Israël a annoncé jeudi l'envoi d'une délégation au Qatar pour négocier un accord sur Gaza impliquant une libération des otages, le Hamas se disant ouvert à des pourparlers sur un cessez-le-feu.
Vers un cessez-le-feu à Gaza ? Alors qu'Israël s'apprête à envoyer une délégation au Qatar pour négocier un accord, le Hamas s'est dit ouvert jeudi, au Caire, à des pourparlers. Une seule trêve négociée par les pays médiateurs - Egypte, Qatar, Etats-Unis -, avait permis la libération de 105 otages en échange de 240 prisonniers palestiniens en novembre 2023. Depuis, toutes les discussions pour faire libérer les otages encore détenus à Gaza ont échoué.
Au Qatar, le responsable du Mossad, David Barnea, selon son bureau doit rencontrer dimanche le chef de la CIA Bill Burns et le Premier ministre qatari pour discuter des « différentes options pour reprendre les négociations sur la libération des otages », d'après la même source.
Le numéro un du Mossad s'est déjà entretenu avec de hauts responsables égyptiens dans le cadre des efforts pour un« retour des négociations et pour un cessez-le-feu », a rapporté la chaîne Al Qahera News, proche des renseignements égyptiens.
Les nouvelles négociations interviennent après la mort du chef du Hamas Yahya Sinouar, tué par Israël le 16 octobre dans le sud de Gaza, et alors qu'Israël est soumis à des pressions pour mettre fin à sa guerre contre le Hamas à Gaza et le Hezbollah au Liban, deux mouvements soutenus par l'Iran, son ennemi juré.
Le Hamas ne transige pas sur ses conditions
L'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.206 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur les données officielles israéliennes, incluant les otages tués ou morts en captivité. Sur les 251 personnes alors enlevées, 97 restent otages à Gaza, dont 34 ont été déclarées mortes par l'armée. En représailles, Israël a juré d'anéantir le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, et lancé une offensive qui a tué au moins 42.847 Palestiniens, majoritairement des civils, d'après les données du Hamas, jugées fiables par l'ONU.
Au sommet des Brics en Russie, le président palestinien Mahmoud Abbas a accusé Israël de vouloir « vider le territoire (de Gaza) de sa population, particulièrement maintenant dans le nord », où selon Israël le Hamas regroupe ses forces.
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Au Caire, le Hamas « s'est montré prêt à un arrêt des hostilités » mais a exigé d'Israël un « engagement à un cessez-le-feu », un « retrait de la bande de Gaza » et un « accord sérieux pour un échange » des otages israéliens enlevés le 7 octobre et retenus à Gaza contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un responsable du mouvement. Ces conditions, présentées lors de précédentes négociations indirectes, avaient été rejetées par Israël.
Sur l'autre front, Israël poursuit son offensive au Liban : de nouvelles frappes ont visé la banlieue sud de Beyrouth dans la nuit de jeudi à vendredi, et trois journalistes sont morts dans un raid israélien à Hasbaya, dans le sud-est du pays, d'après l'agence de presse libanaise Ani.
Revenant de sa 11e tournée au Moyen-Orient, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken doit rencontrer le Premier ministre libanais Najib Mikati ce vendredi à Londres, où il est arrivé jeudi soir. Lors de sa tournée, il a insisté pour que les civils libanais soient épargnés mais sans réclamer de cessez-le-feu immédiat d'Israël.