Même après le départ d'Elon Musk, le Doge continue d'infiltrer l'administration américaine
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Le manque de transparence du Doge suscite des inquiétudes parmi les organisations de défense des droits.
Doge.gov
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Le manque de transparence du Doge suscite des inquiétudes parmi les organisations de défense des droits.
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Trois mois après le départ fracassant d'Elon Musk, le « ministère » pour l'Efficacité gouvernementale (Department of Government Efficiency en anglais, ou « Doge »), qu'il a chapeauté, continue de faire des vagues à Washington, bien que loin des projecteurs. Créée par Donald Trump pour assécher la bureaucratie et réduire la masse salariale publique, cette entité ad hoc s'est livrée à une saignée dans les rangs de l'administration américaine, provoquant des licenciements massifs et un exode de près de 200 000 fonctionnaires en quelques mois. Loin de s'éteindre, son influence se transforme et se diffuse au cœur même du pouvoir fédéral, soulevant de sérieuses interrogations sur sa légitimité et son opacité.
L'empreinte du ministère est visible dans de nombreux départements clés. Des inspecteurs des impôts aux météorologues du NWS, en passant par des agents des parcs nationaux, les coupes ont été drastiques, souvent justifiées par de simples économies budgétaires. Après le départ d'Elon Musk en mai, les hauts responsables du Doge ont également quitté leurs fonctions, mais une nouvelle stratégie, plus insidieuse, semble s'être mise en place. Certains de ses employés, proches du cercle de l'entrepreneur, ont directement été intégrés dans des postes stratégiques au sein du gouvernement, un mouvement qui leur confère une influence durable et difficile à mesurer.
L'orientation actuelle du ministère semble avoir basculé sous l'influence de Russell Vought, l'influent du directeur du budget de la Maison-Blanche (OMB). Cet architecte du « Projet 2025 », une feuille de route ultraconservatrice qui a inspiré une grande partie de l'agenda de Donald Trump, est désormais perçu comme le véritable pilote des opérations du Doge. Sous son contrôle, le mouvement lancé par Musk gagne en discrétion, mais non en puissance. Loin de disparaître, il s'est infiltré dans les rouages administratifs, suscitant l'inquiétude des observateurs.
Cette dissémination est d'autant plus troublante que de nombreux alliés d'Elon Musk occupent désormais des positions clés. Scott Kupor, ancien capital-risqueur, a pris la tête de l'Office of Personnel Management, l'agence chargée de la gestion des ressources humaines de l'ensemble du gouvernement. Brad Smith, un investisseur médical qui avait orchestré une cure d'amincissement au ministère de la Santé, a rejoint le département d'État. Quant à Aram Moghaddassi, il est aux commandes des services informatiques de la Sécurité sociale, une nomination qui a déjà fait l'objet d'un signalement pour le téléchargement d'une base de données confidentielle sur un serveur non sécurisé.
Le mode de fonctionnement du ministère Doge a été décrié depuis le début par de nombreuses organisations pour son manque de transparence et sa tendance à tailler dans les effectifs sans discernement. L'incident avec la NNSA, l'agence fédérale en charge de l'arsenal nucléaire, qui a dû rappeler des employés licenciés de manière expéditive, est un exemple frappant de ces dérives. Mais c'est le passage à un mode de fonctionnement « derrière un rideau », selon Faith Williams du Project on Government Oversight (Projet sur la supervision du gouvernement), qui est considéré comme « extrêmement inquiétant » par les associations de défense des droits.
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La migration des « muskistes » au sein des ministères rend l'évaluation de leur influence quasi impossible. Pour Cindy Cohn, de l'Electronic Frontier Foundation (Fondation de la frontière électronique), cette opacité est d'autant plus dangereuse que le ministère est accusé d'avoir agi à la limite de la légalité et d'avoir exposé les données personnelles de millions d'Américains. Selon Max Stier, PDG de Partnership for Public Service, les signalements de lanceurs d'alerte ne sont que la partie émergée de l'iceberg.
(Avec AFP.)
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