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Le programme nucléaire de l'Iran génère de fortes inquiétudes (AIEA)

latribune.fr

Publié le 27 février 2024 à 14:26 - Mis à jour le 27 février 2024 à 14:26

Raphaël Grossi, directeur général de l'AIEA, appelle Téhéran à « coopérer pleinement », alors que les relations entre les deux parties n'ont cessé de se dégrader ces derniers mois.

Raphaël Grossi, directeur général de l'AIEA, appelle Téhéran à « coopérer pleinement », alors que les relations entre les deux parties n'ont cessé de se dégrader ces derniers mois.

VALENTYN OGIRENKO

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), chargée de vérifier le caractère pacifique du programme nucléaire iranien, a fait part de ses inquiétudes grandissantes, dans un rapport confidentiel.

La République islamique d'Iran est-elle en passe de se doter de la bombe atomique ? Rafael Grossi, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dans un rapport confidentiel consulté lundi par l'AFP, évoque des « déclarations publiques en Iran sur les capacités techniques de production d'armes nucléaires, ce qui renforce les inquiétudes ». Dans ce contexte, il appelle une nouvelle fois Téhéran à « coopérer pleinement », ce qui paraît mal engagé au regard des relations entre les deux parties, qui n'ont cessé de se dégrader ces derniers mois.

Si l'Iran nie vouloir se doter de la bombe, certains dans la classe politique se livrent à des propos alarmants, a expliqué une source diplomatique. Parallèlement, le pays poursuit son escalade : il dispose désormais de suffisamment de matière pour fabriquer plusieurs bombes atomiques. Selon un document publié à une semaine d'une réunion du Conseil des gouverneurs au siège viennois, les stocks s'élevaient à 5.525,5 kg à la date du 10 février (contre 4.486,8 kg fin octobre).

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Ce chiffre représente 27 fois la limite autorisée par l'accord international de 2015, encadrant les activités atomiques de Téhéran, en échange d'une levée des sanctions internationales. L'Iran s'est affranchi progressivement des engagements pris dans le cadre de ce pacte connu sous l'acronyme JCPOA, en réaction au retrait des Etats-Unis décidé en 2018 par le président d'alors, Donald Trump. Des discussions menées à Vienne, siège de l'AIEA, pour le ranimer ont échoué à l'été 2022.

La république islamique a largement dépassé le plafond fixé à 3,67% équivalant à ce qui est utilisé dans les centrales nucléaires pour la production d'électricité. Le pays dispose de 712,2 kg (contre 567,1 kg auparavant) de matière enrichie à 20% et de 121,5 kilos à 60% (contre 128,3 kg). Dans le cas du seuil de 60%, proche des 90% nécessaires pour fabriquer une arme atomique, Téhéran a cependant ralenti la production, après une accélération en fin d'année.

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Rafael Grossi a par ailleurs « vivement regretté » le fait que l'Iran ne soit pas revenu sur sa décision de bannir plusieurs de ses inspecteurs. Ils sont huit à être concernés, de nationalité française et allemande, d'après une autre source diplomatique. Ce geste « sans précédent », annoncé en septembre, a « directement et gravement affecté » la capacité à contrôler le programme nucléaire iranien, a déploré à plusieurs reprises l'instance onusienne.

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« Le tableau d'ensemble demeure très sombre »

L'Iran a restreint « d'une manière sans précédent » sa coopération, d'après le directeur général de l'AIEA, qui dénonce une « prise en otage ». Face à ces critiques, le gouvernement iranien avait annoncé la semaine dernière avoir invité Raphael Grossi à venir à Téhéran en mai, à l'occasion d'une conférence internationale sur l'énergie.

«Nous avons invité M. Grossi à prononcer un discours lors de la conférence internationale sur l'énergie nucléaire» qui se tiendra du 6 au 8 mai en Iran, a annoncé le président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Mohammad Eslami.

L'AIEA apparaît d'autant plus impuissante que les Occidentaux préfèrent, eux aussi, calmer le jeu dans le contexte géopolitique actuel, soucieux d'éviter un embrasement au Proche-Orient. En effet, les Conseils de gouverneurs de l'AIEA s'enchaînent et se contentent de simples déclarations pour condamner le manque de coopération de l'Iran.

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Aucune résolution n'a été présentée depuis novembre 2022 même si des limites ont régulièrement été franchies. Lundi, les Etats-Unis se sont dits « extrêmement préoccupés par l'expansion continue du programme nucléaire de l'Iran, sans aucune justification civile crédible », selon le porte-parole de la diplomatie Matthew Miller. « Le tableau d'ensemble demeure très sombre », renchérit à l'AFP, Eric Brewer, de l'institut de recherches américain Nuclear Threat Initiative (NTI). Et « aucune voie diplomatique ne semble être en mesure de stopper l'escalade dans un avenir proche » .

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Les législatives devraient renforcer les conservateurs au pouvoir

L'Iran est entré jeudi dernier dans une courte campagne pour les législatives du 1er mars, qui devraient renforcer les conservateurs au pouvoir, plus d'un an après le vaste mouvement de contestation ayant secoué le pays fin 2022. Les Iraniens sont appelés à élire en un tour les 290 membres du Parlement (Majlis) pour les quatre prochaines années.

Ils doivent aussi choisir pour huit ans les 88 membres de l'Assemblée des experts, chargée de nommer et éventuellement de démettre le Guide suprême. En l'absence de suspens sur le maintien aux commandes de l'actuelle majorité, cette élection sera surtout scrutée sur le niveau de participation des 61 millions d'électeurs appelés aux urnes. Les experts n'excluent pas que l'abstention atteigne son plus haut niveau depuis l'avènement de la République islamique il y a 45 ans.

Lors des précédentes législatives de 2020, 42,57% des électeurs s'étaient déplacés dans les bureaux de vote, souvent des écoles ou des mosquées, selon les chiffres officiels. L'un des rares sondages publiés ces dernières semaines, mené par la télévision d'Etat, a montré que plus de la moitié des Iraniens restaient indifférents à ce scrutin. Les opposants en Iran et de la diaspora appellent depuis des semaines à un boycott, présentant toute participation comme un signe de compromis avec le système. Après des mois d'examen, un nombre record de 15.200 candidats ont été approuvés pour les législatives par le Conseil des gardiens de la Constitution.

(Avec AFP)

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