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Décollage réussi d'un alunisseur américain : dans la course à la Lune, la Nasa mise désormais sur des sociétés privées

latribune.fr

Publié le 15 février 2024 à 11:11 - Mis à jour le 16 février 2024 à 06:14

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27 juin 2026

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Le lanceur transportant l'alunisseur de la société privée Intuitives machines a réussi à décoller ce jeudi, après une première tentative ratée la veille. L'alunisseur doit ainsi atteindre la Lune courant semaine prochaine si tout se passe comme prévu. L'entreprise espère devenir ainsi la première société privée - auxquelles la NASA fait de plus en plus appel - à réussir à se poser sur la Lune.

Prévu pour décoller le jour de la Saint-Valentin, un ;lanceur transportant l'alunisseur d'une jeune entreprise américaine a finalement réussi à s'envoler tôt ce jeudi, au lendemain de soucis techniques. La mission, nommée IM-1, emporte l'alunisseur développé par l'entreprise texane Intuitive Machines, fondée en 2013. Cette dernière espère devenir la première société privée à réussir à se poser sur la Lune.

C'est le lanceur Falcon 9 de SpaceX qui transportait l'alunisseur. Le décollage a eu lieu précisément à 01h06 du matin ce jeudi en Floride aux Etats-Unis. La première tentative de lancement avait, en effet, dû être abandonnée dans la nuit de mardi à mercredi car l'opération est plus délicate que les décollages habituels pour SpaceX, qui doit remplir l'alunisseur de son carburant cryogénique (méthane et oxygène liquides), juste avant de remplir son propre lanceur. Un problème concernant la température du méthane avait donc poussé au report de la première tentative.

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Un voyage rapide

Le modèle de l'alunisseur envoyé est nommé Nova-C, et mesure plus de quatre mètres de haut. L'exemplaire utilisé pour cette première mission a été baptisé Odysseus. Après le décollage, une fois l'alunisseur détaché de l'étage supérieur du lanceur, la communication devait être établie avec la salle de contrôle d'Intuitive Machines, située à Houston au Texas. Une première poussée du moteur était ensuite prévue, afin de vérifier son fonctionnement et d'ajuster la trajectoire vers la Lune.

Le voyage sera rapide : si tout se passe comme espéré, l'appareil tentera de se poser sur la Lune la semaine prochaine, le 22 février. Mais l'atterrissage sur le satellite naturel de la Terre est particulièrement complexe en raison de l'absence d'atmosphère, ce qui signifie que des parachutes ne peuvent pas être employés et qu'un vaisseau spatial doit utiliser ses propulseurs pour effectuer une descente contrôlée.

Si la mission de Intuitive Machines et SpaceX est un succès, il s'agirait du premier atterrissage d'un engin américain sur la Lune depuis la fin du programme Apollo, il y a plus de 50 ans, et du premier atterrissage sur la surface lunaire réussi par une entreprise privée. Car elles sont plusieurs, y compris une autre société américaine, à avoir échoué à reproduire cette prouesse.

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Recours à des entreprises privées

La mission s'inscrit dans le cadre du programme Artémis développé par la Nasa, qui doit ramener des astronautes sur la Lune et que l'institution a complètement réorganisé. Un nouveau programme nommé CLPS (Commercial Lunar Payload Services), mis sur pied par l'agence spatiale américaine, a, en effet, chargé des sociétés privées d'emporter sur la Lune le matériel scientifique pour y préparer le retour d'astronautes. La Nasa explique pouvoir envoyer davantage de matériel, plus fréquemment et pour moins cher qu'avec des véhicules lui appartenant.

Car, si pendant la Guerre froide, elle dépensait sans compter et se chargeait de superviser chaque mission jusqu'au dernier sous, le nouveau paradigme adopté parie, lui, sur l'économie de marché et la concurrence entre entreprises, afin d'accomplir des exploits pour une fraction seulement des coûts passés. Le contrat signé pour cette première mission d'Intuitive Machines s'élève, lui, à 118 millions de dollars.

L'agence spatiale a ainsi été encouragée par l'essor fulgurant de SpaceX, l'entreprise du milliardaire Elon Musk, qui constitue désormais l'un de ses fournisseurs favoris. « La fiabilité dont jouit aujourd'hui SpaceX résulte de nombreuses explosions de lanceurs en cours de route », explique Scott Pace, directeur de l'Institut de politique spatiale à l'Université George Washington. Des explosions que la Nasa, financée par l'argent public, ne pourrait pas se permettre. Les véhicules de SpaceX sont actuellement la seule manière pour les astronautes de se rendre dans la Station spatiale internationale (ISS) depuis le sol américain.

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La face cachée de la Lune

Sans compter que l'alunisseur emporte non seulement six cargaisons privées dont des sculptures de l'artiste contemporain Jeff Koons représentant les phases de la Lune, mais surtout, il transporte six instruments scientifiques de la Nasa.

Ce qui permettra d'étudier l'environnement du lieu d'atterrissage prévu : un cratère près du pôle Sud de la Lune, encore peu exploré. Le pôle Sud lunaire est, en effet, important pour la Nasa, car c'est là qu'elle souhaite faire atterrir ses astronautes à partir de 2026 au plus tôt, dans le cadre des missions Artémis. La raison : il s'y trouve de l'eau sous forme de glace, qui pourrait être exploitée.

Course aux étoiles

Des stratégies qui doivent permettre aux Etats-Unis qui tentent de maintenir leur place face à leur principale rivale, la Chine. Cette dernière prévoit d'ailleurs d'envoyer des humains sur la Lune en 2030. Sans compter que, récemment, l'Inde et le Japon ont, eux aussi, réussi l'exploit de se poser sur la surface lunaire, devenant les quatrième et cinquième pays à réussir l'opération, après l'Union soviétique, les Etats-Unis et la Chine.

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Côté américain, le retour d'astronautes sur la lune est prévu pour 2026, mais le calendrier pourrait encore subir des retards. En outre, une première entreprise américaine, Astrobotic, elle aussi sous contrat avec la Nasa pour le programme CLPS, avait échoué à atteindre la Lune en janvier. Un nouvel essai d'Astrobotic, ainsi que deux autres missions d'Intuitive Machines (IM-2 et IM-3), sont d'ores et déjà prévus cette année. Une troisième société américaine, Firefly Aerospace, doit, elle, aussi tenter l'aventure en 2024.

(Avec AFP)

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