L'Iran en passe de « fortement augmenter » sa production d'uranium enrichi, selon l'AIEA
latribune.fr
En novembre, l'Iran avait annoncé la mise en service de "nouvelles centrifugeuses avancées", en représailles à l'adoption d'une résolution critique au siège de l'AIEA.
L'Agence internationale de l'énergie atomique appelle l'Iran à lui fournir « de toute urgence » des assurances « techniquement crédibles » qu'il n'y a « pas de détournement de matières nucléaires déclarées ».
C'est une accélération qui prend tout son sens dans un contexte géopolitique sous haute tension. L'Iran a commencé à alimenter de nouvelles centrifugeuses qui vont lui permettre "d'augmenterfortement" son rythme de production d'uranium hautement enrichi, selon un rapport confidentiel de l'Agence internationale de l'énergie atomique consulté par l'AFP. Ce changement aura comme effet "d'augmenter de manière significative le taux de production d'uranium enrichi jusqu'à 60%", écrit l'AIEA.
Ce taux calculé par mois pourrait être multiplié par plus de sept par rapport aux 4,7 kg d'uranium atteints "dans la période de rapport précédente" observée par l'Agence.
Le risque nucléaire
L'AIEA appelle l'Iran à lui fournir "de toute urgence" des assurances "techniquement crédibles" que "l'installation n'est pas utilisée" pour "produire de l'uranium à un niveau d'enrichissement supérieur à celui déclaré" et qu'il n'y a "pas de détournement de matières nucléaires déclarées".
S'exprimant à Bahrein, le chef de l'AIEA Rafael Grossi a estimé que la décision de l'Iran d'accélérer sa production d'uranium enrichi était "un message" après l'adoption d'une résolution critique par l'AIEA condamnant ses activités nucléaires.
"C'est un message clair en réponse à ce qu'ils (les Iraniens, NDLR) ressentent comme une pression", a déclaré à l'AFP Rafael Grossi.
En novembre, l'Iran avait annoncé la mise en service de "nouvelles centrifugeuses avancées", en représailles à l'adoption d'une résolution critique au siège de l'AIEA à Vienne condamnant son manque de coopération concernant ses activités nucléaires.
"Il est assez clair que ce qui se produit est une réponse à cela", a déclaré M. Grossi. "La signification ne peut en être sous-estimée", a-t-il ajouté.
Les centrifugeuses sont des machines qui enrichissent l'uranium transformé en gaz, en le faisant tourner à très grande vitesse, permettant l'augmentation de la proportion de matière fissile isotope (U-235) pour différentes utilisations.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Les nouvelles mises en service par l'Iran permettront "d'augmenter considérablement la capacité d'enrichissement" d'uranium, avait alors affirmé à la télévision d'État le porte-parole de l'Organisation atomique iranienne, Behrouz Kamalvandi.
Le retour de Donald Trump
Téhéran défend un droit au nucléaire à des fins civiles, notamment pour l'énergie, mais nie vouloir se doter d'une bombe atomique, ce que soupçonnent les pays occidentaux.
Le TNP fait obligation aux États signataires de déclarer et placer leurs matières nucléaires sous le contrôle de l'AIEA.
En 2015, l'Iran avait conclu à Vienne un accord avec la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie et les Etats-Unis pour encadrer son programme nucléaire.
Le texte prévoyait en contrepartie un allègement des sanctions internationales contre Téhéran.
Mais en 2018, Donald Trump, alors président des Etats-Unis, avait retiré unilatéralement son pays de l'accord - auquel se conformait Téhéran, selon l'AIEA - et rétabli de lourdes sanctions.
En représailles, Téhéran a considérablement augmenté ses réserves de matières enrichies et porté le seuil à 60%, proche des 90% nécessaires pour fabriquer une arme atomique, en vertu de la définition de l'AIEA.