La Chine crée un géant du nucléaire en fusionnant deux entreprises

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(Crédits : Reuters)
Les autorités chinoises vont fusionner CNNC (China National Nuclear Corp), partenaire d'Areva, et CNEC (China Nuclear Engineering & Construction) pour constituer un groupe nucléaire qui pourra rivaliser à l'international. Cette opération s'inscrit dans la volonté gouvernementale de rationnaliser l'appareil productif public chinois.

Deux géants étatiques du nucléaire chinois, CNNC, partenaire d'Areva et développeur d'un réacteur rival de l'EPR français, et CNEC (China Nuclear Engineering & Construction) vont fusionner pour créer un nouveau mastodonte de l'atome civil, a indiqué mercredi soir l'Administration chinoise en charge des entreprises publiques (Sasac).

En discussion depuis un an

Ce rapprochement, en discussion depuis un an, s'inscrit dans les efforts du régime communiste pour renforcer l'efficacité de son pléthorique secteur public, où différentes entreprises rivalisent dans les mêmes secteurs.

Dans le détail, CNNC prendra le contrôle de CNEC, un spécialiste de la construction de centrales, pour donner naissance à un groupe compétent autant dans la conception de réacteurs que dans le gros-oeuvre (enveloppe extérieure des sites nucléaires).

L'idée semble de gagner en efficacité et de réaliser des économies d'échelle, alors que les besoins du pays sont immenses et que de nombreux projets de centrales chinoises souffrent de retards et d'une envolée des coûts.

La Chine compte 38 réacteurs en activité ainsi que 20 en construction - soit un tiers des réacteurs en chantier dans le monde -, tandis que près d'une quarantaine d'autres y sont en projet, selon la World Nuclear Association.

Une technologie rivale de celle de l'EPR français

Aiguillonné par Pékin, CNNC a commencé en 2015 à construire le premier Hualong-1, un réacteur de troisième génération de technologie chinoise destiné à rivaliser avec l'EPR français. CNNC est également associé au français Areva pour construire une massive usine de retraitement.

Enfin, en conjuguant leurs forces, CNNC et CNEC, déjà tous deux impliqués dans des constructions de centrales à l'étranger, pourraient être en meilleure position pour s'imposer sur les marchés internationaux.

Leur fusion pourrait néanmoins faire de l'ombre à CGN, autre grand groupe étatique du nucléaire en Chine et principal développeur de centrales du pays. Il collabore avec le français EDF pour construire deux réacteurs EPR à Taishan (sud), avec une mise en service attendue cet été.

De 170 entreprises publiques il y a 10 ans à moins de 100 aujourd'hui

Ces dernières années, la Chine a multiplié les mariages imposés entre ses entreprises publiques, des colosses aux effectifs pléthoriques souvent très endettés et gérés de façon peu efficace. Le nombre de firmes étatiques administrées par la Sasac est passé de quelque 170 il y a une décennie à moins d'une centaine aujourd'hui.

Pékin avait notamment fusionné en 2014 deux groupes chinois de matériel ferroviaire et de locomotives pour donner naissance à CRRC, voué à devenir un leader mondial du rail. De même, une méga-fusion entre Shenhua, le principal producteur national de charbon, et Guodian, une grande compagnie d'électricité, a permis l'an dernier de créer le numéro un mondial de l'énergie en termes de capacités.

(avec Reuters)

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a écrit le 01/02/2018 à 19:07 :
On peut donc en conclure que la Chine maîtrise la fusion nucléaire😂😂
a écrit le 01/02/2018 à 16:58 :
Une info pour le journaliste qui a écrit cet article et n'a pas suivi l'actualité :
Areva n'existe plus , ayant un nouveau nom que je lui laisse trouver .
a écrit le 01/02/2018 à 14:39 :
Quoi qu’ils fassent, ils n’arriveront jamais à égaler la complexité des groupes Français. Je ne pensais pas à la complexité technologique et à la fission, mais aux épisodes rocambolesques par lesquels la filière est passée : des rapprochements, des séparations, des changements de noms, des collaborations, des concurrences, des accords, des désaccords…, qui pourra un jour expliquer les stratégies suivies par les Cogema, Framatome, CEA, Areva, Alstom, EDF, etc… ? Au final, il est probable qu’il ne reste que peu de monde intéressé par le démantèlement et la gestion des déchets.

On peut aussi apprendre des erreurs.
Je sais, c’est facile de critiquer, il n’en demeure pas moins que tant que les erreurs n’auront pas été actées, il est peu probable que des améliorations soient apportées. Cela semble être le b.a.-ba des processus qualité et de la recherche de performance.

Pour le moment, les groupes Chinois sont autant partenaires que concurrents et dans l'avenir il est probable qu'ils deviendront uniquement concurrents. Mais a-t-on le choix ?
a écrit le 01/02/2018 à 14:11 :
Franchement, Encore une superbe blague ! Seuls ceux qui connaissent vraiment comment ils fonctionnent comprendront mon intervention. Plus sérieusement, c'est plutôt inquiétant d'un point de vue sécurité publique ! Après les avions, les TGV (à rappeler tout de même que les officiels chinois sont interdits de les utiliser pour question de sécurité), les immeubles ( construction de 52 étages en 5jours à Changsha, fondations de tours d'habitation en bois...) Ils s'attaquent à la production nucléaire... Effet d'annonce pour faire tourner la planche à billets. Déjà qu'en Chine, l'entretien des infrastructures laisse à désirer... Attendons de voir lorsque ça va littéralement exploser !
Réponse de le 02/02/2018 à 6:29 :
A lire votre commentaire, on peut letigimement penser que les chinois, et leurs ingenieurs sont des nuls ? Allez faire un tour en Chine. Prenez un TGV, et vous verrez que cela roule parfaitement, sans anicroche. Service au top.
Pour ce qui est du nucleaire, la France a perdu son "savoir faire" a cause de cessions douteuses, de vos politiques foireux.
Tout a ete copie, et tres ameliore. Le siecle a venir sera a l'Asie, votre Europe est fichue. A vous croire superieurs vous serez manges.
a écrit le 01/02/2018 à 13:10 :
ca n'a pas réussi à areva, avant les deux groupes marchaient pas mal, après la fusion, ca a été la descente aux enfers en accumulant erreur sur erreur, comme vendre un epr dont les plans et la réalisation n'ont pas été valider par les prototypes, comme on a fait dans les années avec les anciens. siesmens s'était ensuite barré en laissant en plan l'epr. a ce jour on vend plein d'epr mais aucun d'eux ne fonctionne, une erreur monumentale, et ca se paye, il fallait d'abord construire deux prototypes en France, cela va poser des problème de production en série, on fixe le standard des pièces de la construction et on peut en construire 50 en série comme on l'a fait dans les années 80. ils font n'importe quoi et le pire ca continu dans l'erreur.

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