Face à Israël, l'Iran veut tripler ses dépenses militaires
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Le gouvernement iranien veut revoir à la hausse son budget militaire, et pas qu'un peu. Il a proposé au Parlement « une augmentation significative de plus de 200% du budget militaire du pays », a fait savoir ce mardi sa porte-parole, Fatemeh Mohajerani. Sans toutefois préciser la somme concrète qui serait allouée. Cette hausse concernerait la prochaine année fiscale iranienne, qui débutera le 21 mars 2025.
Dans le détail, la majeure partie du budget militaire de l'année prochaine serait destinée aux Gardiens de la révolution. Pour rappel, il s'agit de la puissante armée idéologique du pays, chargée de défendre le régime de la République islamique, selon l'agence officielle Irna. L'autre part du budget serait répartie entre l'État-major général des forces armées et l'armée régulière.
Les grandes lignes de ce budget pour l'année fiscale iranienne 2025-2026 ont été approuvées ce mardi par le Parlement iranien. Reste néanmoins encore une étape pour que cette nouvelle enveloppe soit pleinement validée. Les députés devront en effet formellement donner leur accord au texte final lors d'un vote prévu en mars 2025.
Déjà en 2024, les autorités iraniennes n'avaient pas divulgué le montant de leur budget défense. Les chiffres dont on dispose remontent à l'année précédente et sont ceux de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). Selon cet organisme de référence en la matière, les dépenses militaires de l'Iran en 2023 se sont élevées à quelque 10,3 milliards de dollars (9,5 milliards d'euros). Un chiffre qui ne comprend pas les dépenses pour les Gardiens de la révolution.
Cette décision du gouvernement iranien est étroitement liée au contexte explosif au Proche-Orient. Israël a annoncé publiquement samedi avoir attaqué l'Iran, son ennemi juré. C'est la première fois que l'État hébreux le reconnaît officiellement. Il a indiqué avoir visé des cibles militaires iraniennes.
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L'ambassadeur israélien à l'ONU a assuré que son pays n'a fait que se défendre après l'« attaque brutale » du 1er octobre. Israël accuse l'Iran d'avoir mené ce jour-là des tirs de missiles contre lui. « Nous avions promis que leurs actions ne resteraient pas sans réponse » et Israël a « tenu ses promesses », a rappelé Danny Danon.
L'ambassadeur a toutefois assuré « toujours » privilégier la « diplomatie pour résoudre les problèmes régionaux ». Ce que les événements récents tendent à contredire. Car l'Iran avait justifié ses propres frappes du 1er octobre comme une riposte à des bombardements israéliens fin septembre au Liban. Ces derniers avaient coûté la vie à un général iranien et au chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, mouvement que l'Iran soutient financièrement et militairement. Les responsables iraniens ont aussi évoqué une autre vengeance. Celle de l'assassinat sur leur territoire, imputé à Israël, d'Ismaïl Haniyeh. Ce dernier était alors chef du Hamas, le mouvement palestinien en guerre à Gaza contre l'armée israélienne et lui aussi soutenu par l'Iran.
Israël et l'Iran se sont mutuellement accusés de menacer la paix au Proche-Orient, ce que redoute justement la communauté internationale. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit « profondément inquiet de la poursuite de l'escalade au Moyen-Orient ». Et a réitéré lundi son appel à toutes les parties pour « empêcher une guerre régionale totale ».
Les États-Unis, de leurs côtés, se sont une fois de plus rattachés à leur allié Israël. « Notre message à l'Iran reste clair : s'il opte pour de nouveaux actes agressifs contre Israël ou du personnel américain dans la région, il y aura des conséquences graves. Nous n'hésiterons pas à agir en légitime défense », a prévenu l'ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield. Elle a néanmoins assuré que Washington voulait éviter toute « nouvelle escalade » dans la région.
Sur les marchés, les cours du pétrole ont légèrement remonté ce mardi, après avoir plongé la veille. Certains négociants envisagent la possibilité que les récentes frappes d'Israël sur l'Iran « marquent le début d'une campagne plus large », explique Stephen Innes, analyste chez SPI Asset Management.Mais d'un autre côté, « les représailles d'Israël ont été plus modérées et proportionnées que les marchés ne le craignaient » car elles ont épargné les infrastructures pétrolières, a précisé son homologue chez Mirabaud, John Plassard. « Ce qui laisse espérer une nouvelle désescalade du conflit régional », estime-t-il.
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Tamas Varga, analyste chez PVM, s'inquiète quant à lui notamment d'un regain de tensions entre l'État hébreu et Téhéran « après les élections américaines » de la semaine prochaine.
(Avec AFP)
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