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Pétrole: les cours plongent à leur plus bas depuis février après la décision de l'Opep+

latribune.fr

Publié le 04 juin 2024 à 10:28 - Mis à jour le 04 juin 2024 à 10:29

Ce lundi, le Brent de la mer du Nord, la référence en Europe, a perdu 3,39%, glissant à 78,36 dollars. Le WTI, son équivalent américain, a lui fondu de 3,59%, à 74,22 dollars.

Ce lundi, le Brent de la mer du Nord, la référence en Europe, a perdu 3,39%, glissant à 78,36 dollars. Le WTI, son équivalent américain, a lui fondu de 3,59%, à 74,22 dollars.

Reuters

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Les prix du pétrole ont plongé ce lundi à la suite de la décision de l'Opep+ de mettre fin à l'une de ses strates de réduction de production dès octobre. Le Brent de la mer du Nord est ainsi passé sous la barre des 80 dollars. Il évolue désormais à son plus bas niveau depuis février, tout comme le WTI.

La décision de dimanche des membres de l'Opep+ n'a pas tardé à produire ses effets sur le prix du pétrole. Pour rappel, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés de l'alliance (Opep+) ont annoncé une prolongation des réductions de production en cours jusqu'à fin septembre, avant de remettre progressivement des barils sur le marché au cours des 12 mois suivants, soit dès octobre. Conséquence : ce lundi, le Brent de la mer du Nord, la référence en Europe, a perdu 3,39%, glissant sous la barre des 80 dollars (à 78,36 dollars). Le WTI, son équivalent américain, a lui fondu de 3,59%, à 74,22 dollars. Chacun évolue désormais à son plus bas niveau depuis février.

Le lien entre la baisse des prix des barils et cette décision, prise lors d'une réunion qui s'est tenue dans un format hybride inédit - à la fois en visioconférence et en présentiel à Ryad -, ne fait aucun doute pour Tamas Varga, analyste de PVM Energy.

« Le marché [est] déçu que le groupe relâche progressivement certaines de ses limitations de production malgré l'absence de signes tangibles d'amélioration de la demande »,a-t-il indiqué à l'AFP.

Cette réunion a eu l'avantage de préciser quand le groupe envisage « l'abandon de sa politique de réduction de l'offre », explique Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote. Et même si les réductions de production sont maintenues au troisième trimestre, Goldman Sachs décrit dans une note la décision comme « bearish » (accommodante). Autrement dit, le fait que l'Opep+ se décide à ouvrir les vannes de pétrole dès octobre est baissier pour le marché.

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Pétrole: les coupes de production de l'Opep+ prolongées

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La stratégie de l'Opep+, entamée fin 2022 face à la chute des cours, vise à jouer sur la raréfaction de l'offre pour doper les prix. Pour autant, depuis sa dernière réunion de novembre, l'alliance a su garder des prix du brut plutôt stables, autour des 80 dollars le baril pour le Brent de la mer du Nord comme le WTI américain, sans parvenir à les faire décoller.

Dans le détail, les membres de l'Opep+ réduisent actuellement leur production sur trois niveaux : à l'échelle du groupe d'abord, avec des objectifs de production officiels réduits de 2 millions de barils par jour (mbj) depuis la fin 2022. Ces quotas officiels ont été étendus jusqu'à fin 2025. Viennent ensuite des réductions volontaires de certains membres, annoncées en avril 2023, de l'ordre de 1,65 mbj au total, reconduites elles aussi jusqu'à fin 2025. Enfin, huit membres (l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l'Algérie, l'Irak, le Koweït, le Kazakhstan, Oman et la Russie) ont procédé à des réductions volontaires supplémentaires à hauteur d'environ 2,2 mbj en novembre 2023. À l'issue de la réunion de dimanche, ces réductions supplémentaires ont été étendues jusqu'à fin septembre 2024.

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En résumé, les trois coupes de l'Opep+ totalisent un peu moins de 6 mbj, et sont toutes reconduites au moins jusqu'en septembre. Ce montage complexe avait initialement laissé les cours du brut de marbre.

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Les Émirats arabes unis ont toutefois obtenu dimanche un relèvement de leur quota officiel de production de 300.000 barils par jour, qui sera mis en place de façon progressive de janvier à septembre 2025. Ce relèvement leur permet de garder des coupes de façade, tout en augmentant leurs volumes. Ainsi, avec la fin des réductions volontaires supplémentaires et l'augmentation de l'objectif de production des Émirats, l'Opep+ pourrait réintroduire 2,5 mbj de septembre 2024 à septembre 2025.

Réintroduire ces barils sans inonder le marché ni faire plonger les cours dans le rouge s'annonce un véritable casse-tête pour le groupe élargi, en particulier « si les perspectives de la demande restent négatives », note Lukman Otunuga. Selon les analystes de DNB, le groupe des pays exportateurs va même devoir faire le deuil du baril de Brent à plus de 80 dollars « si (l'alliance) agit comme prévu », ne voyant « pas de place pour des barils supplémentaires de l'Opep+ sur le marché ».

Mais pour l'Opep, la demande mondiale de pétrole en 2024 devrait rester haute, comme indiqué dans son rapport mensuel d'avril. Les besoins en consommation de pétrole seront « soutenus par une forte demande pour le transport aérien » et la « bonne santé » du transport routier, ainsi que par les performances des secteurs industriels, de la construction et de l'agriculture dans les pays non-membres de l'OCDE, a indiqué l'organisation. Un avis que ne partage pas l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui a, elle, révisé à la baisse son estimation de croissance de la demande en 2024, dans son rapport mensuel d'avril également. « Il est presque de rigueur que l'AIE et l'Opep soient en désaccord sur la croissance de la demande de pétrole », a toutefois souligné John Evans, de PVM Energy.

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L'Opep+ a par ailleurs rappelé qu'elle conservait la possibilité d'arrêter ou même d'inverser la sortie de l'une de ses strates de réduction de production si les conditions de marché se détériorent. Comprendre : si les prix sombrent.

(Avec AFP)

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