Le chef de l'AIEA visite la centrale nucléaire russe de Koursk
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Le directeur de l'AIEA, Rafael Grossi, visite ce mardi la centrale nucléaire russe de Koursk.
LISA LEUTNER
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Le directeur de l'AIEA, Rafael Grossi, visite ce mardi la centrale nucléaire russe de Koursk.
LISA LEUTNER
[Article publié le mardi 27 août 2024 à 11h14, mis à jour à 15h30] Il était attendu. Rafael Grossi, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) visite ce mardi la centrale nucléaire russe de Koursk. Peu après son arrivée sur place, le haut cadre na pas tardé à alerter sur la dangerosité de la situation : « Une centrale nucléaire de ce type si proche du point de contact ou d'un front militaire est un fait extrêmement grave ».
Il va poursuivre sa visite avec cet objectif clair : « Evaluer de façon indépendante ce qui se passe. ». Car « la sécurité de toutes les centrales nucléaires est une question centrale et fondamentale pour l'AIEA. »
Cette venue du directeur de l'AIEA est rendue nécessaire par l'attaque d'ampleur menée par l'Ukraine depuis le 6 août dans la région de Koursk, et qui a surpris l'armée russe. Selon Kiev, l'armée ukrainienne s'est emparée de 82 localités et de 1.150 kilomètres carrés. Depuis le début de l'offensive, les troupes de Kiev assurent continuer à avancer en territoire russe, tandis que celles de Moscou rapportent progresser dans l'Est de l'Ukraine.
Bâtie à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de la ville de Koursk, capitale régionale où résident environ 440.000 personnes, la centrale dispose de six réacteurs, dont deux en cours de construction. Sur les quatre autres, deux sont à l'arrêt et deux sont entièrement opérationnels. Ils sont du même type que ceux de Tchernobyl, en Ukraine, sans dôme de protection.
La semaine dernière, le président russe, Vladimir Poutine n'a pas hésité à accuser l'Ukraine d'avoir tenté de frapper la centrale nucléaire. « L'ennemi a essayé de frapper la centrale nucléaire pendant la nuit », a-t-il affirmé.
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De son côté, l'AIEA dit avoir été informée par la Russie de la découverte de fragments de drones à une centaine de mètres d'une infrastructure de stockage de combustible usagé de la centrale de Koursk. Déjà en 2023, l'administration de la centrale de Koursk avait affirmé que celle-ci avait été la cible de trois drones ukrainiens, qui n'avaient toutefois fait ni victimes ni dégâts.
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Pour Robert Kelley, ancien directeur des inspections à l'AIEA, « la possibilité d'un incident de type Tchernobyl avec un réacteur qui explose et brûle pendant des jours est de zéro ». Selon Tariq Rauf, un ancien fonctionnaire de l'AIEA, ces types de réacteurs ont depuis lors fait l'objet d'« améliorations significatives en matière de sécurité ». La situation reste toutefois dangereuse, nuance cependant l'ancien directeur de l'AIEA. Une frappe pourrait, par exemple, toucher les infrastructures de stockage de carburant usagé, ce qui libérerait des gaz et particules radioactifs.
Depuis le début de l'offensive russe en Ukraine il y a deux ans et demi, l'agence met régulièrement en garde contre le risque d'accident nucléaire dû aux combats à proximité de centrales. L'attention et l'inquiétude se concentraient jusqu'à présent sur la centrale de Zaporijjia, dans le sud de l'Ukraine, dont les troupes russes se sont emparées en mars 2022. Après le début de l'offensive ukrainienne dans la région de Koursk, l'AIEA avait appelé à « la plus grande retenue » pour éviter un « accident nucléaire aux potentielles conséquences radiologiques désastreuses ».
L'accident nucléaire de Tchernobyl en 1986, considéré comme le pire de l'Histoire, a contaminé de vastes zones surtout en Ukraine, au Bélarus et en Russie. Une grande partie du reste de l'Europe a également subi des retombées radioactives.
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Depuis la signature en 1968 du traité de non-prolifération nucléaire et la fin de la Guerre froide, la pression s'accentue aux quatre coins du globe en matière d'armement nucléaire. Les risques croissants de prolifération découlent d'un « environnement dans lequel la concurrence géopolitique entre les grandes puissances est plus intense », a déclaré Nicholas Miller, professeur adjoint au Dartmouth College au Financial Times.
Parmi les pays qui inquiètent le plus la communauté internationale, et notamment l'ONU, l'Iran figure tout en haut de la liste. « De nombreuses déclarations de responsables iraniens ont été faites l'année dernière, évoquant l'acquisition, ou la possibilité d'acquérir (des armes nucléaires, ndlr) », ajoute Nicholas Miller. Et ce, même si les responsables iraniens réfutent régulièrement les accusations selon lesquelles le pays chercherait à mettre sur pied des bombes nucléaires à usage militaire.
(Avec AFP)
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