Le G20 finances se penche sur la relance et la dette des pays pauvres

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(Crédits : SIMON DAWSON)
Les ministres des Finances et chefs des banques centrales du G20 ont tenu mercredi une réunion consacrée à la relance de l'économie mondiale plombée par la pandémie de Covid-19 et l'extension du moratoire sur la dette des pays pauvres.

Les discussions virtuelles, présidées par l'Arabie saoudite, interviennent au lendemain de l'actualisation des prévisions du Fonds monétaire international (FMI), qui a annoncé une récession de 4,4% de l'économie mondiale pour 2020 et averti que les répercussions de la crise dureront plusieurs années.

"La reprise est inégale, très incertaine et sujette à des risques élevés", a déclaré à l'ouverture de la réunion le ministre saoudien des Finances Mohammed al-Jadaan.

"La pandémie a considérablement perturbé la croissance mondiale et exacerbé les problèmes structurels préexistants, en particulier pour les pays à faible revenu", a-t-il ajouté.

Il a dit que le G20 était prêt à discuter de "la suspension du service de la dette (des pays pauvres) et de sa prolongation jusqu'en 2021".

Les vingt premières économies mondiales avaient promis en avril une suspension pour 2020 du service de la dette des pays pauvres, particulièrement touchés par la crise.

La Banque mondiale, des organisations internationales et des militants ont appelé à prolonger cette mesure en 2021, voire en 2022 pour l'ONG Oxfam. Le président de la Banque mondiale David Malpass a averti lundi que les pays du G20 pourraient ne renouveler ce moratoire que pour six mois supplémentaires car "certains des plus grands créanciers (...) ne participent toujours pas" à l'effort pour aider les nations les plus en difficulté face à la pandémie, citant des pays comme la Chine ou encore des créanciers privés.

A ce jour, 46 des 73 pays les plus pauvres ont demandé à bénéficier de cette initiative, la plupart en Afrique. Mais l'initiative n'a porté que sur "1,66%" des paiements de la dette des pays pauvres cette année, a déploré le Réseau européen sur la dette et le développement (Eurodad), selon lequel "elle a eu un impact très limité en raison de la réticence des prêteurs privés et multilatéraux à y participer".

"Calamité"

"C'est comme vider le Titanic avec un seau", a écrit ce réseau dans un rapport.

Le G20 a été fortement critiqué par des ONG internationales, des militants mais aussi des responsables politiques pour son action insuffisante selon eux envers les pays pauvres. Cette réunion du G20 intervient alors que l'épidémie continue de progresser et de mettre à mal les économies, entraînant entre autres des fermetures d'entreprises et des hausses spectaculaires du taux de chômage.

L'injection massive par les gouvernements de liquidités dans leur économie a relativement limité la récession au niveau mondial mais la résurgence du virus rend très incertaines les perspectives, a affirmé le FMI.

La récession a été moins grave que prévu mais reste toujours profonde et "la sortie de cette calamité sera probablement longue, inégale et très incertaine", a déclaré Gita Gopinath, économiste en chef du FMI.

Selon la Banque mondiale, la dette des 73 pays les plus pauvres a augmenté de 9,5% en 2019, atteignant un record de 744 milliards de dollars (environ 632 milliards d'euros), ce qui démontre "un besoin urgent de collaboration entre créanciers et emprunteurs pour éviter le risque croissant de crise de la dette souveraine" dans plusieurs pays.

La dette envers les créanciers gouvernementaux, dont la plupart sont des États du G20, a atteint 178 milliards de dollars (151 milliards d'euros) l'année dernière, selon la même source.

Le mois dernier, les ministres des Finances du G7 ont déclaré qu'ils "restaient attachés" à la suspension du service de la dette, tout en demandant une nouvelle fois aux créanciers privés de mettre en œuvre ce plan. Mais M. Malpass a dénoncé le manque de participation des créanciers du secteur privé, tout en ajoutant que les pays les plus riches ne remplissent pas totalement leurs engagements.

Les discussions de mercredi ont également porté sur les moyens de parvenir à un consensus sur un système mondial de taxation pour l'ère numérique, ont déclaré les organisateurs.

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