OTAN : à peine arrivé à la Maison Blanche, Trump pose ses conditions
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Donald Trump avait semé la panique durant la campagne électorale en menaçant de ne plus garantir la protection des pays de l'Otan face à la Russie.
Johanna Geron
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Donald Trump avait semé la panique durant la campagne électorale en menaçant de ne plus garantir la protection des pays de l'Otan face à la Russie.
Johanna Geron
Donald Trump reprend l'un de ses refrains préférés. Le président élu a déclaré mardi 7 janvier que les pays de l'Otan devaient accroître leurs budgets de défense à 5% du PIB, après avoir déjà maintes fois répété que les membres de l'Alliance n'en faisaient pas assez pour assurer leur protection.
L'ancien et futur président américain n'a jamais fait mystère du peu de cas qu'il fait de l'Alliance atlantique, pilier de la sécurité en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Il répète à l'envi que ses membres ne payent pas suffisamment en échange de la protection des États-Unis. Il avait même semé la panique durant la campagne électorale en menaçant de ne plus garantir la protection des pays de l'Otan face à la Russie, si ceux-ci ne consacraient pas un budget suffisant à leur défense.
Cette position est loin d'être complètement isolée. Le chef de l'Alliance atlantique, Mark Rutte, a lui-même prévenu le mois dernier que l'Europe devait dépenser « beaucoup plus » pour assurer sa défense. « Il est temps de passer à un état d'esprit de temps de guerre », a-t-il martelé mi-décembre dans son premier discours depuis sa prise de fonction en octobre.
L'industrie de défense en Europe est « trop petite, trop lente et trop fragmentée », a-t-il justifié, appelant les États, les industriels, mais aussi les opinions publiques à un sursaut. Les pays de l'OTAN dépensent « beaucoup moins » pour leur défense qu'ils ne le faisaient pendant la Guerre froide, lorsqu'ils y consacraient plus de 3% de leur PIB.
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« J'ai décidé aujourd'hui de ne pas évoquer de nouveau chiffre. Nous avons besoin de davantage de temps pour consulter les Alliés sur ce que le nouveau seuil pourrait être », a-t-il indiqué lors du débat qui a suivi son discours. Il devra être « considérablement au-dessus de 2%. Et si nous dépensons plus sans dépenser mieux, il faudra aller au moins jusqu'à 4% », a-t-il souligné, ajoutant que, pour éviter un tel montant, il faudrait « innover » et « acheter en commun ».
Les pays de l'OTAN se sont engagés il y a dix ans, après l'annexion par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée, à consacrer au moins 2% de leur PIB aux dépenses militaires. Ils sont 23 sur 32 à avoir tenu cet engagement. Donald Trump a également soutenu mardi que le président démocrate Joe Biden avait décidé que l'Ukraine devait pouvoir rejoindre l'Otan, laissant entendre que cette prise de position supposée avait contribué à l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022.
« À un moment, Biden a dit 'ils devraient pouvoir rejoindre l'Otan'. Eh bien, la Russie avait quelqu'un sur le pas de sa porte. Je peux comprendre le sentiment (des Russes) à ce sujet », a-t-il estimé. En réalité, les pays membres avaient promis dès 2008 que l'Ukraine deviendrait membre de l'Alliance un jour. Mais les États-Unis et l'Allemagne se montrent réticents à aller au-delà de cette promesse de peur que l'Alliance ne soit entraînée dans une guerre contre la Russie.
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Le président élu a promis de faire pression pour qu'un accord rapide soit conclu afin de mettre fin à la guerre en Ukraine, ce qui soulève des inquiétudes quant à l'avenir de l'aide militaire américaine à Kiev. Le conflit « n'aurait jamais dû être déclenché », a de nouveau affirmé mardi Donald Trump, ajoutant : « Je vous garantis, si j'avais été président, (la) guerre n'aurait jamais eu lieu ».
(Avec AFP)
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