La Chine évite de justesse la déflation
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La Chine a déjà traversé une période de déflation début 2024, marquée par la plus forte contraction des prix à la consommation depuis 14 ans.
Jia Minjie/VCG via Reuters Connect
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La Chine a déjà traversé une période de déflation début 2024, marquée par la plus forte contraction des prix à la consommation depuis 14 ans.
Jia Minjie/VCG via Reuters Connect
Il s'en est fallu de peu pour que la Chine tombe en déflation en décembre. L'indice des prix à la consommation n'a en effet progressé que de 0,1% sur un an, contre 0,2% en novembre, selon les chiffres du Bureau national des statistiques (BNS) publiés ce jeudi 9 janvier. Les prix des denrées alimentaires et des biens de consommation ont même chuté (-0,5% et -0,2% respectivement sur un an).
Ce n'est toutefois pas une surprise puisque les économistes sondés par l'agence de presse Bloomberg s'attendaient à un tel niveau. Car, ces derniers mois, le géant asiatique peine à s'éloigner du spectre de la déflation. Preuve en est : sur l'ensemble de l'année dernière, l'indice des prix à la consommation n'a progressé que de +0,2%, selon le BNS.
« La pression déflationniste persiste », confirme Zhiwei Zhang, économiste en chef de Pinpoint Asset Management, dans une note. « Les récentes données économiques se sont stabilisées, mais la dynamique n'est pas encore assez forte pour générer une pression à la hausse sur les prix à la consommation », ajoute-t-il. Le pays a déjà traversé une période de déflation début 2024, marquée par la plus forte contraction des prix à la consommation depuis 14 ans. Une situation loin d'être optimale, car synonyme de frein à la croissance économique et d'augmentation de la valeur réelle des dettes.
Le gouvernement tente bien d'inverser la tendance. Depuis des mois, Pékin multiplie les mesures de relance pour soutenir son économie, plombée par la crise persistante de son secteur immobilier. Ont déjà été annoncés des baisses de taux d'intérêt, des assouplissements sur l'achat immobilier, des relèvements des plafonds d'endettement local... Mais ces efforts n'ont guère porté de fruits pour le moment. Les ménages restent prudents et les entreprises encore hésitantes à investir.
C'est la raison pour laquelle le gouvernement a dévoilé fin décembre une politique budgétaire « encore plus active » pour 2025. Concrètement, cette nouvelle orientation sera marquée par une accélération des dépenses publiques et la possibilité d'augmenter le déficit budgétaire. Objectif : soutenir la consommation intérieure.
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Reste que, pour parvenir à relancer la consommation intérieure, les experts réclament de longue date une relance budgétaire plus directe, ciblant notamment les ménages. Les perspectives d'inflation pour 2025 « dépendront en grande partie de l'efficacité de la politique budgétaire », rappelle d'ailleurs Zhiwei Zhang. À voir si la stratégie établie par Pékin sera suffisante.
Surtout que le sujet de la relance de la consommation intérieure est crucial pour la Chine. Car l'exécutif mise dessus pour faire décoller sa croissance en 2025. Si le chiffre officiel de 2024 n'est pas encore connu - il doit être révélé la semaine prochaine -, il devrait s'afficher comme l'un des plus faibles depuis des décennies. Il devrait être inférieur à celui de 2023 (+5,2%), déjà bas pour la première puissance asiatique.
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Xi Jinping a néanmoins encore assuré la semaine dernière que l'objectif « d'environ 5% » de croissance serait atteint. Nombre d'experts sont toutefois sceptiques. Certaines prévisions viennent même le contredire. Notamment celle du Fonds monétaire international (FMI), qui anticipe une croissance chinoise de +4,8% en 2024. Et s'attend même à un nouveau ralentissement en 2025 (+4,5%). De sombres perspectives que l'avenir confirmera, ou non.
(Avec AFP)
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