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ÉconomieInternational

Chine et Etats-Unis : une volonté commune de « stabiliser » les relations

Photo de Laurent Guena

latribune.fr

Publié le 19 juin 2023 à 13:12 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 19:10

Blinken et Xi Jinping juin 2023

Le secrétaire d'État americain Antony Blinken et le président chinois Xi Jinping se sont rencontrés ce lundi 19 juin.

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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En visite en Chine jusqu’à ce lundi pour apaiser les tensions entre les deux grandes puissances, le secrétaire d’État américain Anthony Blinken a rencontré Wang Yi. Le plus haut responsable du Parti communiste chinois pour la diplomatie lui a indiqué que Chine et États-Unis devaient choisir entre « coopération ou conflit ». Au sujet du point de friction le plus sensible, la question de Taïwan, le responsable chinois a fait savoir que son pays ne fera « aucun compromis ni aucune concession ». Blinken...

[Article publié le dimanche 18 juin 2023 à 16h52, mis à jour le lundi 19 juin 2023 à 15h12] Depuis ce dimanche, et jusqu'à ce lundi, le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, est en visite en Chine dans le but d'amorcer un dégel diplomatique et de maintenir un dialogue pour « gérer de façon responsable la relation sino-américaine », selon le département d'État américain. Les relations bilatérales entre les deux puissances mondiales sont en effet tendues depuis plusieurs mois sur un grand nombre de dossiers.

« Le voyage de monsieur le secrétaire d'État à Pékin intervient à un moment critique dans les relations sino-américaines. Il est nécessaire de faire un choix entre dialogue et confrontation, coopération et conflit »,a indiqué Wang Yi, plus haut responsable du Parti communiste chinois (PCC) pour la diplomatie, qui a la haute main en Chine sur la politique extérieure, d'après la télévision d'État CCTV.

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Washington insiste sur l'importance du FMI et de la Banque mondiale, « contrepoids » aux prêts de la Chine

Rencontre ce lundi avec Xi Jinping

Le secrétaire d'État américain a rencontré ce lundi après-midi le président chinois Xi Jinping. A la suite de cette rencontre, le président a salué les « progrès » et les « terrains d'entente » entre Pékin et Washington, malgré les tensions.

« Les deux parties ont fait des progrès (ce lundi matin) et sont parvenues à des terrains d'entente sur certains points spécifiques », a souligné Xi Jinping sans préciser ces points, qualifiant les avancées de « très bonne chose », selon une vidéo diffusée par la télévision publique CCTV.

« J'espère que par le biais de cette visite, le secrétaire d'Etat Blinken apportera un résultat positif à la stabilisation des relations entre la Chine et les Etats-Unis », a déclaré le président chinois à son interlocuteur.

De son côté, Antony Blinken a assuré que les Etats-Unis et la Chine veulent « stabiliser » leurs relations, se disant toutefois « lucide » sur les profonds désaccords bilatéraux.

« Nous ne nous faisons pas d'illusions sur les défis que représente la gestion de cette relation. Il y a de nombreuses questions sur lesquelles nous sommes en profond - voire véhément - désaccord », a-t-il souligné face à la presse.

Le secrétaire d'Etat américain a également insisté sur l'importance « des contacts directs et d'une communication soutenue au plus haut niveau». Pour Blinken, c'est le « meilleur moyen de gérer les différences de manière responsable et de veiller à ce que la concurrence ne dégénère pas en conflit ».

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Pas d'armes chinoises pour la Russie

À l'issue de cette réunion avec le président chinois, Antony Blinken a déclaré que la Chine avait renouvelé sa promesse de ne pas envoyer d'armes en Russie pour sa guerre en Ukraine. « Nous, ainsi que d'autres pays, avons reçu l'assurance de la part de la Chine qu'elle ne fournit pas et ne fournira pas d'aide létale à la Russie pour une utilisation en Ukraine », a-t-il annoncé devant des journalistes.

Ne pas « enrayer » le développement économique chinois

Blinken a aussi affirmé que les Etats-Unis ne cherchaient pas à « enrayer » le développement économique chinois. Au nom de questions de sécurité, les Etats-Unis ont mis en place plusieurs mesures pour restreindre l'accès des entreprises chinoises à certaines technologies américaines ou compliquer leur fabrication de semi-conducteurs de pointe.

« Aucun compromis » sur Taïwan

Le point de friction le plus sensible reste la question de Taïwan, car Pékin accuse Washington de renforcer ses relations avec l'île revendiquée par la Chine. Antony Blinken a toutefois affirmé lundi devant la presse que les États-Unis ne soutenaient pas l'indépendance de Taïwan. « Dans le même temps, nous sommes, comme beaucoup d'autres, profondément préoccupés par certaines des provocations menées par la Chine ces dernières années, depuis 2016 », dans le détroit de Taïwan, a-t-il ajouté.

Wang Yi avait déjà réaffirmé avec force la position de son pays sur ce dossier, face à ce que Pékin perçoit comme un rapprochement continu ces dernières années entre Washington et les autorités taïwanaises, issues d'un parti pro-indépendance. Or, la Chine estime que Taïwan est l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Et qu'elle doit le faire, par la force si nécessaire.

« Le maintien de l'unité nationale est toujours au cœur des intérêts fondamentaux de la Chine »et« sur cette question, la Chine ne fera aucun compromis ni aucune concession »,a fait savoir Wang Yi à Antony Blinken.

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La Chine maintient sa pression militaire sur Taiwan

Visite prochaine à Washington

Antony Blinken a en tout cas déjà rencontré ce dimanche son homologue chinois Qin Gang, qui dans la hiérarchie chinoise est un cran en dessous de Wang Yi. Les deux hommes se sont entretenus pendant sept heures et demie, davantage que prévu, les deux pays convenant de maintenir la communication entre eux afin d'éviter tout conflit.

Le chef de la diplomatie américaine a d'ailleurs invité Qin Gang et les deux hommes se sont mis d'accord pour « programmer une telle visite à une date qui leur conviendrait mutuellement », à fixer ultérieurement, a déclaré le porte-parole du département d'État, Matt Miller.

Joe Biden minimise l'épisode du ballon « espion »

La visite du chef de la diplomatie américaine était initialement prévue en février, dans le sillage de la rencontre, en novembre dernier, entre le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping, en marge d'un sommet du G20 en Indonésie. Mais elle avait été annulée à la dernière minute. En cause : le survol du territoire américain par un ballon chinois, accusé par Washington d'être un aéronef « espion », tandis que Pékin assurait qu'il s'agissait d'un engin météorologique ayant dévié de sa trajectoire.

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Ballon chinois abattu aux Etats-Unis: que s'est-il passé ?

À l'occasion de la visite de son secrétaire d'État en Chine, Joe Biden a minimisé l'épisode du ballon. « Je ne pense pas que les dirigeants savaient où il se trouvait, ce qu'il contenait et ce qui se passait », a déclaré le président américain samedi à la presse. « Je pense que c'était plus gênant qu'intentionnel ».

Le président américain a dit espérer une nouvelle rencontre avec Xi Jinping « au cours des prochains mois ». Les deux dirigeants devraient assister au prochain sommet du G20 en septembre à New Delhi et Xi Jinping a été invité à venir en novembre à San Francisco pour le sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC).

« Passer d'une rhétorique de colère face aux médias à des discussions plus sobres à huis clos »

À noter enfin que la visite d'Antony Blinken est la première d'un secrétaire d'État américain en Chine depuis le voyage en octobre 2018 de son prédécesseur, Mike Pompeo, qui a été ensuite le maître d'œuvre de la stratégie de confrontation avec Pékin des dernières années de la présidence de Donald Trump. L'administration Biden a depuis maintenu cette ligne dure, allant même plus loin dans certains domaines, notamment via l'imposition de contrôles à l'exportation pour limiter l'achat et la fabrication par Pékin de puces haut de gamme « utilisées dans des applications militaires ».

Pour Danny Russel, ex-haut fonctionnaire du Département d'État américain, chaque partie a un intérêt dans cette visite. La Chine espère éviter de nouvelles restrictions américaines en matière de technologie et tout nouveau soutien à Taïwan. Les États-Unis souhaitent prévenir tout incident susceptible de déboucher sur un affrontement militaire.

« La brève visite de M. Blinken n'apportera de solution à aucun des grands problèmes des relations entre les États-Unis et la Chine. Mais sa visite pourrait bien relancer un dialogue en face-à-face dont le besoin se fait cruellement sentir et envoyer le signal que les deux pays sont en train de passer d'une rhétorique de colère face aux médias à des discussions plus sobres à huis clos »,estime-t-il.

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Les patrons américains affluent en Chine

D'Elon Musk à Bill Gates en passant par Tim Cook, le directeur général d'Apple, certains des plus grands patrons américains font le voyage à Pékin, semblant ignorer la guerre commerciale Chine-États-Unis. Elles sont l'occasion pour eux de manifester, à Pékin, leur optimisme quant au vaste marché chinois et aux liens commerciaux entre les deux plus grandes économies mondiales. « Les intérêts des États-Unis et de la Chine sont étroitement liés, comme des jumeaux inséparables l'un de l'autre », y a ainsi déclaré fin mai Elon Musk, propriétaire de Tesla, cité par la diplomatie chinoise.

En mars, c'est Tim Cook qui a assuré, dans la capitale chinoise, qu'Apple jouissait d'une relation « symbiotique » avec la Chine, où se situe la plus grande usine au monde de fabrication d'iPhones. Et la semaine dernière l'honneur suprême, une rencontre avec le président chinois Xi Jinping, a été réservé à Bill Gates, l'ex-patron de Microsoft, en visite pour la première fois depuis 2019.

Pragmatiques, les entreprises plaident depuis longtemps pour un resserrement des liens sino-américains, arguant que cela encourage parfois à des réformes économiques et politiques. Mais, « les opinions sont en train d'évoluer », juge Claire Chu, analyste à la société de renseignement britannique Janes. De nombreuses firmes se disent « même si on ne quitte pas la Chine, on doit commencer à y penser, » souligne-t-elle. « De la même manière qu'il y a 10 ans, on disait qu'il fallait absolument être en Chine, aujourd'hui, c'est surtout le fait d'avoir une stratégie de relocalisation qui est pertinent », observe James Zimmerman, ex-président de la Chambre de commerce américaine en Chine.

(Avec AFP)

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