La Russie menace de prendre des « mesures » contre l'Otan, après sa déclaration de soutien à Kiev
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GRIGORY DUKOR
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Moscou hausse le ton. Après la publication d'un texte publié par l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan) réunie en sommet à Washington cette semaine, le Kremlin a annoncé qu'il envisage de prendre des « mesures » contre ses membres.
Ce dernier n'a toutefois pas précisé à quelle échéances ces « mesures » seront prises et de quelle nature elles seront.
Le torchon brûle donc plus que jamais entre le pays dirigé par Vladimir Poutine et l'Alliance créée par les Etats-Unis. « Nous constatons que nos adversaires en Europe et aux États-Unis ne sont pas des partisans du dialogue. Et à en juger par les documents adoptés lors du sommet de l'Otan, ils ne sont pas des partisans de la paix », a asséné Dimitri Peskov à la presse. « L'Alliance est un instrument de confrontation et non de paix et de sécurité », a encore fustigé le porte-parole.
Ces mots font suite à de nombreuses annonces de l'Otan en soutien à Kiev. « Nous comptons dégager une enveloppe de base d'au moins 40 milliards d'euros pour l'année à venir, et maintenir ensuite l'assistance à la sécurité à un niveau soutenable, pour que l'Ukraine l'emporte », ont précisé les 32 pays de l'Otan, dans un texte paru dans la nuit de mercredi à jeudi.
En parallèle de cette promesse de soutien financier, les pays membres de l'Alliance ont fait une série d'annonces sur l'envoi de matériel militaire ces derniers jours. En marge d'un sommet à Washington, ils ont annoncé avoir commencé à envoyer des F-16 aux forces de Kiev. Dans le détail, les Pays-Bas ont promis l'envoi de 24 F-16, la Belgique 30 d'ici à 2028 et le Danemark 19 de ces avions de combat multirôles. Des appareils qui seront vite opérationnels.
En plus de ces avions, l'Otan a aussi confirmé, mardi, l'envoi d'un total de cinq systèmes de défense antiaérienne à l'Ukraine. Parmi ces systèmes de missiles sol-air, quatre sont des batteries Patriot de conception américaine. Ceux-ci sont particulièrement efficaces pour intercepter les missiles balistiques russes. Le cinquième système de défense antiaérienne annoncé mardi est une batterie de SAMP/T, des systèmes de missiles de fabrication franco-italienne, que l'Italie avait déjà dit être prête à livrer.
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Les Alliés se sont également engagés à fournir d'autres Patriot ou systèmes équivalents « cette année », et des « dizaines » de systèmes tactiques de défense antiaérienne, « dans les prochains mois ».
Derrière les critiques de Moscou, se tient une inquiétude majeure : que l'Ukraine rejoigne l'Otan. Il s'agit en effet d'une demande de Kiev depuis plusieurs années. Mais l'Ukraine n'a, jusqu'à présent, reçu que des promesses d'adhésion, sans aucune invitation formelle. Ce refus des Alliés avait été qualifié d'« absurde » par le président ukrainien lors du précédent sommet l'an dernier à Vilnius, qui avait tourné au psychodrame.
Mais, pour Moscou, l'Alliance a fait un pas de plus vers cette demande cette semaine. « Dès le début, nous avons dit que l'expansion de l'Otan en Ukraine constituait une menace inacceptable pour nous (...). Nous observons là que l'Otan adopte un document qui dit que l'Ukraine rejoindra définitivement l'Otan », a déploré Dimitri Peskov.
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La Chine, elle aussi dans le viseur de l'Otan
En plus d'afficher à nouveau son soutien à Kiev et son hostilité à Moscou, l'Otan a pointé du doigt Pékin. L'Alliance doit continuer à faire face à la Russie, mais l'Asie « devrait également être reconnue comme faisant partie des préoccupations de l'Otan », a jugé cette semaine à Washington le ministre suédois des Affaires étrangères, Tobias Billstrom.
Entre cyberattaques, désinformation et « activités hybrides » la Chine reste une menace pour l'Alliance, mais aussi pour la sécurité globale, selon la déclaration commune de l'Otan. Les dirigeants des pays de l'Otan ont ainsi accusé la Chine « d'accroître la menace que la Russie représente pour ses voisins et pour la sécurité euro-atlantique ».
Pékin « ne peut rendre possible la poursuite de la plus grande guerre que l'Europe ait connue dans son histoire récente sans que cela ne nuise à ses intérêts et à sa réputation », ont-ils mis en garde. « La Chine aide de façon décisive la Russie dans sa guerre illégale d'agression contre l'Ukraine », a dénoncé mercredi le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, lors d'une conférence de presse.
(Avec AFP)
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