Le Brésil tente coûte que coûte d'organiser les JO

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Manifestation à Rio contre la vie chère
Manifestation à Rio contre la vie chère (Crédits : Reuters)
L'Etat régional de Rio de Janeiro est prêt à prendre toutes les mesures pour réduire drastiquement des dépenses publiques afin de financer l'organisation des JO cet été

L'Etat régional de Rio de Janeiro, qui connaît une crise budgétaire aiguë, a pris vendredi un décret alarmiste afin de pouvoir financer les JO-2016 et les services publics essentiels, dont il craint un "effondrement" imminent.
 Le décret, qui déclare "l'état de calamité publique", autorise l'Etat à "adopter toutes les mesures exceptionnelles nécessaires à la rationalisation des services publics essentiels, en vue de la réalisation des Jeux olympiques et paralympiques de Rio-2016".

Il permet ainsi "l'adoption de nouvelles propositions destinées à réduire les dépenses" et donc "optimiser la gestion publique", précise l'entité.

Le gouverneur par intérim, Francisco Dornelles (81 ans), explique la prise de ces mesures par "l'importance et l'impact mondial" de ces tournois sportifs pour lesquels "toute déstabilisation institutionnelle impliquerait un risque pour l'image du pays".


L'organisation de ces événements, qui se tiendront pour la première fois en Amérique du Sud (JO du 5 au 21 août et paralympiques du 7 au 18 septembre), a entraîné "de graves difficultés dans la prestation de services publics essentiels et peut même occasionner un effondrement dans la sécurité publique, la santé, l'éducation, la mobilité et la gestion environnementale". Le gouvernement de l'Etat de Rio a prévu pour 2016 un déficit de 19 milliards de reais (4,85 mds EUR), en raison notamment de la chute des prix du pétrole qui ont affecté les royalties qu'il percevait.


Demande d'aide


La situation est "tragique", a récemment déclaré M. Dornelles. "Je n'avais jamais vu rien de tel au Brésil ni dans l'Etat", a dit le gouverneur. "Maintenant, nous devons agir ensemble avec le gouvernement fédéral" pour voir le patrimoine qui peut être privatisé.
 L'Etat régional a ainsi obtenu 989 millions de reais (252 M EUR) de la part de Brasilia pour pouvoir financer la dernière ligne droite des travaux de la nouvelle ligne du métro, qui doit relier la zone chic et touristique d'Ipanema à Barra da Tijuca, le quartier général des Jeux, et qui s'inscrit dans le remodelage logistique de la ville en vue de l'événement planétaire.

Inauguration tardive du métro

Cette ligne 4 a connu de nombreux retards et doit être inaugurée le 1er août en service partiel et réduit, à quelques jours seulement de la cérémonie d'ouverture des JO.

"La situation de Rio est dramatique", a commenté l'économiste Raul Velloso sur le site G1. "Le gouvernement devra choisir entre ceux qu'il paie et ceux qu'il ne paie pas".
 Les enseignants sont ainsi en grève depuis le 2 mars et doivent recevoir leur salaire du mois de mai divisé en plusieurs paiements, tout comme les autres fonctionnaires, ainsi que les retraités pour leur pension.

Le gouvernement de l'Etat a déjà fait une cure d'austérité en supprimant cinq secrétariats et deux programmes sociaux. Les étudiants occupent les écoles depuis des semaines pour protester contre les coupes dans l'éducation.


Crise à tous les étages


L'Etat et la mairie de Rio sont gérés depuis des années par le PMDB, parti de centre droit du président par intérim Michel Temer, et qui est au coeur des accusations dans le gigantesque scandale de corruption Petrobras

 Le Brésil en général connaît une récession économique historique. En 2015, le PIB national a chuté de 3,8%, avec parallèlement une inflation à deux chiffres. En 2016, le chômage a atteint un niveau record de 11,2% de la population active. Les prévisions pour 2016 font état d'une récession de 3,6% pour le géant d'Amérique latine, qui s'achemine vers sa pire séquence économique depuis 80 ans.

Le Brésil est également en pleine tourmente politique. La présidente de gauche Dilma Rousseff a été suspendue de ses fonctions le 12 mai dans le cadre d'une procédure en destitution, en attendant son jugement par le Sénat pour manoeuvres budgétaires, qui pourrait se tenir en août, en plein JO.

Son vice-président Michel Temer, qu'elle accuse d'avoir ourdi un "coup d'Etat" parlementaire, l'a remplacée et a formé un nouveau gouvernement, orienté à droite. Trois ministres ont déjà dû le quitter dans le cadre de l'affaire Petrobras.

AFP

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Commentaires
a écrit le 19/06/2016 à 23:15 :
Avec la déforestation grandissante et des peuplades qui ne demandaient qu'à vivre tranquillement, le Brésil est en train de faire ce qui s'est passé avec les indiens d'Amerique
C'est une honte pour l'humanité de ne pas réagir
a écrit le 18/06/2016 à 19:21 :
Photo de Sao Paulo, pas de Rio !!!
a écrit le 18/06/2016 à 18:35 :
Cela fait des années que les brésiliens protestent contre ces JO et la coupe du monde parce que toutes les ressources sont gaspillées pour des stades alors que les besoins fondamentaux de la population ne sont pas assouvis. Non seulement ca leur a couté une crise politique, mais en plus c'est en train de couler leur économie !

Faut arrêter de mettre des fortunes pour des foutaises. L'Euro2016 va nous couter près de 2 milliards en argent public rien qu'en bétonnage, si on ajoute le surcoût du maintien de l'ordre et des dégradations, ça m'étonnerait qu'on compense ça en nuits d'hôtel et en verres de limonade.

Je n'ai rien contre le foot mais il y a des priorités.
a écrit le 18/06/2016 à 18:28 :
encore une fois le peuple va subir l'excès d'égo des dirigeants ; l'argent public au lieu d'aller aux services dus à la population ira dans des poches plus ou moins bien intentionnées , quand on n'a pas les moyens on s'abstient ! les jeux olympiques ne sont pas essentiels aux brésiliens ( ni aux français en 2025 )
a écrit le 18/06/2016 à 13:07 :
C'est sans doute ce qui se passera si Paris est désignée pour l'organisation des JO de 2024. Des milliards de dettes supplémentaires pour une ville et un état déjà surendettés. Le tout pour flatter l'égo de quelques politicards.
a écrit le 18/06/2016 à 12:23 :
Mettre une photo de São Paulo avec une légende "Manifestation à Rio contre la vie chère"...Bien joué La Tribune! La vérification n'était pourtant pas compliquée... (n'importe qui ayant déjà mit les pieds au Brésil vous dira qu'il s'agit de l'Avenue Paulista, la principale artère de São Paulo...).
a écrit le 18/06/2016 à 12:00 :
JO = Corruption, dopage...Les vraies valeurs du sport... Pas plus que l'Euro de foot ou le Tour de France je suivrai les compétitions. Le "sport" de "haut niveau": Beurk.

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