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ÉconomieInternational

Liste noire du blanchiment d'argent de l'UE : quelles conséquences pour l'Arabie saoudite ?

La Tribune avec AFP et Reuters

Publié le 14 février 2019 à 11:06 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:57

Vente d'un systeme de defense antimissile us a l'arabie saoudite

Vente d'un systeme de defense antimissile us a l'arabie saoudite

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Alors que, pour faire face à l'après-pétrole, l'Arabie saoudite entame un processus de transformation de son économie, le pays a été placé par la Commission européenne, mercredi 13 février, sur une liste noire de pays dont les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme sont jugés insuffisants. Un coup de frein dans la stratégie de diversification économique du royaume wahhabite qui risque d'attiser les tensions diplomatiques entre Riyad et l'UE déjà envenimées...

Des regrets. C'est ce qu'a exprimé, selon l'agence officielle saoudienne SPA, l'Arabie saoudite, jeudi 14 février, à l'annonce par la Commission européenne d'inclure le royaume wahhabite, en plus du Panama et du Nigéria, à sa liste noire des pays dont le dispositif "pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme", sont jugés insuffisants.

"L'engagement de l'Arabie saoudite dans la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme est une priorité stratégique pour le Royaume. Nous allons continuer à développer et améliorer notre cadre réglementaire pour parvenir à cet objectif", a plaidé le ministre des Finances saoudien Mohammed Al-Jadaan, cité par SPA, à l'annonce de la sanction.

Il faut dire que le préjudice n'est pas bénin pour l'Arabie saoudite et cette inscription constitue un cailloux dans la chaussure du pays dans sa volonté de diversification économique entamée depuis 2015. S'il n'y a pas de sanctions à la clé pour les pays concernés, ce document contraint les banques et les instances soumises aux règles de l'Union européenne à procéder à des contrôles renforcés des opérations financières impliquant les pays qui y sont inscrits. Ce qui, pour l'Arabie saoudite, va compliquer ses transactions économiques avec les Vingt-Huit.

Des tensions diplomatiques depuis l'affaire Khashoggi

Outre ces potentiels préjudices financiers, l'Arabie saoudite voit sa réputation une nouvelle fois entachée. L'image du pays avait déjà été considérablement écornée par l'affaire Khashoggi, du nom du journaliste saoudien Jamal Khashoggi assassiné à l'ambassade d'Arabie saoudite en Turquie, le 2 octobre dernier, par les services secrets saoudien.

Les révélations sur les détails particulièrement sordides du meurtre du journaliste avaient suscité un tollé jusqu'à menacer, un temps, les relations entre les Etats-Unis et le prince héritier Mohammed ben Salmane (dit "MBS) ainsi que la place de ce dernier à la tête de la monarchie wahhabite. De nombreux leaders internationaux de la politique et des affaires avaient par ailleurs décidé de boycotter le « Davos du désert » destiné à vanter les projets pharaoniques et coûteux de « Vision 2030 ».

Se défaire de la dépendance au pétrole

Ce dernier avait été impulsé par le prince héritier Mohammed Ben Salman (dit « MBS ») avec pour objectif que le royaume ne s'appuie pas uniquement sur sa rente pétrolière pour financer son train de vie. Il s'agit d'un vaste programme d'investissement dans tous les secteurs de l'économie productive mais aussi dans les nouveaux secteurs que sont, pour l'Arabie saoudite, le e-commerce, l'efficacité énergétique, le marché hypothécaire, l'industrie des loisir, le tourisme ou l'éducation, qui doit  transformer, d'ici à quinze ans, l'austère monarchie pétrolière en un pays ouvert et tolérant économiquement développé, diversifié et mondialement influent. Un dessein assombri par la décision de la Commission européenne mais une démarche vitale pour l'avenir du royaume.

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En effet, ultra dépendant de ses exportations de pétrole et de la rente liée à ces dernières, le chef de file de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) avait connu en 2017 la récession et vu son PIB se contracter de 0,7 %. En cause, la faiblesse des prix du pétrole. Si le pays a renoué avec la croissance en 2018 (+1,5 %), il affiche un déficit budgétaire colossal depuis l'effondrement  chronique des prix de l'or noir il y a environ cinq ans. Depuis cette date, le royaume n'a cessé d'afficher des déficits budgétaires qui ont totalisé 260 milliards de dollars depuis 2014 et sera à nouveau, en 2019, en déficit pour la sixième année consécutive.

Le Fonds monétaire international (FMI) avait, dès 2017,conseillé aux pays du Golfe, dont l'Arabie saoudite, "d'accélérer la diversification" de leur économie jugeant le moment "opportun"."C'est aujourd'hui le moment opportun pour eux d'accélérer la diversification de l'économie hors du secteur pétrolier. Il faut promouvoir un rôle accru du secteur privé pour soutenir la croissance et créer davantage d'emplois", déclarait à l'époque à l'AFP le directeur pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord au FMI, Jihad Azour. "Préparer les économies à l'ère post-pétrole devient une priorité pour toute la zone du Golfe", insistait-il.

Calmer le jeu ?

Justifié par  la volonté de "protéger le système financier de l'UE", l'initiative de l'exécutif européen d'inscrire l'Arabie saoudite sur la liste noire pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ne fait pas l'unanimité au sein de l'UE.

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Les réticences de capitales comme Paris ou Londres sont interprétées par comme une volonté de ne pas envenimer les relations avec l'Arabie saoudite particulièrement tendues depuis l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

La Tribune avec AFP et Reuters

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