C'est une décision aux lourdes conséquences : le 17 juillet dernier, la Russie a annoncé la fin de l'accord sur les exportations de céréales depuis les ports ukrainiens, en vigueur depuis juillet 2022. Ce dernier, trouvé sous l'égide de la Turquie et de l'ONU, avait pourtant permis d'acheminer 33 millions de tonnes de grains depuis son entrée en vigueur. Pour justifier sa sortie de l'accord, Moscou dénonce le maintien des sanctions occidentales à son égard.
LA TRIBUNE - Des céréales sont-elles encore exportées depuis l'Ukraine malgré la décision de la Russie de mettre fin à l'accord trouvé en juillet 2022 ?
ARTHUR PORTIER - En parallèle du corridor permis par cet accord et qui concernait trois ports stratégiques, l'Ukraine a développé des voies alternatives pour exporter ses grains. D'une part, la voie terrestre avec le transport par camion et ferroviaire avec le train grâce à un couloir de solidarité mis en place par l'Europe. Cette dernière a, en effet, supprimé les droits de douane pour les produits ukrainiens ce qui a permis de faire entrer en grand nombre des grains sur le continent.
D'autre part, l'Ukraine a développé deux infrastructures portuaires sur le Danube, Reni et Izmaïl, permettant d'exporter les denrées avec de plus petits bateaux. Ne pouvant aller jusqu'à la destination finale, ils peuvent décharger leur cargaison à Constanța en Roumanie, ensuite rechargée dans de plus gros bateaux. Mais ces deux plus petits ports ont été bombardés par la Russie, la semaine dernière pour le port de Reni et la nuit dernière pour celui d'Izmaïl, détruisant des silos de grains. Ils sont, pour l'instant, toujours fonctionnels. [Selon le ministre ukrainien des Infrastructures, Oleksandre Koubrakov, les frappes russes ont « endommagé » près de 40.000 tonnes de céréales destinées à l'exportation, ndlr]