La pandémie propulse les besoins humanitaires à des records

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L'appel des Nations unies montre que la Syrie et le Yémen, ravagés par la guerre, sont en tête de liste des pays qui ont le plus besoin d'aide humanitaire.
L'appel des Nations unies montre que la Syrie et le Yémen, ravagés par la guerre, sont en tête de liste des pays qui ont le plus besoin d'aide humanitaire. (Crédits : Reuters)
L'organisation a lancé, ce mardi, un appel humanitaire record de 35 milliards de dollars afin de surmonter les conséquences de la pandémie de coronavirus. "Le tableau que nous présentons est le plus sombre que nous ayons jamais exposé en matière de besoins humanitaires à venir", a déclaré Mark Lowcock, le responsable des Affaires humanitaires à l'ONU.

L'ONU a lancé ce mardi un appel humanitaire record de 35 milliards de dollars (29 milliards d'euros) pour 2021, la pandémie ayant plongé des centaines de millions de personnes dans la pauvreté et des famines se profilant.

Lire aussi : La pandémie de coronavirus fait peser un risque de crise alimentaire mondiale, alertent l'ONU et l'OMC

Avec le choc de la pandémie de Covid-19, le nombre des personnes ayant besoin d'aide humanitaire dans le monde va atteindre un nouveau record : 235 millions, une augmentation de 40% en un an, selon les plans de réponse humanitaire coordonnés par l'ONU.

Ainsi, si toutes ces personnes vivaient dans un seul pays, ce serait le cinquième plus peuplé du monde.

Les fonds demandés par l'ONU et ses partenaires visent à aider dans 56 pays quelque 160 millions de personnes (sur les 235 millions) parmi les plus vulnérables qui font face à la faim, aux conflits, aux déplacements et aux conséquences du changement climatique et de la pandémie.

Cette année, "l'augmentation est presque entièrement due au Covid-19", qui a fait au moins 1,46 million de morts en près d'un an, a souligné le responsable des Affaires humanitaires à l'ONU Mark Lowcock, en conférence de presse.

"Le tableau que nous présentons est le plus sombre que nous ayons jamais exposé en matière de besoins humanitaires à venir", a-t-il ajouté.

"Voyants au rouge"

La pandémie a bouleversé la vie de tous, dans chaque recoin de la planète, observe l'ONU, notant que "ceux qui vivaient déjà sur le fil du rasoir ont été durement et disproportionnellement touchés par l'augmentation des prix de la nourriture, la chute des revenus, l'interruption des programmes de vaccination et la fermeture des écoles".

Pour la première fois depuis la fin des années 1990, l'extrême pauvreté a augmenté. L'espérance de vie chute dans le monde et le nombre annuel des morts liées au VIH, à la tuberculose et au paludisme pourrait doubler.

En outre, "de multiples famines se profilent à l'horizon", avertit l'ONU. "Les voyants sont au rouge et les alarmes sonnent", a mis en garde Mark Lowcok.

D'ici à la fin 2020, 270 millions de personnes pourraient souffrir d'insécurité alimentaire aiguë, soit 82% de plus qu'avant la pandémie.

La population au Yémen, au Burkina Faso, au Soudan du Sud et dans le nord-est du Nigeria est au bord de la famine, tandis que d'autres pays et régions, comme l'Afghanistan et le Sahel, sont également "potentiellement très vulnérables", a déclaré M. Lowcok.

"Si nous arrivons à passer l'année 2021 sans famine majeure, ce sera une réussite majeure", a-t-il dit.

"Moments très sombres"

L'appel des Nations unies montre que la Syrie et le Yémen, ravagés par la guerre, sont en tête de liste des pays qui ont le plus besoin d'aide humanitaire.

Lire aussi : Les conflits mondiaux aggravés par la crise économique due au Covid-19, avertit l'ONU

L'ONU demande près de six milliards de dollars pour aider des millions de Syriens dans leur pays et dans le monde et près de 3,5 milliards de dollars pour soutenir environ 20 millions de personnes au Yémen, en proie à la plus grave crise humanitaire sur la planète.

"Le système humanitaire a de nouveau fait ses preuves en 2020, en fournissant nourriture, médicaments, abris, éducation et autres produits essentiels à des dizaines de millions de personnes", a assuré le secrétaire général des Nations unies, António Guterres.

"Mais la crise est loin d'être terminée. Les budgets de l'aide humanitaire sont confrontés à de graves pénuries alors que l'impact de la pandémie mondiale continue de s'aggraver. Ensemble, nous devons mobiliser des ressources et nous montrer solidaires avec les personnes qui vivent des moments très sombres", a-t-il ajouté.

Cette année, les donateurs internationaux ont fourni un financement record de plus de 17 milliards pour la réponse humanitaire collective, sur les 29 milliards demandés en décembre dernier.

Lire aussi : Avec la pandémie, le fléau de la pauvreté avance à grand pas

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Commentaires
a écrit le 01/12/2020 à 18:44 :
Qui va payer les frais :

Parce qu’il y a une quasi-garantie que dans un programme de vaccination majeur, certaines personnes seront blessées ou même tuées par le vaccin, certains pays ont mis en place des fonds publics spéciaux pour indemniser les personnes touchées. L’OMS soutient ce modèle de dommages-intérêts pour les vaccins, financé par les contribuables.
Les États-Unis disposent d’un tel fonds, tout comme de nombreux pays européens, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suède, l’Italie (et la France). Il pourrait être utile de vous informer sur le système approprié dans votre propre pays si vous craignez de prendre le vaccin. Une chose est certaine cependant : en ce qui concerne le Covid-19, les capitaux privés ont décidé qu’ils ne voulaient être concernés en rien par les conséquences à long terme de leurs vaccinations.
a écrit le 01/12/2020 à 13:49 :
Pendant que nous spécialistes d'agriculture, disposant de moyens, de personnel, devrions être la-bas à les aider à s'autoalimenter, il y a toujours moyen de faire quelque chose, ils ne trouvent pas d'autres occupations que de s'entretuer et même tuer ceux qui viennent les aider.
a écrit le 01/12/2020 à 13:11 :
tiens, les gauchistes atterrissent!
c'est les memes qui manifestent en permanence contre la decroissance, non?
ils deevraient etre ravis, pourtant!
ah ben non, euh ils veulent de la decroissance, mais celle ou les gens sont plus riches ( sauf les riches qui doivent devenir pauvres) et en ont plus dans la gamelle, j'avais oublie ( mais attention, pas de l'ultraneocroissanceultracapitaliste, hein, non, un truc respectueux de l'environnement, comme maduro avec les indiens pemons)
a écrit le 01/12/2020 à 9:23 :
On va aller vacciner contre le covid des gens qui meurrent de faim ou de notre pollution ? Tout ceci n'est qu'une gigantesque hypocrisie de plus, les peuples précaires sont bien souvent jeunes risquant beaucoup moins de se prendre le COVID qu'une balle perdue, ce sont nos vieux pays occidentaux gorgés de retraités qui ont peur, tétanisés même pour nombreux, de tout ce qui est bruit, eux encore une fois ils ne demandent rien à personne mais on va quand même leur proposer le pire hein, vu que l'on a acheté tous leurs politiciens ça tombe bien c'est facile.

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