États-Unis: moins puissant qu'attendu, l'ouragan Milton fait néanmoins victimes et dégâts
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[Article publié le 10 octobre 2024 à 08h57 et mis à jour à 14h48] Vents violents, fortes pluies, inondations : le scénario anticipé s'est confirmé dans la nuit de mercredi à ce jeudi, lorsque l'ouragan Milton a touché terre sur la côte ouest de la Floride, au sud-est des États-Unis. Plus précisément « près de Siesta Key dans le comté de Sarasota », a indiqué le Centre américain des ouragans (NHC) dans son bulletin de 20h30 heure locale (2h30 à Paris).
Milton a provoqué dès son arrivée des inondations « soudaines », peut-on lire dans ce bulletin, privant de courant plus de 3 millions de foyers. Les vents de l'ouragan ont toutefois été moins forts que prévu - atteignant tout de même les 165 kilomètres par heure dans la soirée, selon le NHC. Rétrogradé en fin de journée en catégorie 3 sur l'échelle de Saffir-Simpson (sur 5), il a encore diminué jeudi matin en puissance (catégorie 1), mais enregistrait toujours des vents puissants pouvant atteindre 140 km/h.
Joe Biden avait prévenu mercredi soir : Milton était attendu comme « un des ouragans les plus destructeurs depuis plus d'un siècle en Floride ».
Des tornades ont été observées dans le centre, l'est et le sud de la Floride, selon la chaîne Weather Channel. Quatre personnes sont mortes dans deux tornades, ont annoncé jeudi les autorités locales. « Deux tornades confirmées ont touché le sol avant l'arrivée de l'ouragan Milton, mercredi 9 octobre », indique sur son site le comté de St Lucie, sur la côte est de la péninsule, ajoutant que « le médecin légiste de Sainte-Lucie a confirmé que ces tornades avaient causé quatre décès ».
Les tornades ont également causé des dégâts dans de nombreux comtés et détruit environ 125 habitations, dont de nombreux mobile homes, selon Ron DeSantis. Dans le comté de Sainte-Lucie, le shérif a fait état auprès de la chaîne NBC de100 maisons détruites.
Milton devrait traverser la Floride d'ouest en est, selon le NHC, passant notamment près de la ville d'Orlando, où les parcs d'attraction de Disney World ont été fermés dès la mi-journée mercredi. Les aéroports de Tampa et Sarasota sont aussi à l'arrêt.
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Selon les analystes du gestionnaire d'actifs RBC Capital, la catastrophe naturelle pourrait entraîner 60 milliards de dollars (54,71 milliards d'euros) de pertes assurées.
La Floride, troisième État le plus peuplé des États-Unis, est habituée aux ouragans. Mais le changement climatique, en réchauffant les mers, rend plus probable leur intensification rapide et augmente le risque de phénomènes plus puissants, selon les scientifiques. Ainsi, selon le professeur John Marsham, spécialiste des sciences de l'atmosphère, « de nombreux aspects d'Hélène et de Milton correspondent tout à fait » à ce que les scientifiques anticipent en matière de changement climatique.
Depuis plus d'un an, les températures de l'Atlantique nord évoluent sans discontinuer à des niveaux de chaleur record, selon des données de l'observatoire météorologique américain (NOAA). Cet organisme avait d'ailleurs prévenu dès le printemps dernier que cette saison des ouragans - qui s'étend de juin à novembre dans l'Atlantique nord - serait « extraordinaire » du fait d'un nombre attendu élevé d'ouragans de catégorie 3 ou plus possibles, entre quatre et sept. Jamais cette agence n'en avait prédit un nombre aussi important.
La gestion par le gouvernement fédéral de ces deux ouragans est en tout cas venue s'immiscer dans la campagne présidentielle, à l'initiative du candidat républicain Donald Trump. Depuis le passage dans le sud-est des États-Unis du destructeur et meurtrier dernier ouragan baptisé Hélène, fin septembre, l'ex-président et des membres de son clan accusent, sans preuve, les démocrates d'avoir « volé l'argent » de l'agence fédérale de réponse aux catastrophes naturelles (Fema) pour « le donner à leurs immigrés illégaux ».
Des allégations qualifiées mercredi de « dangereuses » et « inadmissibles » par sa rivale démocrate, la vice-présidente Kamala Harris. Soutenue par l'actuel président Joe Biden, qui a dénoncé mercredi l' « avalanche de mensonges » de son prédécesseur. Selon lui, la désinformation « mine la confiance » des populations dans les efforts de secours et « nuit à ceux qui en ont le plus besoin ».
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Les deux candidats sont en tout cas actuellement au coude-à-coude dans les sondages dans les États dits « pivots » - tels la Pennsylvanie, le Michigan ou le Wisconsin qui apportent au vainqueur plus de grands électeurs que d'autres États. Ce, malgré une série de rebondissements sans précédent dans la campagne (la condamnation au pénal de Donald Trump, deux tentatives d'assassinat le visant, le retrait de candidature de l'actuel président Joe Biden et l'entrée en lice de Kamala Harris). Les deux candidats à la Maison Blanche labourent donc le terrain jour après jour à la conquête de voix d'indécis pour faire pencher la balance. Selon le US elections project, quelque 2,5 millions d'électeurs ont déjà fait leur choix et glissé un bulletin dans l'urne lors d'opérations de vote anticipé.
(Avec AFP)
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