Hassan Nasrallah, la fin de l’ennemi juré d’Israël
Antoine Malo
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Des membres du Hezbollah portant un portrait de Nasrallah, le 17 juillet.
LTD/KHALED DESOUKI/AFP
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Des membres du Hezbollah portant un portrait de Nasrallah, le 17 juillet.
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Il y a seulement dix jours, dans ce qui restera comme son dernier discours, il avait promis « l'enfer » à son ennemi de toujours, Israël. Auréolé d'un statut peu égalé au Moyen-Orient, adulé par ses partisans, Hassan Nasrallah était encore persuadé qu'il pouvait tenir tête à l'État hébreu, comme il l'avait fait lors de la guerre de 2006. Sans doute était-il aussi convaincu que jamais Tsahal ne pourrait l'atteindre. Depuis des années, par crainte d'être assassiné, le leader du Hezbollah avait cessé d'apparaître en public et ne délivrait plus que des discours par vidéo. Il menait une vie souterraine, passant de bunkers en tunnels. C'est dans les soubassements d'un immeuble du sud de Beyrouth, le fief du Parti de Dieu dans la capitale, que le secrétaire général du Hezbollah a vraisemblablement vécu, à 64 ans, ses derniers instants vendredi soir.
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La guerre coulait dans les veines du leader chiite. Aîné d'une famille de neuf enfants, il a grandi à Bourj Hammoud, dans la banlieue est de Beyrouth, où son père tenait une petite épicerie. Il a seulement 15 ans quand la guerre civile libanaise éclate. La famille est contrainte de fuir dans un village près de Tyr, dans le sud du pays. Là, Nasrallah s'éveille religieusement, en fréquentant les clercs chiites proches des révolutionnaires iraniens. L'éveil est aussi politique. Très vite, il s'engage dans la milice Amal, qui défend les intérêts d'une communauté chiite laissée-pour-compte. En 1982, alors que les Israéliens envahissent le Liban, il fait scission et rejoint ce qui deviendra le Hezbollah. Le mouvement qui nie l'existence d'Israël reçoit le soutien de la République islamique d'Iran et fait très vite parler le sang. En 1983, deux attentats simultanés tuent 241 marines américains et 58 parachutistes français à Beyrouth.
Antoine Malo