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ÉconomieInternational

La moitié des clients de Gazprom a ouvert un compte en roubles pour payer le gaz russe

latribune.fr

Publié le 19 mai 2022 à 14:33 - Mis à jour le 19 mai 2022 à 14:34

Grtgaz appelle a remplir les stockages souterrains de gaz

Le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak a indiqué qu'il aurait la liste définitive des entreprises qui ont payé en roubles et celles qui ont refusé de payer dans les prochains jours.

THOMAS PETER

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Sur la cinquantaine d'entreprises étrangères ayant un contrat de fourniture de gaz avec le géant russe Gazprom, environ la moitié s'est dotée d'un compte en roubles. La Russie impose en effet le paiement de ses exportations de gaz dans sa monnaie. Les pays qui s'y opposent risquent la coupure, comme la Pologne et la Finlande l'ont vécu fin avril. Si la Finlande a elle aussi manifesté son refus, l'Italie a indiqué s'y plier et l'Allemagne entretient le flou.

C'est une information qui a sûrement vocation à jeter de l'huile sur le feu. Environ la moitié des entreprises étrangères qui ont conclu un contrat de fourniture de gaz avec Gazprom ont ouvert un compte en roubles auprès de Gazprombank pour honorer leurs paiements, a indiqué ce jeudi 19 mai le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak, cité par Ria Novosti.

« Selon mes chiffres, environ la moitié ont déjà ouvert dans notre banque des comptes spéciaux - en devises et en roubles - pour permettre le virement en devises, leur conversion en roubles et le paiement du gaz fourni en roubles »,a-t-il précisé, indiquant que« 54 entreprises »sont liées par un contrat avec Gazprom Export. Et d'ajouter :« Dans les prochains jours, nous aurons la liste définitive de ceux qui ont payé en roubles et ceux qui ont refusé de payer ».

En réponse au gel de quelque 300 milliards de dollars de réserves en devises dont la Russie disposait à l'étranger, le Kremlin a promulgué un décret introduisant à partir d'avril une nouvelle procédure de paiement du gaz en deux phases, avec d'abord un versement sur un compte de Gazprombank en euros ou dollars, puis la conversion en roubles sur un second compte ouvert auprès du même établissement.

Lire aussi 8 mnREPowerEU : le plan à 300 milliards de Bruxelles pour se défaire à toute vitesse du gaz russe

L'Italie se plie aux exigences de Moscou, l'Allemagne reste floue

Bruxelles a jugé à plusieurs reprises qu'un tel mécanisme de conversion en roubles représentait un contournement des sanctions de l'UE. Pour autant, plusieurs États membres soucieux de maintenir leurs approvisionnements ont cédé aux exigences de Moscou. Le géant énergétique italien Eni, contrôlé à 30,3% par l'État, a annoncé mardi son intention d'ouvrir un compte en euros et un autre en roubles auprès de Gazprombank afin d'honorer ses paiements de fourniture de gaz russe dus « dans les prochains jours ».

« L'obligation de paiement peut être remplie par le transfert d'euros »et la nouvelle procédure« ne devrait pas être incompatible avec les sanctions existantes »à l'égard de Moscou imposées par la Commission européenne, assure Eni dans un communiqué.

Lire aussi 5 mnPaiement du gaz russe en roubles : le géant italien Eni se plie aux exigences de Poutine

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L'Italie est très dépendante du gaz russe car elle importe 95% du gaz qu'elle consomme, dont environ 40% provenaient de la Russie en 2021. Le pays devrait toutefois « devenir indépendant du gaz russe au second semestre 2024 », grâce à ses efforts visant à diversifier ses approvisionnements, a estimé ce jeudi 19 mai le chef du gouvernement Mario Draghi. «Nous avons agi rapidement pour réduire la part de gaz naturel que nous importons de Russie » et « les premiers effets » de cette politique « se ressentiront dès la fin de l'année 2022 », a-t-il déclaré devant les sénateurs.

Également très dépendante du gaz russe, l'Allemagne assure vouloir se conformer aux recommandations de l'UE, mais Berlin reste flou sur l'éventuelle ouverture de comptes en roubles au nom des entreprises allemandes chez Gazprombank.

« Les entreprises paieront leurs prochaines factures en euros », a assuré lundi le ministre allemand de l'Économie Robert Habeck, sans toutefois préciser si des comptes en roubles pourraient être ouverts. Le mécanisme sera en tout cas « conforme aux sanctions », selon le ministre.

Lire aussi 4 mnGaz russe : première baisse des livraisons vers l'Europe via l'Ukraine (forte chute vers l'Allemagne)

La Finlande craint la coupure

Peu après, la Finlande, candidate à l'entrée dans l'Otan, a indiqué redouter une coupure du gaz russe en raison de son refus de payer Gazprom en roubles, à l'instar de ce qui est déjà arrivé à la Pologne et à la Bulgarie. Gasum, l'entreprise chargée des importations de gaz en Finlande, « n'accepte pas l'exigence de Gazprom Export de basculer à un paiement en roubles et ne fera en conséquence pas de paiement en roubles », a annoncé le groupe dans un communiqué.

L'annonce, qui coïncide avec celle de la candidature finlandaise à l'Otan, intervient quelques jours après la suspension des exportations russes d'électricité vers la Finlande, du fait de problèmes d'impayés. Si le gaz ne représente que 8% de l'énergie consommée en Finlande, une majorité du gaz utilisé dans le pays nordique provient de Russie.

Gasum, qui indique avoir porté le litige devant une cour d'arbitrage, considère qu'il y a un « risque accru » d'interruption de l'approvisionnement prévu au contrat « et en conséquence que l'importation de gaz naturel depuis la Russie vers la Finlande s'arrête ».

Lire aussi 4 mnAdhésion de la Finlande et de la Suède à l'Otan : "une grave erreur supplémentaire", selon Moscou

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La Russie veut couper l'Ukraine de sa centrale nucléaire de Zaporijjia

La Russie veut couper l'Ukraine de sa centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, occupée par l'armée russe, sauf si Kiev paye Moscou pour l'électricité produite, a indiqué un vice-Premier ministre russe, Marat Khousnoulline. Cette déclaration rejoint celle d'autres responsables russes ces dernières semaines qui laissent entendre que la Russie prépare une occupation durable voire une annexion des zones du sud de l'Ukraine qu'elle contrôle, la région de Kherson et une importante partie de celle de Zaporijjia.

"Si le système énergétique de l'Ukraine est prêt à prendre et payer, alors (la centrale) pourra tourner pour l'Ukraine. Si (l'Ukraine) n'accepte pas, alors (la centrale) tournera pour la Russie", a déclaré Marat  Khousnoulline, lors d'un déplacement mercredi sur le site de l'installation nucléaire, cité par les agences russes.

"Nous avons une grande expérience des centrales nucléaires, nous avons des entreprises en Russie qui ont cette expérience, il n'y a aucun doute que (celle de Zaporijjia) continuera de travailler", a-t-il dit. L'agence nucléaire ukrainienne Energoatom assurait jeudi matin que la centrale approvisionnait toujours l'Ukraine en électricité.

Les Russes "n'ont pas la capacité technique de fournir de depuis la centrale nucléaire de Zaporijjia", a déclaré à l'AFP un porte-parole, Leonid Oliynyk. "Cela requiert du temps et de l'argent. C'est comme construire un pont en Crimée. Et dans un mois ou deux, nous reprendrons tout sous contrôle ukrainien", a-t-il poursuivi.

Selon le porte-parole, "personne ne va rien leur acheter non plus".

Il a par ailleurs assuré que les Russes n'avaient pas la capacité de couper l'électricité aux régions de l'Ukraine n'étant pas sous contrôle russe. "Tous les équipements nécessaires sont sous contrôle ukrainien", a-t-il affirmé.

En 2021, soit avant l'offensive russe contre l'Ukraine lancée le 24 février 2022, la centrale représentait 20% de la production annuelle ukrainienne d'électricité et 47% de celle produite par le parc nucléaire ukrainien. Les forces de Moscou ont pris le contrôle début mars de cette centrale située dans la ville d'Energodar, dans le sud de l'Ukraine, séparée par les eaux du Dniepr de la capitale régionale Zaporijjia, toujours elle sous contrôle ukrainien. Les affrontements qui s'y sont déroulés dans les premiers jours du conflit ont laissé craindre une possible catastrophe nucléaire dans le pays où a explosé un réacteur en 1986 à Tchernobyl.

Marat Khousnoulline a en outre affirmé que la Russie était là pour rester, laissant entendre que l'annexion était une option.

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  • Guerre en Ukraine : l'Iran se positionne en fournisseur de gaz de l'Europe

Des responsables russes et les autorités pro-russes mises en place par Moscou ont aussi dit la semaine dernière que la région ukrainienne de Kherson allait très probablement être annexée par la Russie.

latribune.fr

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