Guerre en Ukraine : l'UE envisage un prêt de 35 milliards d'euros
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Ursula von der leyen, presidente de la commission europeenne, rencontre la conference des presidents du parlement europeen a strasbourg
Johanna Geron
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Ursula von der leyen, presidente de la commission europeenne, rencontre la conference des presidents du parlement europeen a strasbourg
Johanna Geron
[Article publié le 20 septembre 2024 à 14h34, mis à jour à 15h08] À Kiev ce vendredi, Ursula von der Leyen a annoncé un prêt de 35 milliards d'euros à l'Ukraine, financé par les profits exceptionnels dégagés par les avoirs russes gelés en Europe.
Les États membres de l'UE doivent encore approuver cette proposition mais la procédure sera accélérée, a précisé un responsable européen, sous couvert d'anonymat. Ce prêt n'est soumis à aucune condition et pourra être directement intégré au budget national ukrainien, a-t-on indiqué de même source.
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Pour rappel, quelque 200 milliards d'euros d'avoirs russes ont été gelés dans l'UE après l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, dont environ 90% se trouvent en Belgique, siège de l'organisme international de dépôts de fonds Euroclear. Ils sont censés dégager entre 2,5 et 3 milliards d'euros par an, afin d'aider à armer l'Ukraine et de financer sa reconstruction d'après-guerre.
En mai, les Vingt-Sept avaient trouvé un accord pour utiliser les intérêts produits par ces avoirs gelés de la banque centrale russe. L'UE avait ainsi annoncé en juillet le déblocage d'une aide de 1,5 milliard d'euros en faveur de l'Ukraine, correspondant à la première tranche de ces profits.
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Les pays du G7 s'étaient ensuite mis d'accord en juin pour un prêt global allant jusqu'à 50 milliards de dollars, soit quelque 45 milliard d'euros, en faveur de l'Ukraine, financé par les intérêts produits par ces avoirs russes gelés. La décision a toutefois été difficile à mettre en oeuvre en raison des garanties demandées par les Etats-Unis. Washington souhaitait s'assurer que le gel des avoirs russes se fasse dans la durée pour éviter toute rupture de financement.
Ce gel des avoirs russes en Europe dépend d'un régime de sanctions que les 27 doivent renouveler tous les six mois. La Commission a donc proposé que ce renouvellement des sanctions portant sur le gel des avoirs de la banque centrale russe se fasse désormais tous les trois ans. Les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et le Japon, doivent encore décider à quelle hauteur ils comptent participer à ce prêt de 45 milliards d'euros, décidé dans le cadre du G7. Ursula von der Leyen s'est toutefois dit « absolument confiante » vendredi quant à leur participation.
L'UE abaissera toutefois sa contribution de 35 milliards d'euros, si le montant du prêt total devait dépasser les 45 milliards d'euros, en prenant en compte les engagements futurs des autres pays du G7.
Par ailleurs, Ursula von der Leyen, s'est rendue à Kiev ce vendredi pour évoquer le « soutien » qu'apportera l'Europe à l'Ukraine à l'approche d'un hiver redouté, le système énergétique ukrainien ayant été ravagé par les frappes russes.
En effet, le pays souffre des frappes quasi-quotidiennes de Moscou contre son territoire, qui ont fortement endommagé son réseau d'énergie. L'Ukraine est ainsi confrontée à d'importantes coupures d'électricité, laissant craindre un hiver rude. Le pays a perdu « plus des deux tiers » de sa capacité de production électrique, selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
En conséquence, l'Union européenne va apporter 160 millions d'euros supplémentaires d'aide humanitaire et d'infrastructures énergétiques, notamment des panneaux solaires, à Kiev. Ursula von der Leyen va également présenter au président ukrainien Volodymyr Zelensky un plan de « préparation à l'hiver » au nom de la Commission européenne, a-t-elle déclaré à un journaliste représentant la « European Newsroom », qui regroupe des agences de presse européennes dont l'AFP. Ce soutien devrait couvrir « 25% » des besoins ukrainiens pour l'hiver, a estimé Ursula von der Leyen.
« Nous aiderons l'Ukraine dans ses efforts courageux », a ajouté Ursula von der Leyen, disant être venue « pour parler du soutien de l'Europe ». « De la préparation à l'hiver à la défense, en passant par l'adhésion et les progrès des prêts du G7 », a-t-elle détaillé.
L'UE a officiellement ouvert en juin des négociations d'adhésion avec l'Ukraine, qui combat l'invasion russe depuis février 2022. Kiev ambitionne de rejoindre l'Union, tout comme l'Otan, mais le chemin vers l'adhésion s'annonce long. Pour se protéger, l'Ukraine, elle, réclame surtout à ses alliés de la laisser utiliser les armes à longue portée pour frapper en profondeur dans le territoire russe des cibles militaires. Le sujet divise les alliés, certains comme le Royaume-Uni y étant favorables. D'autres se montrent plus frileux. De fait, Vladimir Poutine a mis en garde ses adversaires, brandissant la menace d'une « guerre avec les pays de l'Otan » si cette autorisation était donnée.
Le Parlement européen a de son côté appelé jeudi les États de l'UE à « lever les restrictions » sur l'utilisation de ces armes.
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(Avec AFP)
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