"La guerre est moins probable avec Trump qu’avec Clinton"

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Il y a beaucoup de raisons de ne pas voter Hillary Clinton, estime la journaliste américaine Diana Johnstone.
"Il y a beaucoup de raisons de ne pas voter Hillary Clinton", estime la journaliste américaine Diana Johnstone. (Crédits : © Carlos Barria / Reuters)
Interview - Après avoir échoué à la primaire démocrate en 2008, Hillary Clinton est à nouveau battue dans la course à la présidentielle. Journaliste indépendante et américaine, Diana Johnstone, auteure de "Hillary Clinton. La reine du chaos", explique les raisons de ce rejet.

La défaite d'Hillary Clinton a surpris tout le monde. À commencer par la presse et les sondeurs, qui la donnaient gagnante à coup sûr. Une fois encore, l'ex-First Lady ne parvient pas à conquérir la Maison-Blanche. La première fois, le camp démocrate avait préféré Barack Obama. Le palier de la primaire franchi, c'est sur la dernière marche qu'elle échoue cette fois-ci.

Diana Johnstone, journaliste américaine indépendante, est l'auteure de "Hillary Clinton. La reine du chaos"(*). Dans cet ouvrage, elle analyse les ambitions de l'ex-secrétaire d'Etat et la face cachée de son action publique, du coup d'Etat au Honduras à la guerre en Libye. Aujourd'hui, elle nous aide à décrypter cet énième revers électoral de la candidate démocrate.

La Tribune - pourquoi une majorité d'électeurs a-t-elle rejeté la candidature d'Hillary Clinton ?

Diana Johnstone - La tendance est de dire que la seule motivation des Américains pour voter Donald Trump ne peut être que le racisme. Ce n'est pas le cas, il y a beaucoup de raisons de ne pas voter Hillary Clinton. Je pense à son habitude de mentir et les accusations de corruption autour de sa fondation. Concernant l'affaire des e-mails, le vrai scandale n'est pas encore révélé. Quelle était l'utilisation de ces e-mails ? Dans quel but ? Ces éléments ne sont pas encore publics (les autorités ne se sont prononcées que sur le fait qu'elle n'a pas utilisé la messagerie officielle de l'administration, NDLR).

> Lire aussi : la troublante affaire des e-mails de Clinton plombe sa campagne
+ Qatar : un don de 1 million de dollars à la fondation Clinton qui pose question...

Les Américains ne l'aiment pas. La réussite inattendue de Bernie Sanders, qui aurait pu gagner la primaire démocrate, prouvait déjà que la population ne la voulait pas. Au final, le système a eu sa candidate, mais les électeurs l'ont rejetée.

Les Américaines aussi l'ont rejetée, malgré les propos de Donald Trump et alors qu'elle aurait pu devenir la première présidente des Etats-Unis... (53% des femmes blanches ont voté pour Trump, 43% pour Clinton, ndlr)

Hillary Clinton a voulu extrapoler le fait d'être une femme. Ce n'est pas nécessairement parce qu'on est une femme qu'on fait avancer leur cause. Elle a joué cette carte parce que c'était le seul argument d'apparence progressiste qu'elle pouvait invoquer.

Ce rejet est aussi une question de classe. Hillary Clinton est féministe pour les femmes de carrière, mais elle ne fait rien pour les femmes ordinaires. Son idée pour faire avancer la condition féminine, comme celle des minorités en général, est simple : leur donner des postes haut placés. Ceci ne fait que favoriser la réussite individuelle, mais ne change rien pour ces groupes en tant que tel. Mettre une femme à la tête du Pentagone ne résout pas le problème des inégalités salariales. C'est une politique pour enrichir l'élite.

> Lire aussi : Qui a fait l'élection ?

Certains craignent que Donald Trump déclenche un conflit mondial. Si l'on reprend votre livre, où vous qualifiez Hillary Clinton de "reine du chaos", la candidate démocrate aurait-elle été plus dangereuse ?

Quand j'ai écrit ce livre, la campagne présidentielle n'avait pas commencé. Donald Trump n'est pas un républicain ordinaire, c'est un indépendant qui a fait une "OPA" sur le parti. Ses propos indiquent qu'il ne veut pas faire la guerre avec la Russie. On va voir comment la situation évolue lorsqu'il sera aux commandes. Mais d'après les déclarations des deux candidats, la guerre est moins probable avec Trump qu'avec Clinton.

Une fois à Washington, on verra ce qu'il adviendra. Donald Trump est un outsider, il va se retrouver entouré de gens qui vont essayer de lui faire faire ce qu'aurait fait Hillary Clinton. Je ne sais pas s'il est assez malin pour se défendre dans ces circonstances, c'est très difficile à prédire. Pour le moment, il reste moins belliqueux que la candidate démocrate.

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(*) Diana Johnstone, "Hillary Clinton. La Reine du Chaos", paru aux Editions Delga, septembre 2015.

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a écrit le 14/11/2016 à 6:08 :
N'en deplaise aux nombreux commentaires ci-dessous, Trump de l'avis de nombre de collegues americains ici, pensent qu'au contraire Trump pourrait prendre" sa charge" de President tres a coeur et se montrer exemplaire, au regard de la personnalite qu'il semble degager.
L'avenir nous le dira...
a écrit le 12/11/2016 à 19:59 :
En fait, la victoire de Trump nous rapprocherait plutôt d'un éventuel conflit. Clinton pas plus que Poutine ne voudraient de guerre à ce moment-ci, mais avec un président fantoche sous contrôle de la Russie, Poutine aura, au cours des prochaines années, les coudées franches pour renforcer sa position militaire sans opposition aux États-Unis.
a écrit le 11/11/2016 à 14:20 :
À mon humble avis, si conflit mondial il devait y avoir, alors ce n'est pqs Trump qu ile provoquerait, mais bien l'Europe fasciste d'aujourd'hui.
a écrit le 10/11/2016 à 10:16 :
"il y a beaucoup de raisons de ne pas voter Hillary Clinton"

En effet ou quand le mal et le pire sont difficilement distinguables.

C'est ce que je pense aussi et c'est la seule bonne nouvelle de cette élection de Trump, Clinton avec son air de rien aurait facilement pu faire entrer les états unis dans un conflit tandis que Trump et sa grande gueule semblent bien moins capables de le faire.

Qu'avec Clinton nous nous dirigions vers un conflit majeur semblait évident maintenant espérons que Trump saura se retenir mais le repli sur soi lié au vote républicain semble aller dans ce sens.

Par ailleurs, tout comme en France, les gens protesteront bien plus facilement avec un Trump qu'avec une Clinton, d'où le piège permanent du vote faussement progressiste incarné par les démocrates ou les socialistes en france.
a écrit le 09/11/2016 à 19:30 :
C'est sûr que la guerre est moins probable au proche-orient avec un raciste comme D. Trump. Déjà pour commencer il va dénoncer les accord sur le nucléaire avec l'Iran et donner son soutien intégral à Netanyaou. Ensuite, il va soutenir Bachar el Assad et aussi soutenir la poltique anti-kurde que commence à mettre en oeuvre Erdogan. Déjà si avec tout cela la poudrière du proche-orient ne s'enflamme pas de nouveau, on aura beaucoup de chance. Peut-être après les guerres en Irak des précédents républicains, une guerre en Iran nous attend avec celui-ci.
Aussi, nous sommes tous impatient de voir comment Trump va réagir aux provocations de la corée du nord car il y a a beaucoup plus de chance qu'il réagisse mal de manière impulsive que les démocrates (ou même d'autres républicains). Et finalement, avec lui, les tensions vont fortement augmenter avec la Chine qu'il désignera nommément comme ennemi de la grandeur de l'Amérique.

Car finalement la grandeur de l'Amérique dans la bouche d'un tel homme cela correspond certainement à la guerre quoique vous en pensez.
Réponse de le 11/11/2016 à 13:49 :
1) En Syrie c est les russes qui s y collent. donc pas de bol pour les syriens mais Poutine va les mater et leur faire comprendre que le tsar veut Bachar et qu ils ont le choix entre mourir et se soumettre. C est pas droitdelhommiste mais ca a marche en tchetchenie.
2) Meme s il soutient israel a fond (pas de changement par rapport a la politique classique US. Meme Obama qui detestait Nettanyaou n a pas laché celui ci), il s impliquera pas dans une attaque de l iran. Au pire il laissera les israelien faire le sale boulot. Vu que l iran c est loin d israel et que les iraniens ont deja a mater les sunnite an irak et syrie, ils ne sont pas en etat de menacer israel autrement que verbalement
3) trump ets isolationiste. autrement dit, si les pays du moyen orient veulent se taper dessus qu ils le fassent. on se mettra pas au milieu. Je suis pas sur que ca ne soit pas une bonne idee. On ne peut pas faire une paix durable avec des gens qui revent d en decoudre
Réponse de le 11/11/2016 à 14:23 :
Libre à vous de croire que le Daesh/ISIS doive être le facteur de «stabilité» ! Pas pour les gens sensés, sachez-le...
a écrit le 09/11/2016 à 18:47 :
Si il est certain que H.Clinton aurait été beaucoup plus belliqueuse que Trump, la paix ne sera pas forcement de mise. L'union d'H.Clinton et des faucons du Pentagone aurait aboutie à des tensions extrême avec la Russie. Sauf que les faucons du Pentagone resteront probablement en place. Trump n’apprécie que très modérément la Chine mais surtout il annoncé une remise en cause du traité avec l'Iran. Ce qui pourrait entrainer une escalade des tensions entre les 2 pays surtout avec un congrès US très hostile à l'accord. Autre point à risque sera comme il l'a annoncé, une reconnaissance de Jérusalem comme capitale une et indivisible de l’État d’Israël excluant dé-facto les palestiniens. Donc moins de risque en Europe, autant en mer de Chine mais plus au moyen-orient.
a écrit le 09/11/2016 à 18:11 :
Aucun président US n'a eu de mandat sans intervention militaire imposée par les circonstances.

GW Bush se voulait très isolationniste dans sa politique extérieure. A priori ça commençait bien, l'ennemi héréditaire et idéologique des USA venait d'exploser et ne posait plus de menace forte. Il a laissé filer le conflit israelo palestinien auquel il ne comprenait rien... et puis deux avions sont entrés dans le WTC rappelant au président que le pays ne pouvait pas s'isoler du monde.

Quand à penser que Trump aura une conduite pacifique envers la Russie c'est oublier l'invasion de la Crimée, la tentative d'invasion de l'Ukraine. Trump a encore la naîveté d'une pucelle en géopolitique mais quand il aura compris que Poutine n'a aucune parole et des plans bien déterminés envers l'Europe de l'est, ça changera.

D'autre part, il a dans ses projets celui de gonfler les effectifs militaires avec 70 000 personnes en plus. Ce n'est surement pas pour cueillir des fraises.
Réponse de le 09/11/2016 à 19:17 :
@naiveté: les administrations Bush et Obama ont installé des missiles aux portes de la Russie ces dernières années. Pas pour cueillir des fraises, on est d'accord. Mais de quelle autre façon Poutine aurait-il pu réagir, si ce n'est en renforçant son arsenal ? Trump l'a dit, il va défendre les intérêts des US, c'est normal et je ne vois pas en quoi il serait anormal que Poutine défende les intérêts de son pays également ? Ce qui me choque, c'est que bisounours Hollande (et ses prédécesseurs) ne fasse pas la même chose pour la France :-)
Réponse de le 09/11/2016 à 19:59 :
La crimée n'a pas été envahie, elle a fait sécession toute seule par vote de la population. Et les soldats russes y étaient déjà vu que la russie a signé avec l'ukraine en 2010 un bail sur la base navale de sébastopol pour encore 30 ans.

La russie n'a pas "tenté" d'envahir l'ukraine, ou alors prouvez le (dans ce cas là tout le monde peut être accusé d'avoir tenté d'envahir tout le monde, c'est du procès d'intention à l'état pur).

Les plans de poutine sont vraiment simples à comprendre, je vois pas où est le mensonge : il cherche à récupérer l'influence que la russie exerçait sur ses périphéries depuis des siècles, perdue en 1991 au profit de l'influence US/OTAN qui installe des bases militaires à ses frontières. Que certains pays ne soient pas d'accord avec ce projet russe peut se comprendre (pologne, pays baltes, etc) mais ce n'est certainement pas l'affaire de la france de jouer les justiciers dans des vieilles querelles auquelles on ne comprend à peu près rien, et où on n'a rien à gagner. Et l'intérêt des EU dans cette histoire on a du mal à le voir, les bases militaires et le soutien financier à l'ukraine ou à la pologne leur coûte une fortune qu'ils feraient bien mieux de dépenser chez eux en infrastructures (ce que trump décidera ou non de faire).
Réponse de le 11/11/2016 à 13:54 :
1) Pour la crimee, il y a eut referendum apres coup. les russes ont pris le controle de la region avant (les petits hommes verts vous vous rappellez). C est un peut comme pour l anschluss. Adof a occupe l autriche et pres on valide l etat de fait.

2) Pour l ukraine, il faut avoir une sacree mauvaise fois pour nier la presence russe ! les blindes ou les buk qui abattent des avions civils ils viennent d ou ? et je parle meme pas du personnel capable de s en servir.
Si les separatistes etaient seuls, ils se seraient effondre militairement depuis longtemps, tout simplement car ils n auraient pas eut d armes et de munition (le dombass a surement pas toutes les usines capable de fournir les pieces pour construire des chars !)

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