Le projet de loi anti-Opep refait surface au Congrès américain

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Proposé pour la première fois en 2000, le projet de loi NOPEC réapparaît depuis par intermittence au Congrès américain malgré l'opposition de la Chambre américaine de commerce et de la fédération du secteur pétrolier API. Il n'a toutefois jamais été adopté.
Proposé pour la première fois en 2000, le projet de loi NOPEC réapparaît depuis par intermittence au Congrès américain malgré l'opposition de la Chambre américaine de commerce et de la fédération du secteur pétrolier API. Il n'a toutefois jamais été adopté. (Crédits : Reuters)
Aux États-Unis, des parlementaires ont récemment remis sur la table un projet de loi visant à empêcher l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) d'influencer les cours de l'or noir mais risquant aussi de provoquer de forts remous géopolitiques et financiers.

Le projet de loi baptisé "No Oil Producing and Exporting Cartels Act of 2019" ou NOPEC a été déposé la semaine dernière à la fois devant la Chambre des représentants et devant le Sénat américain. Cette loi, si elle était adoptée, permettrait aux autorités américaines de poursuivre tout groupe de pays s'accordant pour influencer les prix du pétrole en ajustant leur production. L'idée est d'abaisser in fine le prix de l'essence à la pompe. Pour l'heure, aucune date n'a été fixée pour son examen en séance plénière.

L'Opep, et son chef de file l'Arabie saoudite, sont directement visés. Le cartel a notamment décidé fin 2016, en association avec plusieurs pays partenaires dont la Russie, de s'imposer des quotas pour tenter de redresser les cours de l'or noir.

Un moyen de pression

Proposé pour la première fois en 2000, le projet de loi NOPEC réapparaît depuis par intermittence au Congrès américain malgré l'opposition de la Chambre américaine de commerce et de la fédération du secteur pétrolier API. Il n'a toutefois jamais été adopté. Les présidents républicain George W. Bush et démocrate Barack Obama avaient toujours averti qu'ils y mettraient leur veto.

Le projet de loi apporte à l'administration américaine « un moyen de pression important si les prix devaient grimper », estimaient récemment dans une note les analystes de Barclays.

Il pourrait aussi fournir « des options législatives pouvant être considérées comme des sanctions au regard du meurtre (du journaliste saoudien Jamal) Khashoggi, des tensions entre la Russie et l'Ukraine et des arrangements que l'Opep et ses partenaires pourraient envisager le mois prochain à Bakou », relevaient-ils.

Le cartel et ses partenaires doivent discuter en Azerbaïdjan d'éventuels ajustements à l'accord les liant. Donald Trump appelle régulièrement l'Opep, parfois vertement, à ouvrir plus grand les vannes.

Un contrecoup risqué sur les marchés

Si le texte devait être adopté, le cartel - Arabie saoudite en tête -, « n'aurait alors plus aucun intérêt à se réserver une marge de manœuvre en cas de troubles », souligne James Williams de WTRG Economics.

L'Opep maintient en effet depuis plusieurs décennies de quoi augmenter rapidement sa production pour pouvoir maintenir l'offre d'or noir sur le marché mondial, et Ryad est plusieurs fois monté au créneau pour éviter une flambée des prix, au moment des guerres en Irak ou des combats en Libye par exemple. Mais c'est coûteux. Or sans ce coussin de sécurité, « les prix fluctueront au moindre pépin », affirme M. Williams.

D'éventuelles répercussions géopolitiques

« Toute loi NOPEC soulève le problème des relations entre les Etats-unis et l'Arabie saoudite », rappelle Harry Tchilinguirian de BNP Paribas. Certes les Etats-Unis, grâce à l'essor du pétrole de schiste, sont désormais moins dépendants des importations de pétrole. Mais Ryad reste « la pierre angulaire de la politique étrangère de Donald Trump au Moyen-Orient, en particulier pour tout ce qui concerne l'Iran », ajoute-t-il. Et le royaume est un important acheteur d'armes américaines.

Par ailleurs, « si les prix du pétrole descendaient trop, les revenus des pays du Moyen-Orient chuteraient d'autant et leur population pourrait de nouveau manifester son mécontentement comme lors du Printemps arabe », remarque M. Williams.

Pour tous ces risques économiques et géopolitiques, l'administration américaine n'aurait pas intérêt, selon lui, à promulguer le texte. Mais, ajoute-t-il, « avec ce président, on n'est jamais certain de rien ».

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Commentaires
a écrit le 12/02/2019 à 19:26 :
Qui a intérêt à voir le Moyen Orient à feu et à sang? Israël qui ne manquera pas au passage d' annexer des territoires qui lui font aujourd'hui cruellement défaut.
Le grand affrontement Russo/Américain et leurs alliés respectifs est pour bientôt...sur fond d'arbitrage Chinois.
Les problèmes avec le pétrole conduisent TOUJOURS à la guerre.
a écrit le 12/02/2019 à 13:05 :
Je ne suis pas convaincu par la conclusion de l'article. Si l'objectif est de faire tomber les monarchies du golf, alors ce serait dans l'intérêt des USA que de vaincre l'OPEP. Ce serait d'autant plus positif pour les USA si cela nuisait aux intérêts Russes. Il est pour mois évident qu'un grand nettoyage sera effectué au moyen orient. La vrai question, c'est "quand ?".
a écrit le 12/02/2019 à 10:26 :
IL serait temps d’arrêter de laisser cette source profonde de crises mondiales à des illuminés, merci pour nous. ET heureusement on voit bien que leur influence s'éffrite continuellement:

"De l’Arabie saoudite aux émirats, les monarchies mirages" https://www.monde-diplomatique.fr/mav/147/

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