La Chine tente de rassurer le monde sur l'état de santé de son économie

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Il y a une tendance globalement positive en dépit des difficultés auxquelles nous sommes confrontés, a dit Li Keqiang lors d'une intervention devant le Forum économique mondial.
"Il y a une tendance globalement positive en dépit des difficultés auxquelles nous sommes confrontés", a dit Li Keqiang lors d'une intervention devant le Forum économique mondial. (Crédits : JASON LEE)
Pékin a présenté des mesures de soutien à son économie, dont l'essoufflement continue d'inquiéter les marchés financiers. Côté transparence des chiffres, le Bureau national des statistiques chinois a annoncé que, pour calculer le PIB, il allait adopter une méthodologie plus conforme à celle du FMI. Mais le doute sur la qualité des données statistiques subsiste.

Le Premier ministre chinois, Li Keqiang, s'est efforcé, mercredi 9 septembre, de rassurer sur la capacité de la Chine à soutenir son économie et à stabiliser ses marchés boursiers, assurant que les principaux risques pour le système financier chinois étaient désormais maîtrisés et que les perspectives pour l'activité de la deuxième économie mondiale restaient positives.

"Il y a une stabilité globale dans les performances économiques de la Chine malgré un certain degré de modération. Il y a une tendance globalement positive en dépit des difficultés auxquelles nous sommes confrontés", a dit Li Keqiang lors d'une intervention devant le Forum économique mondial, la fondation organisatrice du sommet de Davos en Suisse, ajoutant que Pékin "ajusterait" ses politiques économiques pour mieux soutenir l'activité.

Pékin a ainsi présenté une série de mesures visant à soutenir l'économie du pays, dont l'essoufflement continue de se faire sentir sur les marchés financiers et a entraîné en l'espace de quelques semaines, sur les Bourses chinoises, l'effacement des gains engrangés depuis le début de l'année.

     | Lire Marchés boursiers chinois : Pékin fait porter le chapeau à un journaliste

Coup de pouce fiscal aux PME

Ainsi, le gouvernement va accélérer les projets de construction majeurs, faire bénéficier davantage de petites et moyennes entreprises de rabais fiscaux et encourager les investissements de capitaux privés dans des "secteurs clefs", a assuré le ministère dans un communiqué.

Le ministère n'a dévoilé aucun montant concernant cet accroissement des dépenses publiques. Mais il a précisé que, fin août, le gouvernement central avait déjà dépensé 96% de son budget annuel dévolu aux investissements d'infrastructures.

Des mesures dont, pour les premières, les effets se font attendre

Pour tenter d'endiguer l'essoufflement de l'activité, le gouvernement a engagé depuis fin 2014 des mesures d'assouplissement monétaire à répétition, dont cinq baisses des taux d'intérêt. Il avait par ailleurs procédé à plusieurs rabais fiscaux pour les petites entreprises et les exportateurs. Mais sans effet notable : les importations chinoises se sont repliées en août pour le dixième mois consécutif, plongeant de 13,8% sur un an, symptôme d'une demande intérieure toujours en berne.

Le ministère a également assuré qu'il réformerait le système des impôts et "superviserait plus étroitement" la gestion des colossales dettes des gouvernements locaux, considérées comme une bombe à retardement pour la stabilité financière du pays.

Malgré la volonté de mieux calculer le PIB, les doutes subsistent

De son côté, le Bureau national des statistiques (BNS) a annoncé qu'il allait modifier sa façon de calculer le produit intérieur brut (PIB) du pays, pour adopter une méthodologie plus conforme à celle du Fonds monétaire international (FMI).

Désormais, le BNS calculera le PIB en fonction de l'activité économique de chaque trimestre isolément, et non plus sur la base de statistiques cumulées, de manière à "mesurer plus précisément les évolutions saisonnières et les fluctuations de court terme", a-t-il expliqué.

Nombre d'analystes mettent en doute la fiabilité des statistiques chinoises, largement soupçonnées d'être "améliorées" par rapport aux réalités économiques. Malgré la taille de l'économie chinoise, les autorités dévoilent le chiffre du PIB deux semaines seulement après la fin du trimestre concerné. Et la somme cumulée des PIB des provinces et régions chinoises dépasse souvent largement le chiffre national, avivant le scepticisme sur les données disponibles.

>> Pour aller plus loin, lire notre dossier "La Chine fragilisée"

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 10/09/2015 à 6:48 :
Moi je pense que plus il y a de mesures de soutien pour donner confiance plus ça pue ....
a écrit le 09/09/2015 à 19:42 :
Plus ils parlent pour rassurer, plus cela craint.
Cordialement
a écrit le 09/09/2015 à 19:02 :
Il ferait mieux de faire comme les us : de simples sondages approximatifs avec corrections des variations saisonnières dans les 3 ans qui suivent...
a écrit le 09/09/2015 à 17:22 :
Pouvons nous faire confiance à la chine (américain et bien d'autres) ? ...
Réponse de le 09/09/2015 à 18:59 :
Been.. le principe même de l' "économie" est que tu as intérêt à faire "confiance"... Lehman a toujours eu des triples "a"...
Réponse de le 09/09/2015 à 19:04 :
D'ailleurs, comme pour Dubaï, l'Islande, ... et maintenant Porto Rico, tout le monde avait confiance... Même pour les us, y'parait qu'y faut avoir confiance.

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