n'être que des palliatifs », estime Pietro Bomprezzi, qui dirige l'équipe du Kiel Institute qui recense l'aide à l'Ukraine.
Au 30 août 2024, les aides bilatérales promises à l'Ukraine depuis le début de la guerre s'élèvent à 397 milliards d'euros, dont 153,8 milliards d'aide militaire, 221 milliards d'aide financière et 22,3 milliards d'aide humanitaire, selon les derniers chiffres du Kiel Institute. Les premiers donateurs sont l'Union européenne et ses membres (240,9 milliards), les Etats-Unis (100,2) et le Royaume-Uni (13,9). En termes d'aide militaire seulement, l'UE et les Etats-Unis sont au coude-à-coude, autour de 66 milliards d'euros promis par chacun. Mais l'aide américaine est plus prompte à parvenir en Ukraine, puisque 87% des promesses des Etats-Unis ont déjà été allouées à des armes et équipements précis, contre seulement 66% des promesses de l'UE.
C'est dans ce contexte préoccupant que le président ukrainien Volodymyr Zelensky entame ce jeudi une tournée européenne express chez ses principaux alliés en quête de marques de soutien.
Celle-ci a démarré au Royaume-Uni, où Volodymyr Zelensky a été accueilli par le Premier ministre Keir Starmer à Downing Street. Les deux dirigeants se sont donné l'accolade et chaleureusement serré la main. Le président ukrainien doit aussi y rencontrer le nouveau chef de l'Otan, Mark Rutte. Dès ce jeudi après-midi, il devrait ensuite enchaîner par une visite à Paris pour s'entretenir avec Emmanuel Macron, d'après l'Elysée. Avant d'aller à Rome pour échanger dans la soirée avec la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni.
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Et le programme du lendemain ne sera pas moins chargé. Volodymyr Zelensky, toujours en Italie, doit rencontrer le pape François au Vatican vendredi matin. Puis se rendre à Berlin, en Allemagne, où il sera reçu par le chancelier Olaf Scholz, dont le gouvernement a prévu de réduire de moitié en 2025 la somme allouée aux aides militaires bilatérales destinées à l'Ukraine, au grand dam de Kiev.
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Volodymyr Zelensky devrait profiter de cette tournée européenne pour marteler ses demandes en termes d'équipements militaires, alors qu'une importante réunion des partenaires militaires de Kiev était initialement prévue samedi en Allemagne. Mais elle a été reportée après que le président américain Joe Biden eut annulé son déplacement en raison de l'ouragan Milton qui est arrivé en Floride. Le dirigeant ukrainien, qui arpente les pays occidentaux depuis plus de deux ans et demi, a déploré ces dernières semaines la lenteur des prises de décision de ses alliés, toujours réticents à livrer des missiles à plus longue portée pour l'armée ukrainienne, qui se trouve limitée pour frapper en profondeur des cibles militaires sur le territoire russe.
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Autre défi de taille, dont Volodymyr Zelensky reconnaît être conscient : il aura besoin d'un plus grand soutien des pays du « Sud global », dont la Chine - alliée de Moscou et qui n'a jamais dénoncé publiquement l'invasion russe - pour mettre fin à un conflit armé qui a fait des centaines de milliers de morts civils et militaires.
(Avec AFP)
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