Matières premières : demain, nous forerons la Lune
Julien Gouesmat
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Photo d'illustration
© LTD / JEFF GRAPHY/OFFICE DU TOURISME DE SAINT-VÉRAN
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80.40° Sud, 03.02° Ouest. Sur Terre, ces coordonnées mènent en Antarctique, sur la Terre de la Reine-Maud, un territoire revendiqué par la Norvège depuis le milieu du XXe siècle. Mais sur la Lune, ces mêmes latitudes et longitudes conduisent au cratère Malapert-A. Ce creux, grand comme deux fois Paris, est en passe de devenir l'eldorado des entreprises privées de l'exploration spatiale. Visible depuis la Terre, constamment ombragé et épargné de tout rayon de soleil, le lieu est tout proche du pôle Sud Iunaire, dont les ressources sont la source de convoitises et de fantasmes.
Il y a un an, en février 2024, l'alunisseur Nova-C, de l'entreprise Intuitives Machines, devenait le premier appareil américain à fouler le sol lunaire depuis 1972, en se posant sur Malapert-A. Ce jeudi, l'entreprise de Houston devrait réitérer son exploit en s'approchant encore plus du pôle méridional de la Lune.
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Si ce pôle attire tant les Terriens, c'est pour les ressources qu'il contiendrait : de l'eau (sous forme de glace), de l'hydrogène, des rayons de soleil (en dehors des cratères ombragés) et surtout de l'hélium-3, un isotope rare et prisé pour son rôle dans la fusion nucléaire. Il y a quelques années encore, évoquer les ressources lunaires passait pour de la science-fiction. Mais la récente multiplication des expéditions spatiales rend la possibilité plus réaliste que jamais. Et, bien que quelques barrières techniques subsistent encore, les objectifs des nations et des entreprises privées sur les matières premières lunaires questionnent les fondements du droit international et de l'économie.
Julien Gouesmat