Guerre en Ukraine : nouvelle aide américaine de 8 milliards de dollars
latribune.fr

Joe Biden a annoncé 8 milliards de dollars et de nouvelles munitions de longue portée pour l'Ukraine.
Kent J. Edwards
latribune.fr

Joe Biden a annoncé 8 milliards de dollars et de nouvelles munitions de longue portée pour l'Ukraine.
Kent J. Edwards
[Article publié le 26 septembre 2024 à 14h52, mis à jour à 16h19] Nouvelle aide militaire pour l'Ukraine. Le président américain Joe Biden a annoncé ce jeudi une enveloppe de près de 8 milliards de dollars et de nouvelles munitions de longue portée, avant une rencontre avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.
Sur les près de 8 milliards de dollars d'aide promise par Joe Biden, une enveloppe de 5,5 milliards devrait être autorisée avant la fin de l'année fiscale américaine lundi. Les 2,4 milliards de dollars d'aide militaire restante, promis via l'Initiative d'assistance de sécurité pour l'Ukraine (USAI), ne seront pas débloqués dans l'immédiat, car les munitions doivent être achetées et non prélevées sur les stocks américains.
Joe Biden a également annoncé que Washington fournirait à l'Ukraine des munitions à longue portée JSOW (Joint Standoff Weapon), « afin de renforcer les capacités de frappe à longue portée de l'Ukraine ». Toutefois, sa déclaration ne mentionne pas l'autorisation espérée par Kiev de lancer des missiles à longue portée de fabrication américaine vers la Russie. Le président américain, qui en est à ses derniers mois de mandat, a également déclaré qu'il organiserait une réunion de haut niveau des alliés de l'Ukraine en Allemagne en octobre « afin de coordonner les efforts des plus de 50 pays qui soutiennent l'Ukraine dans sa défense contre l'agression russe ».
Volodymyr Zelensky a salué cette nouvelle aide américaine qui favorisera selon lui la « victoire » de l'Ukraine dans la guerre que lui livre la Russie. « Nous allons utiliser cette aide de la façon la plus efficace et transparente pour atteindre notre objectif principal commun : la victoire de l'Ukraine, une paix juste et durable », a déclaré sur Telegram le président ukrainien, qui se trouve en visite aux États-Unis actuellement.
Le dirigeant ukrainien doit rencontrer dans l'après-midi le président américain mais aussi la vice-présidente Kamala Harris, candidate à la Maison Blanche, au lendemain de l'annonce par Washington de l'envoi de 375 millions de dollars d'aide militaire à l'Ukraine. Cette aide comprend des munitions, des véhicules blindés (lourds et légers) et des missiles, a fait savoir dans un communiqué le département d'Etat américain.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Volodymyr Zelensky exposera à Washington son « plan de la victoire » visant à mettre fin à l'invasion russe lancée le 24 février 2022. Il s'agit, selon lui, de placer Kiev en position de force pour des négociations.
Une rencontre entre Donald Trump, très critique des montants déboursés par Washington pour Kiev, et le dirigeant ukrainien avait été évoquée. Mais cette entrevue risque de tomber à l'eau, selon la presse américaine. Volodymyr Zelensky se rendra également au Capitole, pour des réunions avec plusieurs parlementaires de haut rang, notamment au Sénat.
Il n'échangera toutefois pas avec le chef républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson. Le ténor conservateur, soumis dans son hémicycle à de vives pressions d'élus proches de Donald Trump, a affirmé avoir un empêchement. Il a au passage vivement critiqué la visite effectuée par Volodymyr Zelensky dans une usine d'armement en Pennsylvanie dimanche. Cet État promet d'être l'un des plus disputés de l'élection présidentielle et Mike Johnson a accusé l'équipe du dirigeant ukrainien d'avoir, avec ce déplacement, organisé un « événement de campagne » en faveur des démocrates. Il a exigé, pour ces raisons, que l'ambassadrice ukrainienne aux États-Unis soit limogée.
Au moment où Kiev veut convaincre les Occidentaux de la laisser utiliser des missiles de longue portée contre le territoire russe, le président Poutine a pour sa part fait état mercredi d'une proposition de changement de la doctrine de recours à l'arme nucléaire par Moscou. Il s'agirait de répondre à « l'agression de la Russie par un pays non nucléaire mais avec la participation ou le soutien d'un pays nucléaire », a lancé le président russe lors d'une réunion télévisée de son Conseil de sécurité.
Dans une nouvelle mise en garde russe ce jeudi, le Kremlin a souligné que ce changement de doctrine russe devait être considéré comme un « signal spécifique » pour les Occidentaux.
Dans ce bras de fer diplomatique, Volodymyr Zelensky a par ailleurs prévenu que les Ukrainiens n'accepteraient « jamais » un éventuel accord de paix avec Moscou qui leur soit « imposé » par les grandes puissances. « Il ne peut y avoir de paix juste sans l'Ukraine », a-t-il affirmé. Mardi, devant le Conseil de sécurité, il avait exhorté à « contraindre » Moscou à faire la paix, provoquant une réplique cinglante du Kremlin : il est « impossible de forcer la Russie à la paix », selon Dmitri Peskov.
Moscou, dont les troupes progressent ces derniers mois face aux forces de Kiev, a par ailleurs revendiqué ce jeudi la prise d'Oukraïnsk, une ville de la région de Donetsk dans l'est de l'Ukraine. La conquête du Donbass, bassin industriel ukrainien qui comprend la région de Donetsk, est la « priorité numéro un » du président Poutine.
À lire également
L'ONU manque d'argent pour les Ukrainiens
Les Nations unies n'ont pas les fonds nécessaires pour aider les Ukrainiens cet hiver, au moment où plus de la moitié de la capacité de l'Ukraine à produire de l'électricité a été détruite, a averti ce jeudi à Bruxelles le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). « Le niveau de financement d'organisations comme la notre est beaucoup trop bas pour cette période de l'année », a expliqué à l'AFP sa représentante en Ukraine Karolina Lindholm Billing. Le HCR ne dispose pour l'instant que de 47% des fonds qui lui sont nécessaires pour venir en aide aux millions d'Ukrainiens déplacés ou affectés par la guerre dans leur pays, a-t-elle souligné. L'an dernier à la même époque, le HCR était financé à hauteur de 70%.
(Avec AFP)
latribune.fr