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ÉconomieInternational

Les appels républicains à la démission de Trump se multiplient

Sylvie Lanteaume, AFP

Publié le 10 janvier 2021 à 17:30 - Mis à jour le 11 janvier 2021 à 08:48

Usa: trump isole, avec un cercle de fideles de plus en plus reduit

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Alors que le mandat de Donald Trump prend fin dans dix jours, les appels à sa démission se multiplient. Isolé à la Maison Blanche, lâché par plusieurs ministres, en froid avec son vice-président Mike Pence, le milliardaire américain ne donne pourtant aucun signe qu'il est prêt à démissionner.

A dix jours de la fin de son mandat, Donald Trump est confronté à des appels à la démission de plus en plus nombreux, y compris dans le camp républicain, pour éviter une difficile procédure de destitution en pleine crise politique, sanitaire et économique.

Après les sénateurs républicains Ben Sasse et Lisa Murkowski, le sénateur Pat Toomey a jugé dimanche sur CNN qu'une démission du président "serait la meilleure option".

Depuis le scrutin présidentiel du 3 novembre qu'il a perdu, Donald Trump "a sombré dans un niveau de folie (...) absolument impensable", a-t-il ajouté.

"La meilleure chose pour l'unité du pays, ce serait qu'il démissionne", a renchéri sur ABC Alan Kitzinger, élu à la Chambre des représentants et premier républicain à avoir appelé dès jeudi à déclarer le président "inapte" à occuper ses fonctions.

Isolé à la Maison Blanche

Isolé à la Maison Blanche, lâché par plusieurs ministres, en froid avec son vice-président Mike Pence, le milliardaire américain ne donne aucun signe qu'il est prêt à démissionner, selon ses conseillers cités par la presse américaine.

Evincé de Twitter et des autres grands réseaux sociaux qui veulent éviter de nouvelles incitations à la violence, Donald Trump a désormais des alternatives limitées pour communiquer avec le grand public.

Les autorités continuent à rechercher les manifestants pro-Trump qui ont proféré des menaces de mort à l'encontre du vice-président Mike Pence et de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi --les 2e et 3e plus hauts responsables de l'Etat-- lors de l'assaut contre le Capitole mercredi.

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Une haute barrière métallique a été érigée autour du bâtiment et les effectifs des forces de l'ordre ont été renforcés jusqu'à l'investiture de Joe Biden le 20 janvier, à laquelle Mike Pence a fait savoir qu'il assisterait.

Profanation

Nancy Pelosi, qui a promis de passer à l'action si le président sortant ne démissionne pas, a appelé samedi ses troupes à revenir cette semaine à Washington pour décider de la façon de sanctionner la responsabilité de M. Trump dans l'assaut meurtrier contre le Capitole.

Dans une lettre ouverte aux élus, elle n'a pas mentionné une possible destitution, mais elle a estimé "absolument essentiel que ceux qui ont mené cet assaut contre notre démocratie en soient tenus responsables". "Il doit être établi que cette profanation a été incitée par le président", a-t-elle ajouté.

Un texte de mise en accusation ("impeachment") introduit à la Chambre des représentants, signé par au moins 180 parlementaires, reproche au président républicain d'avoir "délibérément fait des déclarations" qui ont encouragé l'invasion du bâtiment du Congrès par ses partisans mercredi.

Selon l'élu démocrate James Clyburn, la motion pourrait être discutée cette semaine. "Ce sera peut-être mardi ou mercredi", a-t-il précisé sur CNN.

Mais il s'agit d'une procédure longue et compliquée et plusieurs voix se sont élevées dans le camp démocrate pour juger qu'elle pourrait freiner les projets du président élu Joe Biden, qui a fait de la réponse à la pandémie de Covid-19 sa priorité.

Un second impeachment, une marque indélébile

"Donnons au président élu 100 jours" au début de son mandat pour lui permettre de s'attaquer aux problèmes les plus urgents, a suggéré M. Clyburn. "On pourrait peut-être introduire les articles (de mise en accusation) un peu après".

Le sénateur démocrate Joe Manchin a estimé pour sa part sur CNN qu'une procédure de destitution après le 20 janvier "n'aurait aucun sens".

"Je ne suis même pas sûr qu'il soit possible de destituer quelqu'un qui n'est plus au pouvoir", a renchéri M. Toomey.

Reste que le lancement d'un second "impeachment" laisserait une marque indélébile sur le bilan de Donald Trump: aucun président américain n'a subi ce déshonneur.

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Au pouvoir depuis 2017, Donald Trump a déjà été visé au Congrès par une infamante procédure de destitution, ouverte par Nancy Pelosi fin 2019 sous l'accusation d'avoir demandé à un pays étranger, l'Ukraine, d'enquêter sur son rival Joe Biden. Il avait été acquitté au Sénat, à majorité républicaine, début 2020.

Sylvie Lanteaume, AFP

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