Les prix du maïs repartent à la hausse aux Etats-Unis dans un contexte alimentaire mondial tendu

Le ministère américain de l'Agriculture a revu sensiblement à la baisse son estimation de la récolte annuelle de maïs aux Etats-Unis ce qui a fait grimper le prix de la céréale. Celui-ci a frôlé le seuil symbolique des 7 dollars le boisseau (25 kg) lundi. Outre-Atlantique, le recul des récoltes s'explique par plusieurs facteurs.
Le cour du maïs pour livraison a frôlé le seuil symbolique des 7 dollars le boisseau, qui correspond environ à 25 Kg, lundi.
Le cour du maïs pour livraison a frôlé le seuil symbolique des 7 dollars le boisseau, qui correspond environ à 25 Kg, lundi. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

Le prix du maïs est, de nouveau, en hausse. Son cours pour livraison a frôlé le seuil symbolique des 7 dollars le boisseau, qui correspond environ à 25 Kg, lundi. Un niveau qu'il n'a plus dépassé depuis le 23 juin.

En cause, un rapport dans lequel le ministère américain de l'Agriculture (USDA) a revu sensiblement à la baisse son estimation de la récolte annuelle aux Etats-Unis. L'USDA prévoit désormais une production de 354 millions de tonnes, contre 364 dans son dernier rapport, baptisé WASDE, publié en août.

Des rendements en baisse

Cette contraction s'explique d'une part par la baisse des rendements et d'autre part par la réduction des surfaces récoltées. Une partie des régions de culture de la graminée a, en effet, été gravement touchée par la sécheresse qui frappe l'Ouest du pays depuis plusieurs mois, notamment le Nebraska et le Kansas.

« Ils ont intégré le fait que les rendements américains n'étaient pas terribles », a commenté Gautier Le Molgat, du cabinet Agritel, pour qui « ils n'y ont pas été de main morte ». « Du coup, ça fait baisser les perspectives de stocks, ce qui est un élément de soutien » au cours. Néanmoins, l'USDA avait diminué de près de 4 millions de tonnes son estimation de la demande de maïs aux Etats-Unis, ce qui a atténué l'effet sur les prix. « Ils ont taillé dans la demande », a ainsi souligné Don Roose, de US Commodities. Cet abaissement, en particulier des prévisions de consommation animale et de production d'éthanol, a limité l'impact sur les stocks de fin de campagne, attendus en repli d'un peu plus de 4 millions de tonnes.

Faibles exportations ukrainiennes

Aucun autre pays ne compense le recul de la production américaine. L'USDA voit l'Ukraine augmenter sa récolte de 1,5 million de tonnes, mais pour n'en exporter qu'un tiers. Début août, l'exportation de céréales depuis l'Ukraine a repris après avoir été stoppée depuis l'invasion du pays par la Russie en février dernier et la mise en place par la marine russe d'un blocus des ports ukrainien. Avant la guerre, l'Ukraine était le quatrième exportateur mondial. Cette reprise a été permise par la signature le 22 juillet d'un accord entre la Russie, l'Ukraine et la Turquie sous l'égide de l'ONU en vertu duquel les navires doivent être examinés au large d'Istanbul avant de franchir le Bosphore.

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Malgré le recul de la production américaine et les faibles exportations ukrainiennes, « on reste sur des niveaux extrêmement confortables quand même » de production et de disponibilité du maïs au niveau mondial, a tempéré Gautier Le Molgat.

Production en baisse pour le soja aussi

Le soja est également concerné par un ajustement des anticipations, avec une production américaine désormais inférieure de plus de 4 millions de tonnes au chiffre du précédent rapport, en juillet. Là encore, la fonte des rendements a été partiellement compensée par une contraction de l'estimation de demande aux Etats-Unis. Elle n'en a pas moins fait bondir le cour du soja, qui a pris jusqu'à 5,52% en séance et atteint son plus haut niveau depuis un mois, à 14,9025 dollars le boisseau (27 kg).

Côté blé, dont les récoltes sont déjà achevées aux Etats-Unis et en Europe, les prévisions ont été rehaussées pour l'Ukraine et la Russie de respectivement un et trois millions de tonnes.

« On voit bien que le bassin de la mer Noire a finalement été une zone de production très au rendez-vous cette année », malgré les craintes liées à l'invasion de l'Ukraine. Pour autant, les estimations d'exportations de ces pays n'ont pas été modifiées, « malgré les perspectives qu'on a avec les corridors » qui ont permis, depuis début août, de reprendre le transport maritime depuis l'Ukraine.

Craintes d'une crise alimentaire mondiale

Une situation qui inquiète toujours la communauté internationale, craignant que les pays les plus dépendants des exportations de céréales connaissent une crise alimentaire. Le 18 mai, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait alerté sur le risque que la guerre en Ukraine ait placé la planète « sous le spectre de pénuries alimentaires mondiales » quand l'organisation internationale disait craindre « un ouragan de famines », essentiellement dans des pays africains qui importaient plus de la moitié de leur blé d'Ukraine ou de Russie. En outre, mi-juillet, Frontex, l'agence européenne chargée du contrôle des frontières de l'Union européenne, a alerté sur cette crise alimentaire mondiale qui s'est largement aggravée depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie et qui pourrait entraîner dans l'Union européenne une nouvelle crise migratoire massive.

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Afin de faciliter davantage les exportations ukrainiennes, le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, a indiqué sur France Inter dimanche qu'il allait signer « un accord avec la Roumanie pour permettre à l'Ukraine d'évacuer plus encore de céréales ». Ces céréales iront « vers l'Europe et vers les pays en développement, notamment en Méditerranée qui en ont besoin pour des questions alimentaires et presque de survie », a-t-il ajouté.

(Avec AFP)

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Commentaire 1
à écrit le 13/09/2022 à 19:17
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Pas grave on n'en mange pas c'est essentiellement pour l'industrie. L'aberration totale.

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