Malgré l’injection de 500 millions de livres par Londres, Tata Steel n’évitera pas des milliers de licenciements

Le gouvernement britannique investit pour moderniser l'usine sidérurgique de Port Talbot au Pays de Galles. Avec pour conséquence de couper d'1,5% les émissions de carbone du pays, mais aussi les effectifs puisque Tata ne devrait conserver que 5.000 des 8.000 emplois.
Sans cet injection d'argent public « Port Talbot serait sérieusement menacé » rétorque Londres aux syndicats, qui assure qu'il fera son possible pour aider le personnel affecté.
Sans cet injection d'argent public « Port Talbot serait sérieusement menacé » rétorque Londres aux syndicats, qui assure qu'il fera son possible pour aider le personnel affecté. (Crédits : Reuters)

Le gouvernement britannique met la main au portefeuille, mais n'évitera pas les licenciements chez Tata Steel. Londres va injecter jusqu'à 500 millions de livres d'investissements pour rendre l'usine du sidérurgiste indien Tata Steel à Port Talbot au Pays de Galles moins polluante et maintenir son activité.

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À travers un « programme d'investissement conjoint (...), Tata Steel devrait investir 1,25 milliard de livres, dont une subvention du gouvernement britannique d'une valeur pouvant atteindre 500 millions » (plus de 580 millions d'euros), précise un communiqué du gouvernement ce vendredi 15 septembre.

L'investissement doit permettre de remplacer les hauts fourneaux par un équivalent électrique moins polluant, alors que l'usine de Port Talbot « est actuellement le plus gros émetteur de carbone du Royaume-Uni », selon Londres, qui y voit une manière directe de couper dans les émissions de carbone  du pays d'environ 1,5%.

3.000 licenciements attendus sur 8.000 employés de Tata

« L'accord avec le gouvernement britannique marque un moment clé pour l'avenir de l'industrie sidérurgique » britannique et il met en place « la voie de la transition » énergétique pour le secteur, a vanté le président du groupe Tata, Natarajan Chandrasekaran, cité dans le communiqué du gouvernement.

Tata Steel, plus gros producteur d'acier du pays, emploie aujourd'hui « plus de 8.000 personnes » dans le pays et « la proposition annoncée aujourd'hui (...) pourrait sauvegarder plus de 5.000 emplois à travers le Royaume-Uni », selon le communiqué.

Pour les salariés, la nouvelle ne lève pas les craintes puisque 3.000 licenciements sont évoqués, soulevant l'ire des syndicats. « Les emplois de milliers de métallurgistes sont désormais menacés. Le coût pour la population locale et pour la communauté de Port Talbot sera immense », a fustigé Gary Smith, secrétaire général du syndicat GMB. « Une fois de plus, nous avons le spectacle de dirigeants qui parlent de la contrée imaginaire d'une "transition équitable" alors que l'amère réalité pour les travailleurs est qu'ils se font licencier », a-t-il pointé.

Sans cette injection d'argent public « Port Talbot serait sérieusement menacé » rétorque Londres, qui assure qu'il fera son possible pour aider le personnel affecté. Le gouvernement britannique rappelle en outre que le très puissant groupe Tata apporte aussi des milliards de livres pour financer l'électrification automobile du pays. Autant de capitaux dont le Royaume-Uni dépend. Le conglomérat indien, qui est aussi propriétaire du constructeur Jaguar Land Rover, a ainsi annoncé en juillet un investissement de 4 milliards de livres (4,7 milliards d'euros) au Royaume-Uni dans une méga-usine de batteries électriques.

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Commentaires 2
à écrit le 16/09/2023 à 17:54
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Bonjour, ils est regrettable que la décision de remplacement du haut fourneau au charbon par un modèle électrique soit si tardives... Surtout que la situation actuelle conduisent a des licenciements important... J'espère que l'aidé économique consen...

à écrit le 16/09/2023 à 7:31
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C'est naïf comme titre pour un journal économique, vu qu'à chaque fois qu'une entreprise licencie les financiers sont contents.

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