La menace de droits de douane aux Etats-Unis secoue l'exécutif au Canada
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Les menaces de Donald Trump inquiètent Ottawa. A tel point que la vice-Première ministre a surpris lundi 16 décembre, en annonçant sa démission. La raison ? Ses divergences avec Justin Trudeau, le Premier ministre, sur la façon de gérer la guerre économique qui se profile avec son puissant allié, résultant de la hausse des droits de douane sur les produits canadiens.
L'intention du président élu américain de passer les droits de douane à 25% avec ses voisins a créé une onde de choc au Canada. Et pour cause, ce dernier est le premier partenaire des Etats-Unis, où partent 75% de ses exportations. Evoquant une possible « guerre tarifaire », l'ex-ministre estime qu'il « faut éviter les astuces politiques coûteuses que nous ne pouvons pas nous permettre », dans une allusion probable aux coups de pouce fiscaux accordés récemment aux particuliers par le gouvernement Trudeau.
De son côté, le Premier ministre Justin Trudeau, qui n'a fait aucun commentaire pendant la journée, s'est contenté lors d'une soirée devant des donateurs de son parti à Ottawa de parler d'« une journée pas facile ». Certains médias, citant des sources anonymes de son entourage, ont indiqué qu'il réfléchissait, lui aussi, à démissionner, mais son bureau a rejeté ces allégations les qualifiant auprès de l'AFP d'« absolument inexactes ».
« Son comportement était complètement toxique, et pas du tout propice à la conclusion de très bons accords pour les citoyens malheureux du Canada », a ajouté le milliardaire sur son réseau Truth Social.
Longtemps parmi la garde rapprochée de Justin Trudeau, cette anglophone de Toronto de 56 ans a occupé plusieurs postes de ministre depuis l'arrivée au pouvoir du libéral en 2015. De 2015 à 2017, cette polyglotte et ancienne journaliste a été ministre du Commerce international et a supervisé la négociation réussie du Ceta, l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne. Elle a ensuite été ministre des Affaires étrangères de 2017 à 2019, avant de devenir vice-Première ministre et la première femme à occuper la fonction de ministre des Finances. Elle a même un temps été pressentie pour lui succéder.
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En fin de journée, son remplaçant Dominic LeBlanc est entré en fonction, au moment où le pays annonçait un déficit de 22 milliards de dollars canadiens (15 milliards d'euros) plus élevé que prévu. Il s'établit désormais à 62 milliards, à cause de « dépenses inattendues ». Dominic LeBlanc sera chargé notamment des négociations avec l'administration Trump et a promis de se concentrer sur ce « défi » qui l'attend. Le pays a par ailleurs annoncé lundi 1,3 milliard de dollars canadiens d'investissements pour « protéger la frontière » avec les Etats-Unis.
Fin novembre, Justin Trudeau avait fait un aller-retour surprise en Floride pour rencontrer Donald Trump et évoquer la question douanière. Lors de leur rencontre, le président élu américain avait plaisanté en disant que si le Canada ne pouvait survivre aux 25% de droits de douane, il pourrait devenir le 51e Etat américain, selon la chaîne Fox News.
Des commentaires qui n'avaient pas amusé au nord de la frontière. Après ce dîner à Mar-a-Lago, la résidence de Donald Trump, ce dernier avait néanmoins salué une « rencontre très productive ». De son côté, Justin Trudeau évoquait « une excellente conversation ». Mais Donald Trump s'est moqué la semaine dernière de Justin Trudeau, en le qualifiant, sur son réseau Truth Social, de « gouverneur » plutôt que de Premier ministre. Un titre désignant aux Etats-Unis le chef de l'exécutif d'un Etat fédéré.
Dans ce contexte tendu, Justin Trudeau multiplie les rencontres, notamment avec les Premiers ministres des provinces. Doug Ford, à la tête de l'Ontario, a déclaré la semaine dernière que la province pourrait - en réponse aux taxes - couper toutes ses exportations d'électricité vers les Etats-Unis. Mais rien ne semble indiquer jusqu'ici que Donald Trump pourrait changer sa position.
Un autre ministre, celui du Logement, Sean Fraser, a également quitté le navire lundi pour « raisons familiales ». « Ça ne peut plus durer », a réagi Pierre Poilievre, le chef des conservateurs, lors d'une conférence de presse. « Justin Trudeau a perdu le contrôle, mais il s'accroche au pouvoir. » Le Premier ministre, qui a annoncé son intention de se représenter dans les mois qui viennent, est déjà très affaibli par plusieurs récents revers politiques.
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« Cela place le gouvernement dans un état de choc et de panique », dit-elle à l'AFP. « Je pense qu'il est beaucoup plus difficile pour Justin Trudeau de rester Premier ministre, car il perd une certaine légitimité ». Les prochaines législatives doivent avoir lieu au plus tard le 20 octobre 2025, mais beaucoup d'analystes estiment que le gouvernement a peu de chances de tenir jusque-là ce qui déclencherait des élections anticipées.
(Avec AFP)
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